Néoruralité : le choc des cultures

Les plumes de Richard
date 06 septembre 2023
author Richard sur Terre

Un choc des cultures. Voilà ce que nous vivons.

Texte : Richard sur Terre

Un avocat parisien sans doute brillant et portant beau s’émeut de ce que Willy Schraen a décidé à porter une liste « rurale » aux élections européennes. Son nom c’est Sébastien Mabile et je vous laisse en compagnie de sa colère :

« Depuis que je vis dans la « ruralité », j’ai de plus en plus de mal avec ceux qui se posent comme ses représentants au nom d’une vision totalement ringarde, toujours associée aux « traditions ». »

Je trouve ce tweet passionnant à vrai dire. Il y a tout ce qui fait l’incompréhension qui frappe ces deux mondes. D’un côté un parisien qui, manifestement, s’est mis au vert « à la campagne », et de l’autre celui qui ressent son terroir dans ses tripes, quel que soit son lieu d’habitation.

Quasi-colonisateur, l’ex-urbain débarque avec sa culture ; et sans la moindre intention de comprendre le monde dans lequel il atterrit, empanaché d’un pouvoir d’achat supérieur à la moyenne et sûr de son bon droit, il se permet de juger et de (osons les mots) mépriser les « indigènes ».

« Vision totalement ringarde ». Avouez que ça pose le débat. Les « traditions » entre des guillemets qui ne cachent même pas leur mépris.

Monsieur l’avocat parisien, ce que vous insultez sans apparemment en avoir conscience, les gens appellent ça leur culture. Qu’ils l’aient héritée, qu’ils l’aient embrassée, qu’ils habitent sur la terre de leurs ancêtre ou que les aléas de la vie les aient menés en ville.

Chasseurs de père en fils, éleveurs, cueilleurs ou amoureux de leur terroir, les femmes et les hommes qui vivent là (ou qui crèvent de ne plus pouvoir), reçoivent votre mépris de classe comme une gifle.

Me reviennent en mémoire les quelques années que j’ai passées aux Antilles. J’entends encore ces « métros » qualifier les insulaires de racistes, d’être peu agréables ou peu fiables. Simplement parce qu’ils arrivaient en gueulant des « mais Monsieur ici c’est la France ! » ou des « mais en métropole c’est pas comme ça ! ». Oui c’est la France. Mais c’est d’abord la Martinique. Qui vit selon sa culture et qui n’attend pas après les néo-colons pour apprendre à vivre.

Il en va de même dans tous les territoires de notre beau pays : quand on ne sait pas, on ferme son clairon et on apprend.

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11 Commentaires :
  1. arnaud bajek
    06/09/23

    Encore un paumé qui a été juste nourri et pas éduqué, s’il veut avoir une vision plus à son gout qu’il retourne dans son appartement pourri et qu’il nous foute la paix, ça nous fera des vacances!

    1. Lavigne Patrice
      07/09/23

      On ne lui a jamais demandé de venir s’implanter en campagne si nos traditions ne lui conviennent pas qu’il retourne dans sa capitale et qu’il ne nous laisse tranquille avec nos cultures, Baltringue.

  2. Philippe AILLERY
    06/09/23

    Excellent !!! La ruralité ne s’improvise pas ! Elle est viscérale et n’est pas donnée à tout le monde…

  3. dan59
    06/09/23

    On peut avoir un diplôme d’avocat ,avoir fait des grandes études pour l’obtenir mais ne pas avoir l’intelligence !ne dit on pas : éducation et intelligence sont 2 choses différentes.

  4. GUILLAUME MARKUS
    06/09/23

    Cet avocat c’est ‘’un petit monsieur’, tout petit.

    Un homme qui ne sait pas regarder autour de lui, voir les différences, les cultures, les traditions et les apprécier pour ce qu’elles valent.

    Il y a un mépris de classe dans cette attitude, même si cet avocat en manque de la classe justement.

    Et ce n’est même pas un snob. Juste un monsieur étriqué.

    J’ai eu l’occasion de passer des vacances en emmenant ma famille aux Antilles françaises alors qu’on disait des horreurs sur ses habitants. Nous sommes revenus enchantés à chaque fois. Et puis, j’ai découvert chez certains Antillais une si belle langue française que je n’ai pas connue en métropole. Et quel phrasé superbe !

    Il faut regarder, écouter les terroirs et leurs diversités. Parfois c’est frustre, avec des manières grossières mais il y a tellement de belles choses si on sait voir et dépasser ces aspects.

    Le monde est divers. Il faut apprécier les différences. C’est comme la biodiversité avec ses diverses espèces.

  5. mouchous
    07/09/23

    Bonjour, il faut que ce monsieur comprenne que s’il est venu se mettre au « vert » c’est justement parce que les « ruraux « on su garder une nature saine et une vie simple. C’est notre tradition que d’être simples et de vivre en osmose avec la nature, maintenant s’il n’en est pas capable, personne ne l’a invité, qu’il fasse un mur de 2 mètres autour de chez lui, qu’il prenne des chiens de gardes (on sait jamais avec ces ringards de paysans, ils sont encore peut être cannibales) et lorsqu’ il rentre chez lui ne voit personne et surtout qu’il se passe de commentaires.

  6. GUILLAUME ANDRES
    08/09/23

    Il est connu cet urluberlu… un écolo-bobo dans toute sa splendeur, le stéréotype de l’écologiste urbain sachant…
    La valeur de sa parole est aussi grande que celle du vieux dédé en fin de journée de dimanche qui n’arrive plus à s’accouder au comptoir de Lulu…

    1. GUILLAUME MARKUS
      08/09/23

      Cet avocat qui publie souvent des articles dans la presse généraliste ou spécialisée (selon le site du cabinet d’avocats) est président de la commission droit et politiques environnementales du comité français de l’UICN.

      Est-ce que cela définit un écolo-bobo ?

      Ce monsieur est investi dans la préservation de la biodiversité et dans la préservation des espèces via l’UICN. C’est bien, mais est-ce que cela permet d’y voir clair ?

      L’article qu’il vient de publier sur la probable liste ‘’ruralité‘’ portée par Willy Schraen pour les élections européennes dénote un vrai mépris de classe sous couvert de ‘’ringardise’’.

      Cet avocat, faisant partie d’un grand cabinet d’avocats parisiens en tant qu’avocat associé, pense être plus haut socialement et pouvoir débiner les manants de la ruralité qui veulent présenter une liste aux élections européennes, mais Willy Schraen a une réussite professionnelle bien plus éclatante que ce monsieur et une capacité de communication dont il pourrait s’inspirer pour son métier.

      Un Rastignac prétentieux et méprisant.

  7. GUILLAUME MARKUS
    08/09/23

    Qu’une liste pour les élections européennes soit constituée avec Willy SCHRAEN ce serait heureux.

    Mais attention de ne pas viser trop étriqué et de se cantonner qu’à la ruralite et aux traditions.

  8. fabrice
    09/09/23

    Encore un exemple frappant indiquant que le niveau d’étude d’un individu est peut être le signe d’une forme de culture mais que cela n’est en rien un signe d’intelligence.

  9. Alain
    05/10/23

    Il ne faut pas oublier que ce genre de personnage méprise AUSSI les classes populaires de la région parisienne.
    Le mépris de classe s’affranchit généralement de la géographie.

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