Hugo Clément fan d’agriculture et d’élevage intensif !

Anti-chasse
date 16 janvier 2024
author Thomas Drach

Vakita, le media d’Hugo Clément, exulte : « les hommes préhistoriques étaient en grande partie végétariens !« 

Photo d’époque

« C’est la découverte récente d’une étude publiée dans la revue PNAS, qui dégomme le stéréotype de l’homme essentiellement carnivore depuis la nuit des temps. En étudiant le système agricole et économique de sites préhistoriques vieux de 6000 ans, les chercheurs ont pu établir que nos ancêtres se nourrissaient principalement de céréales et de légumineuses.« 

Se pourrait-il que les journalistes de Vakita aient lu dans cette étude ce qu’ils avaient envie de lire ? Allons voir ça de plus près…

L’étude porte spécifiquement sur des sites préhistoriques bien particuliers, les agglomérations proto-urbaines de Trypillia. Je vous invite à la lire, elle est intéressante. 

Mais pour le sujet qui nous anime aujourd’hui, cette phrase dans la conclusion, dont je vous livre ma meilleure traduction, se suffit a elle seule : « Les méga-sites proto-urbains de Trypillia ont manifestement développé une stratégie unique de subsistance pour nourrir de grandes populations, basée sur l’intensification des pratiques agricoles et d’élevage, ce qui est très distinct des stratégies agricoles étendues, à faible intensité de main-d’œuvre mais consommatrices de terre, du début de l’urbanisme en Mésopotamie et dans la région égéenne ».

1er point donc : Il est question de l’étude d’une culture du Néolithique, vieille de 6000 ans. Elle ne dit rien du paléolithique, soit les MILLIONS d’années d’histoire humaine qui l’ont précédé. Aussi, quoi que nous apprenne cette étude, elle ne peut tout simplement pas « dégomme[r] le stéréotype de l’homme essentiellement carnivore depuis la nuit des temps ».

2ème point : Cette étude ne prétend ABSOLUMENT PAS tirer de ses données des conclusions généralistes sur le régime ou l’agriculture des « hommes préhistoriques » du néolithique. Elle cherche à relever au contraire ce qui fait la spécificité des sites étudiés, et conclut que leur modèle de subsistance fait figure d’exception par rapport aux autres modèles connus des premiers temps de l’agriculture.

3ème point : et c’est peut-être le plus cocasse, la spécificité du modèle agricole de ces sites consiste, en quelque sorte, à l’invention de la première forme d’agriculture et d’élevage intensifs. 

Pâturage intensif, avec des animaux vivant dans des zones clôturées afin de faciliter la récupération de leurs déjections pour fertiliser en masse des zones cultivées, afin de nourrir une population immense pour l’époque sur une surface de terres relativement restreinte. 

Alors évidemment, on est loin de l’imaginaire actuel associé au terme « intensif » quand il est question d’agriculture. Mais il est amusant de voir le media d’Hugo Clément, qui est si prompt à étiqueter les pratiques agricoles contemporaine qu’il conspue d’un infamant « intensif » souvent flou, célébrer ce qui, pour l’époque, représentait une forme d’intensification de l’agriculture et de l’élevage. Intensification poursuivie essentiellement dans le même but qu’aujourd’hui : nourrir une population « urbaine » conséquente.

Et tout ça pour quoi ? Pour appuyer l’idée que « les hommes préhistoriques étaient en grande partie végétariens ! » parce que le régime alimentaire des Hommes du début du néolithique n’était composé « que » de 10% de viande. Ce qui représente peu ou prou la part de viande dans la ration du Français moyen en 2017. La tronche du végétarien, j’vous jure. 

EDIT : en même temps que j’écrivais ces lignes pour Chasses Éternelles, je me permettais de mettre directement Vakita en face de ses contradictions sur X/Twitter. Une fois n’est pas coutume, cela aura porté ses fruits puisqu’à l’heure de publication de cet article, le post et la vidéo de Vakita ont été supprimés.
Sauf que… ils n’ont été supprimés QUE sur X/Twitter. Sur les autres plateformes de Vakita comme Instagram, tout est toujours là, et bien là…

Peut-être que les réseaux sociaux où on ne pose pas de question sont plus confortables pour propagander tranquille ?

