Néoruralité : un choc de cultures

Vous allez dire que la forme est quelque peu triviale sans doute…

Mais d’où vient ce sentiment tenace que les couillons des villes viennent nous cracher sur les pompes, à nous, couillons des champs ?

Texte : Richard sur Terre

En guise de préambule, je vais vous raconter une histoire qui se passe dans une petite commune du Périgord noir, près de la ville de Sarlat :

Là, depuis près de 20 ans, de riches français mais aussi étrangers (anglais et nord-européens notamment), ont acheté pour ainsi dire toutes les fermes du village. Ils les ont rénovées à coups de millions d’euros pour en faire, dans la plupart des cas, des gîtes qu’ils proposent à la location. Vous les voyez ces articles typés « Marie-Claire » : « Osez la vie à la campagne ! » « Ils ont tout quitté pour changer de vie ! » On retrouve les mêmes dans l’émission « La maison France 5 » où des gens pétés de thune viennent vous expliquer qu’ils ont chiné une commode Louis XV parce qu’ils voulaient « garder l’esprit du lieu intact ». Sans vous dire que le chinage a coûté 18 000 balles évidemment. Ah ils ont tellement de goût ces riches…

Mais dans ce même village, vivent aussi des gens aux revenus modestes, qui étaient là bien avant ce qu’ils vivent comme une invasion. Autant vous dire que la cohabitation se passe moyennement bien.

Il y a quelques années, la mairie a souhaité initier un projet de lotissement juste à l’extérieur du village, qui offrait une vue panoramique sur la vallée.

Une fleur bien commode

Mais ça, ça n’a pas plu à nos néo-ruraux, qui ont donc décidé de tout faire pour que ce projet ne voit jamais le jour (bah ouais la vue sur les pauvres, c’est non hein…)

Ils ont créé une association, ont alerté tous les acteurs locaux, et demandé à un naturaliste d’aller se balader sur le site à la recherche de n’importe quoi qui pourrait bloquer le projet.

Et le naturaliste, il a fini par trouver. Il a trouvé quoi ? une fleur rare. Donc les logements sociaux ont été sacrifiés sur l’autel de la petite fleur, dans un cynisme à peine caché. Oui, inutile de vous expliquer à quel point ils s’en cognent hein…de la petite fleur.

Le prix de l’immobilier dans ce village est devenu astronomique, et les tentatives de constructions de logements accessibles enterrées sous l’impulsion de ces nouveaux habitants.

Gentrifi…quoi ?

Ce que je viens de vous raconter porte un nom : la gentrification, qu’on pourrait aussi appeler embourgeoisement ou boboïsation. Choisissez celui qui vous va le mieux. Quoi qu’il en soit, ces trois termes désignent « les transformations de quartiers populaires dues à l’arrivée de catégories sociales plus favorisées, qui réhabilitent certains logements et importent des modes de vie et de consommation différents. »

 

8 français sur 10 rêvent de déménager à « la campagne », comme ils disent. Mais quelle campagne ?

Il y a une profonde différence entre ce que vivent les habitants ruraux historiques, et ceux qui se pointent avec une représentation idéalisée « de la campagne ». Donc au final, c’est une incompréhension évidente qu’on retrouve dans tous les chocs de cultures.

On ne vit pas pareil en ville et dans les villages. Et si le néorural se pointe avec ses thunes et la ferme intention d’imposer son mode de vie, il finit par se confronter à une hostilité bien épaisse, qu’il balaye bien souvent d’un revers de main condescendant.

Ruraux ? Vraiment ?

Et ce sont les mêmes, ensuite, qu’on retrouve dans les médias, et qui gueulent leur appartenance à « la ruralité ». Une ruralité qu’ils n’ont même pas essayé d’appréhender dans sa complexité, trop occupés sans doute à chiner un billot de boucher hors de prix mais « tellement authentique ».

 

Les Nouveaux Prédateurs

Comment ils menacent les hommes sans protéger les animaux

Un essai engagé qui met en évidence les dérives de l’écologie radicale et des militants antispécistes.
Protéger les animaux, leur assurer des conditions de vie décentes, consommer autrement en respectant notre environnement… Qui serait en désaccord avec ces principes fondamentaux ? Mais, on le sait, l’enfer est souvent pavé de bonnes intentions. Aujourd’hui, les activistes antispécistes et les militants écologistes les plus radicaux détournent ces idées partagées par le plus grand nombre. Animés par une idéologie radicale, convaincus que l’intimidation peut remplacer l’échange démocratique, ils imposent, peu à peu, leur vision du ” meilleur des mondes ” : une société dans laquelle l’homme et l’animal seraient égaux en droits. Cette rupture philosophique ne peut être que dramatique, pour les humains mais aussi et surtout pour les animaux dont l’existence dépend en grande partie de nous.
Avec cet essai passionné, Charles-Henri Bachelier, spécialiste du monde rural et directeur de revues consacrées à la chasse et la nature, veut rétablir le débat et sortir des anathèmes. Argument contre argument, il met en lumière les limites et les dérives de la mouvance animaliste. Au fil des pages, il rappelle que la relation entre l’homme et l’animal est plus complexe qu’une accumulation de bons sentiments ou de slogans menaçants : il s’agit d’un lien fondamental, reposant sur des siècles de compréhension, de savoir-faire… bref, de civilisation. Un héritage que ce livre nous aide à mieux comprendre et à protéger.

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