Quand le Québec se transforme en pays de Cocagne !

4 amis sauvaginiers se sont rendus au Canada pour chasser leurs oiseaux préférés ! Le moins que l’on puisse dire, c’est que ce pays leur en a fait voir de toutes les couleurs ! Récit d’un passionné, dont l’esprit est encore embué de bonheur !

Par Romain Melis

Depuis longtemps dans nos têtes, trottait l’idée d’un jour aller lisser les plumes de trophées de chasse inestimables aux yeux des sauvaginiers français. Partir à la rencontre de ces oiseaux à la fois mythiques et inaccessibles, ou uniquement sur les nombreuses vidéos que l’on peut retrouver sur le net était notre obsession.  Eiders, macreuses, Harles, Garrots, tant d’espèces qui hantent nos rêves d’en prélever lors d’une nuit de tempête de Nord, ou sur un inestimable coup de chance…Nous avons donc décidé de forcer le destin et de partir au Québec à la rencontre de ces oiseaux de prestige.

Une fois avoir réuni un petit groupe de 4 amis, avec qui partager ces fugaces instants gravés dans une vie de chasseur, est venu le moment de se décider sur la destination exacte ainsi que sur le choix du guide. Après plusieurs échanges très constructifs et très professionnels, je finis par trouver un guide qui nous propose un voyage personnalisé afin de mettre toutes les chances de notre côté de réaliser nos souhaits les plus chers. Nous choisissons donc Simon Pierre Lavigne, un jeune guide, qui a créé son entreprise de guide chasse et de pêche récemment, sous le nom de Service de guide SPL.  Nous signons pour 10 jours de chasse en formule tout compris. Le programme sera le suivant : 1 journée à l’oie blanche, 1 journée à l’outarde (Bernache du Canada) suivi de 8 jours de chasse aux canards de mer en layout double. La période est définie en fonction de nos souhaits qui sont : prélever des oiseaux en couleurs et avoir la plus grande diversité d’oiseaux et donc le plus de possibilités de réaliser des chasses diversifiées. C’est d’ailleurs ce que nous recherchions avant tout.

Malgré le Covid, ils arrivent à destination…

Nous optons pour la période fin octobre/début novembre, plus précisément du 27 octobre au 11 novembre. Nous sommes en 2019 quand le voyage se prépare…C’est le début de la crise sanitaire et des incertitudes règnent concernant la possibilité de voyager. La chance sera de notre côté, 1 mois avant le départ les taux de cas de covid sont en baisse, les frontières sont ouvertes et la quarantaine désamorcée. L’échéance se rapproche, les préparatifs sont de tailles, car nous allons vers le voyage d’une vie de chasseur.

Les valises sont prêtes, l’ensemble des papiers nécessaires au départ sont imprimés. Selon les prévisions, le beau temps devrait être de la partie C’est parti pour une dizaine d’heures de vol au départ de Paris avec une escale à Montréal avant d’atterrir à Québec, où Simon nous attend de pied ferme à la sortie de l’Aéroport avec son gros 4×4. Il fait noir, nous sommes fatigués, mais tout nous parait déjà démesuré ! Une fois sur place, Simon nous présente notre logement. Un magnifique gîte typiquement Québécois avec toutes les commodités nécessaires pour notre confort !

Après 3 jours de repos, et de visite notamment à Québec avec ces immenses magasins de chasse et pêche, nous nous sommes acclimatés au décalage horaire et sommes prêts à attaquer notre première journée de chasse. Simon nous prête des fusils pour toute la durée du séjour, des bons petits Beretta qui feront notre bonheur. Les munitions sont également comprises dans le forfait.