A voir aussi, dans la série « Hugo Clément nous surprendra toujours » :

Partager cet article
8 Commentaires :
  1. Vergondy Alain
    16/01/24

    La question subsidiaire que H.Clement ne s’est surtout pas posé est: Etaient ils végétariens par conviction ou par nécessité .

    1. Thomas Drach
      16/01/24

      En fait ils n’étaient juste pas végétariens du tout.

  2. Montmarché
    16/01/24

    Quelle coïncidence inattendue 😮de voir des études, qui parle de sujets  » d’actualité « .

  3. Hervé
    16/01/24

    Les hommes préhistoriques , chassaient le mammouth en précipitant des troupeaux entier du haut de falaises , et de toute cette viande , ils en faisaient quoi ?? Certainement du composte pour leurs potagers …

  4. Calila
    16/01/24

    Après la lecture attentive de cette étude j’ai surtout retenu pour le sujet abordé par voicikita qu’il y avait déjà une concentration de végétariens dans des villes et que les villes étudiées ont disparu en…500 ans…

  5. quentin
    17/01/24

    Il faudrait aussi préciser à Ego que les légumineuses n’ont pas besoin des déjections animales comme engrais puisqu’elles sont capables de fixer l’azote de l’air. Il semblerait donc que même sur la partie végétale il n’y connaisse rien !
    Par contre qu’il y ait une forme de rotation entre pâturage, céréales et légumineuses semble logique en l’absence d’apports chimiques.
    De là à dire que l’élevage est nécessaire à l’alimentation humaine, y compris des végétariens, il n’y a qu’un pas.

  6. Olaaf Brentot
    17/01/24

    Ont-ils précisé également qu’avec l’apparition de ce mode de vie, la taille moyenne de l’être humain avait baissé notablement ? Un phénomène notamment dû à 3 facteurs :

    – Régime alimentaire moins diversifié. Les sociétés agricoles dépendaient souvent d’un petit nombre de cultures de base. Comparé à la diversité des régimes alimentaires des chasseurs-cueilleurs, cela pouvait conduire à des carences nutritionnelles, affectant la croissance physique.

    – Maladies liées à la sédentarité. La sédentarité accrue dans les communautés agricoles a pu favoriser la propagation de maladies infectieuses, entraînant une pression sur la santé et la croissance des populations.

    – Travail physique intense. Bien que l’agriculture ait permis un surplus alimentaire, elle a souvent exigé un travail physique intense, en particulier dans les premières phases de la révolution agricole. Cela pouvait également avoir des implications sur la croissance physique.

    Quand on ne veut lire que ce qui valide notre vision du monde, on en vient à oublier l’image globale pour ne se concentrer que sur la petite partie qui nous intéresse…

  7. GUILLAUME MARKUS
    18/01/24

    C’est désespérant de voir se developper de la propagande pro-végétarienne au travers d’une étude qui dit qu’aux alentours de 6000 ans avant JC on a trouvé des civilisations qui pratiquaient l’élevage et l’agriculture utilisant les déjections animales et dont le régime alimentaire comportait 10% de viande.

    C’est un régime alimentaire omnivore comme l’était le régime alimentaire des chasseurs-cueilleurs qui les ont précédés.

    A 10% de viande, je pense qu’on dépasse en viande notre régime alimentaire pratiqué dans les pays riches.

    Hugo Clement a tout faux volontairement car il ne s’agit pas d’un régime végétarien. En dehors d’être propagandiste, je pense qu’il est assez inculte.

    L’homme est omnivore, certainement depuis l’origine, consommant aussi de la viande animale.

    Il faut se défaire , dans l’autre sens, d’un régime alimentaire exclusivement ou quasi-exclusivement carné qui aurait pu exister dans les périodes plus anciennes.

    Le régime alimentaire Eskimau, ancien, n’était pas un régime exclusivement carné. Ces populations consommaient aussi des algues, le contenu des panses de certains animaux notamment. Là encore c’est un régime omnivore.

Soumettre un commentaire

Dans la même catégorie

Articles les plus récents