Interventions dans les médias : formez-nous !

Une chronique en forme d’appel du pied, ce mois-ci. Un appel du pied envers nos institutions de la chasse qui vont se battre pour la préservation de notre mode de vie dans les six ans qui viennent.

Texte : Richard sur Terre

Moi, mon truc, c’est la communication. La question qui me hante chaque jour c’est : « Comment vais-je partager la passion qui est la mienne, aujourd’hui ? »

Une vidéo ? Un article ? Que pourrais-je faire d’autre ? Aller à la télé peut-être ? Ah…le voilà mon appel du pied.

Il m’arrive d’être contacté par des télés type BFM ou des talk-show débiles (pléonasme). En général, ils vous appellent à 14h pour être en plateau à 21h. Je suis dans le Gard voyez…

Mais la distance ou le manque de temps sont-ils les seules raisons de mon refus ?

Il me semble que je serais capable de faire face à un journaliste hostile ou à un contradicteur anti-chasse. Il ME semble quoi…Après tout c’est mon métier aujourd’hui.

Mais à chaque fois, une petite voix me murmure à l’oreille que ça ne va pas être aussi simple. C’est une légère appréhension, une petite abeille pénible qui me fait carrément un procès en légitimité. Et cette abeille, je pense qu’elle n’a pas tort.

 

Imaginez :

pendant les quelques minutes que va durer mon intervention, je serai TOUS les chasseurs. Et ça bah…ça fait peur. Parce que je ne suis pas à l’abri de dire une énorme connerie qui pourrait faire du mal à la chasse, ou de me faire coincer dans les cordes par une objection mal anticipée. Ce que je suis capable de faire dans mon studio, au calme, concentré sur un argumentaire, serai-je capable de le reproduire face à un contradicteur agressif ? Serai-je capable de garder mon calme par exemple ? De contrôler mon image à tout moment ?

 

Ces questions, qui me semblent absolument légitimes (et même nécessaires), ne sont pas forcément partagées par d’autres, qui foncent tête baissée dès qu’un projecteur se braque sur leur ego.

Vous connaissez l’effet Dunning-Kruger ? C’est un biais intellectuel qui pousse les personnes incompétentes à surestimer leurs capacités, et les empêche de voir leurs propres limites.

Ce phénomène, je vous le dis sans ambages, est une catastrophe pour la chasse française. Parce que chacun y va de sa certitude de pouvoir porter la parole d’un million de français. OKLM, comme dirait mon fils.

 

 

On peut réviser tous les chiffres, parer les mensonges les plus grossiers, et même arriver à placer que « la régulation c’est super important » si on vous donne la parole.

Mais :

« Pourquoi vous aimez tuer ? Si vous le faites, c’est que vous aimez ça, non ? Ça vous apporte quoi de voir une biche agoniser ? Vous êtes un peu comme un assassin non ? Vous diriez que le sang vous excite ? Ces images qu’on vient de voir, vous trouvez ça normal ? Vous voyez même le public vous siffle ! On revient après la pub ! »

C’est ça, la réalité. C’est ça qui nous attend. Et il me semble que personne n’est assez préparé pour vivre ça. Attention je ne parle pas intrinsèquement de connaissance cynégétique hein ! La plupart du temps c’est tellement bas du front que n’importe quel chasseur pourrait démonter ces saillies stupides. Je parle de la capacité à surnager dans un tourbillon de n’importe quoi, dans une tempête de haine médiatique savamment orchestrée.

Et c’est là que je reviens à mon appel du pied :

Il faut former des gens. On n’a plus le droit de se pointer sur un plateau comme une fleur en mode « advienne que pourra ». C’est trop grave. C’est trop important.

Il faut dispenser des formations en média-training, et maîtriser qui va sur les plateaux. Il faut une task-force aguerrie qui part en mission à chaque épisode médiatique. Il faut que le processus soit maîtrisé de A à Z. Il faut que chaque sortie soit l’occasion de marquer des points ; pas de voir après coup, comme c’est le cas la plupart du temps, des commentaires en mode « c’était pas si mal » ou « il a bien limité les dégâts ».

Il me semble que le temps de l’amateurisme médiatique a vécu, et qu’il faut ouvrir la voie à une communication professionnelle. Exactement comme le font nos adversaires depuis des lustres.

Alors évidemment, si c’est Solveig Hallouin en face, bon…pas la peine de se faire des cheveux blancs, il faut juste la laisser parler (ou gueuler). Mais tout le monde n’est pas inepte sur la forme et le fond.

C’est une guerre de communication qui nous est menée. Une guerre violente et malhonnête. Déloyale. Et je vous le dis avec humilité : je ne me sens pas suffisamment préparé pour la mener.

Il y a ce que je suis, ce que je sais, et ce que je crois. Mais il y a une partie qui manque, et pas qu’un peu : ce que je SAIS FAIRE.

Vous imaginez un boxeur monter sur le ring parce qu’il pense être vaguement à la hauteur ? Parce qu’il a déjà vu les autres à la télé et qu’il pense pouvoir faire mieux ?

Ça sent la déculottée ou pas ?

Aujourd’hui, chaque événement, qui place la chasse au cœur des préoccupations médiatiques pendant quelques heures, est l’occasion de serrer les fesses. En espérant que personne ne dira trop de connerie en direct.

Alors je vous le demande, mesdames et messieurs des instances de la chasse : Formez-nous !

Les Nouveaux Prédateurs

Comment ils menacent les hommes sans protéger les animaux

Un essai engagé qui met en évidence les dérives de l’écologie radicale et des militants antispécistes.
Protéger les animaux, leur assurer des conditions de vie décentes, consommer autrement en respectant notre environnement… Qui serait en désaccord avec ces principes fondamentaux ? Mais, on le sait, l’enfer est souvent pavé de bonnes intentions. Aujourd’hui, les activistes antispécistes et les militants écologistes les plus radicaux détournent ces idées partagées par le plus grand nombre. Animés par une idéologie radicale, convaincus que l’intimidation peut remplacer l’échange démocratique, ils imposent, peu à peu, leur vision du ” meilleur des mondes ” : une société dans laquelle l’homme et l’animal seraient égaux en droits. Cette rupture philosophique ne peut être que dramatique, pour les humains mais aussi et surtout pour les animaux dont l’existence dépend en grande partie de nous.
Avec cet essai passionné, Charles-Henri Bachelier, spécialiste du monde rural et directeur de revues consacrées à la chasse et la nature, veut rétablir le débat et sortir des anathèmes. Argument contre argument, il met en lumière les limites et les dérives de la mouvance animaliste. Au fil des pages, il rappelle que la relation entre l’homme et l’animal est plus complexe qu’une accumulation de bons sentiments ou de slogans menaçants : il s’agit d’un lien fondamental, reposant sur des siècles de compréhension, de savoir-faire… bref, de civilisation. Un héritage que ce livre nous aide à mieux comprendre et à protéger.

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