Malgré les prévisions, notre premier jour de chasse à Victoria se fera sous de la pluie et dans le vent… On ne va pas se plaindre car nous savons bien que c’est un temps idéal pour chasser les oies. Les oiseaux sont présents et très réceptifs au set-up tendu sur ce spot exceptionnel ! Nous sommes survolés par des milliers d’oiseaux. Les premières détonations retentissent et nous prélevons rapidement chacun nos premières blanches québécoises. Un oiseau fabuleux et majestueux de la taille d’une cendrée ! Des doublés, des triplés, mais aussi de jolis loupés qui nous donnent beaucoup de plaisir ! La densité d’oiseaux est démesurée, nous sommes aux anges ! Aux alentours de 15h, nous avons atteint notre quota journalier de 20 oiseaux par personnes. C’est amplement suffisant à notre bonheur, d’autant plus que le soir même nous avons préparé l’ensemble des oies (magrets et cuisses). La chair de cet oiseau est considérée comme noble par les locaux. D’ailleurs, au regard de la qualité des repas servis tout au long du séjour, nous avons compris que la gastronomie était importante au Québec. 

Vive les grosses canadiennes !

Après une bonne nuit de sommeil, nous avons rendez-vous à 5h, pour une matinée à l’outarde. Le spot préalablement choisi après de nombreux repérages accueille environ 500 bernaches. C’est un labour sur maïs, de nombreux sont visibles à la surface du sol et on comprend rapidement pourquoi ce champ est si attrayant. L’installation du set-up nous prend une bonne heure et demie et aux premières lueurs du jour, nous sommes prêts pour saluer une jolie volée de colverts et récolter la première bague du séjour sur une belle cane. Vers 8h, les premiers vols de bernaches se succèdent. Très méfiantes, les bernaches boudent notre piège. 500 oiseaux sont posés dans un autre champ à à peine 1 km de notre installation. Grosse déception, mais le guide nous dit d’être patients. Vers 9h, un premier vol se lève et rentre dans le set up ! Enfin, les premières grosses canadiennes sont dans nos mains ! Des oiseaux majestueux, tant par leur taille que par leur comportement. A partir de ce moment, les volées se sont succédé. Nous assistons à un spectacle exceptionnel et bouclons notre quota avant midi.

Après les grands oiseaux, place à la chasse du canard qui nous fascine tout autant ! L’excitation est à son comble. Bateau attelé, blettes somptueuses préparées, fusils et cartouches vérifiés, nous nous reposons afin d’être en forme pour affronter la houle et mettre le « bout droit ». Un trophée, un oiseau digne de toute belle collection, voilà ce que nous sommes venus chercher au Québec.

Le beau temps est de retour après une semaine de tempête et de gros vent. Simon est hésitant et nous explique qu’il ne sait pas où les canards se trouveront, car les tempêtes ont le don de faire bouger les oiseaux de plusieurs kilomètres. Une discussion passionnée nous amène à choisir sur le côté intérieur du fleuve Saint-Laurent pour tenter de trouver garrots, milouinans et autres fuligules à bec cerclé. Nous sommes surexcités à l’idée de vivre cette première expérience en layout, même si nous savons que le résultat de cette première journée au canard sera très aléatoire. Qu’importe, nous y serons ! Après 45 minutes de route, nous arrivons à l’embarcadère. Le soleil pointe tout doucement tandis que nous partons à la recherche des canards en stationnement sur le fleuve. Après plus d’une heure de traversée, nous décidons de placer le set-up là où nous avons observé une cinquantaine de « blue-bill » (milouinans) s’envoler. Simon n’est pas très optimiste et nous fait vite comprendre que nous ne sommes pas au bon endroit et que les oiseaux ne sont pas encore descendus jusqu’ici. Nous chassons tout de même 2h et prélevons une jolie femelle de fuligule à bec cerclé.

Un guide qui se démène pour ses clients !!!

Simon a passé des coups de téléphone toute la matinée, et nous ordonne de plier bagage. Si les canards ne sont pas là, c’est à nous d’aller les chercher ! Cette nuit, nous partons et mettons le cap au nord pour changer totalement de secteur pour le reste du séjour. 6h de route nous sépare de notre nouveau spot. La nuit est courte, mais cette fois, Simon est beaucoup plus enthousiaste. Pendant le trajet, nous avons la chance inouïe à un show d’aurores boréales exceptionnel. Un joyau naturel que nous ne sommes pas près d’oublier !

