La Dépêche reprend presque mot pour mot le communiqué de l’association PAZ sur Décathlon Colomiers. « Torture », « barbare », « illégal » : ces qualificatifs proviennent d’un acteur activiste et n’ont rien à faire dans un article de presse.
"La pêche au vif suscite une vive contestation en France. L’association PAZ dénonce la vente de poissons vivants chez @Decathlon #Colomiers, l’un des derniers magasins à maintenir cette pratique malgré les mobilisations répétées."https://t.co/jukMCQ3Yqf
— PAZ (@paz_zoopolis) July 2, 2026
Le procédé n’a rien d’inhabituel mais il mérite d’être nommé. L’article s’ouvre sur une longue citation de PAZ, présentée sans reformulation ni mise en perspective : « torture à la fois physique et psychologique », pratique qui ferait « agoniser » l’animal « de longues minutes, voire des heures ». Aucune de ces affirmations n’est attribuée à une étude, un vétérinaire ou un expert du bien-être animal cité nommément. Le lecteur ne sait pas si « agonie de plusieurs heures » décrit un cas documenté ou une formule de communiqué. L’article ne pose jamais la question.
« Torture » et « barbare » ne sont pas des descriptions. Le terme « torture » suppose une intention de faire souffrir pour la souffrance elle-même, ce qui ne correspond pas à l’usage d’un appât, dont la fonction est de capturer un poisson, pas de faire durer une douleur. « Illégal », employé par PAZ dans sa plainte d’août 2025 et repris sans relativisation, est plus problématique encore : le Conseil d’État a statué le 19 novembre 2025 que la loi de 1976 sur les mauvais traitements animaux n’interdit pas de façon générale la pêche au vif. L’article ne mentionne ni cette décision ni le cadre réglementaire existant, qui restreint les appâts sans les proscrire. Le lecteur reçoit donc une qualification pénale contestée comme un fait établi.
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Décathlon Colomiers n’a pas été recontacté pour cet article, ou du moins rien ne l’indique. Aucune fédération de pêche, aucun connaisseur du droit de l’environnement n’est cité pour contrebalancer le communiqué. Le résultat n’est pas un article sur une controverse : c’est un communiqué militant republié sous une signature de presse. Tant que ce type de traitement continuera d’associer une qualification juridique fausse à des adjectifs à charge sans contradicteur, la pêche au vif restera, dans l’opinion publique, plus illégale qu’elle ne l’est en droit.
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