Nous sommes dans les temps et nous arrivons à l’embarcadère bien avant le lever du jour, ce qui nous permet de faire une petite sieste. Une heure plus tard, nous sommes sur l’eau, il fait nuit noire, donc nous nous laissons guider par Simon. Le froid serre, le thermomètre effleure les -5°. Nous sommes toujours sur le Saint-Laurent mais plus au nord et en bordure maritime. Le jour se lève tout doucement, et on aperçoit déjà les premières volées de canards à l’horizon… Dans le noir, nous entendons des battements d’ailes et le chant caractéristique des mâles hareldes de Miquelon appelés ici « kakawis ». Le Graal ultime pour nous, sauvaginiers français, est enfin à portée de mains. Nous sommes comme des gosses, l’excitation est à son comble d’autant plus que le jour est maintenant bien levé et que nous nous faisons littéralement attaquer par les canards ! Quel spectacle !

Le premier binôme prend place dans le layout, tandis que nous installons 6 cordées d’une quinzaine de formes autour de celui-ci. La chasse peut démarrer ! Les premiers coups retentissent et nos premiers « marins » du séjour sont dans l’eau. Nous nous activons afin de ramasser les oiseaux et d’achever les oiseaux blessés. 

La tâche n’est pas simple car ils plongent sont endurants. Dans un premier temps, ce sont des macreuses qui fleurissent le tableau… Le quota de 6 oiseaux est atteint en une heure donc il est temps de changer de binôme. Les copains découvrent leurs 12 oiseaux dont 2 superbes mâles de macreuse brune.

Les premiers canards marins…

Je prends, à mon tour, place dans le layout. A peine 5 minutes de chasse qu’un superbe mâle de kakawi se jette dans les formes. Je me lève et sèche proprement le premier kakawi d’une longue série… Je suis à la fois ému, excité, en plein rêve éveillé. Nous aurons plus de chance que nos amis pour cette première passée. Nous prélevons en grande partie des mâles d’harelde, des mâles de macreuses, brune, à bec jaune et à lunette, ainsi que deux superbes mâles d’eider ! J’ai hâte de découvrir mes oiseaux une fois à bord du bateau ! Nous avons vite compris, au regard de la densité d’oiseaux et des précieux conseils de Simon que nous sommes au bon endroit aujourd’hui ! Les canards sont sur le secteur et cela vaut le coup de s’appliquer pour sélectionner les plus beaux sujets. Nous avons eu au-dessus de nos têtes des milliers d’oiseaux, des vagues de canards qui se déplacent sur leurs lieux de gagnage. C’est tout simplement grandiose !

Simon nous explique que nous allons assister à ce spectacle toute la semaine ! Les conditions météorologiques sont très bonnes pour les 2 jours à venir. Le fleuve sera calme, ce qui permettra de mettre le layout à l’eau sans problème et de pouvoir chasser dans des conditions optimales. Le lendemain matin, même heure, même spot, et mêmes conditions ; tout est réuni pour réaliser une nouvelle chasse fabuleuse ! Bingo, à peine le jour levé, le même ballet que la veille se met en place !  Les tirs se multiplient, mais rodés à l’exercice, nous prenons bien le temps de nous appliquer pour prélever les plus beaux sujets. Nous avons notre quota aux alentours de midi : une quinzaine de superbes mâles kakavis agrémentés d’une dizaine de beaux mâles d’eiders adultes ! Nous avons choisi de laisser les macreuses tranquilles aujourd’hui en raison de la quantité d’hareldes présents sur le site.

L’après-midi nous prospectons un nouveau spot pour le lendemain. Nous nous sommes fixés un challenge pour nos 3 jours restants : un full kakawis mâles et un full eiders mâles. Le challenge est de taille, mais la densité d’oiseaux peut nous le permettre, donc nous prenons le risque. La météo se complique un peu mais nous décidons de sortir quand même pour ce troisième jour sur le fleuve. Cependant, nous sommes contraints de rentrer suite à la montée de la houle qui complique et rend la chasse dangereuse. 9 jolis mâles Eiders sont au tableau. Cela fait partie de la chasse.

Le graal, l’oiseau d’une vie, un souvenir inestimable pour un voyage inoubliable !

Comme solution de repli, Simon nous emmène dans les bois pour nous faire découvrir la chasse à la gelinotte ! Belle découverte pour nous d’un oiseau somptueux et d’une chasse totalement différente de la nôtre. Pour notre quatrième jour, la météo s’annonce plus clémente et nous devrions pouvoir aller au bout de notre chasse d’eider si les oiseaux se montrent coopératifs… Nous sommes placés dans une petite baie où les oiseaux rentrent avec la marée. La nature nous offre encore un spectacle grandiose… Les volées d’eiders se sont succédé pendant plus d’une heure, des oiseaux très méfiants mais la masse de 80 formes d’eiders disposée autour du layout ont permis de détourner et de faire venir à la pose de nombreux canards. En milieu d’après-midi, le quota est atteint ! Simon est heureux et nous le sommes encore plus, d’autant plus que la chance m’a souri… En effet, un vieux mâle d’eider, tiré par mes soins porte une bague à la patte… C’est le graal, l’oiseau d’une vie, un souvenir inestimable pour un voyage inoubliable !

Une bonne après-midi de repos s’annonce. L’air de la mer et les réveils matinaux commencent à avoir raison de nous et nous devons être en forme pour notre avant dernière journée de chasse. L’objectif de demain sera le kakawi ! Nous retournons sur le spot des 2 premiers jours, et choisissons donc de prélever uniquement les mâles hareldes ! Pour moi, l’oiseau offre grâce à sa vitesse le plus joli tir, et, de loin, le plus compliqué. En effet, ces oiseaux viennent rarement à la pose mais sont tout de même très curieux et détournent leur vol pour survoler le blettage. Souvent en grosse bande, le choix des mâles au milieu de paquets s’est avéré une tâche délicate mais délicieuse. Un exceptionnel tableau de mâles s’offre à nous. Nous immortalisons ces instants du mieux que l’on peut en mettant en valeur ces oiseaux à la beauté inégalable. A l’image de notre pilet européen, les mâles en plumage nuptial arborent une queue d’une vingtaine de centimètres pour les plus vieux sujets ! Nous choisissons chacun quelques oiseaux pour la naturalisation afin de conserver de précieux souvenirs de ce voyage.

Nous avons prélevé au total 12 espèces de canards et d’oies différentes

Eh oui, demain est déjà notre dernier jour de chasse… Nous prenons le risque de changer totalement de spot pour essayer de diversifier encore plus notre séjour et trouver des garrots. Nous remontons au sud d’un bon 200 kilomètres sur un endroit bien connu de Simon. Malheureusement, les garrots n’ont pas été très joueurs et les tireurs un peu moins bons que les jours précédents. Malgré tout, quelques oiseaux : macreuses, harles et hareldes agrémenteront cette dernière matinée ! Qu’importe, nous avons vécu et réalisé le voyage de chasse d’une vie de chasseur. Nous avons prélevé au total 12 espèces de canards et d’oies différentes et avons vu des milliers et des milliers d’oiseaux au-dessus de nos têtes !

Le Québec offre un dépaysement total tant sur le point de vue cynégétique, que sur cette nature débordante de santé ! Nous avons été accueillis comme des rois par Simon et sa famille. Des personnes au grand cœur qui ont fait de notre rêve une réalité ! Je souhaite à tous les passionnés de gibier d’eau et de migrateurs d’avoir la chance de vivre cela un jour. Sautez le pas, Québec vous le rendra !

Le Salon de la Chasse et de la Faune Sauvage 2023

Le Salon de la Chasse et de la Faune Sauvage de Rambouillet, qui aura lieu sur l’île Aumône, située en plein milieu de la Seine à Mantes la Jolie est connu comme le salon de chasse couvert le plus grand. Des exposants venus du monde entier se rassemblent pour présenter et démontrer les dernières nouvelles de l’industrie de la chasse en plein air couvrant autant des fusils de chasse que les vêtements à un public qualifié et intéressé. L’événement est une plate-forme de communication et information pour tous les chasseurs et les amateurs offrant d’excellentes occasions pour établir des nouveaux contacts.

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