Le Château de Vaugrenier renonce à son salon du chiot sous la pression d’une pétition à 17 000 signatures. La mesure ne résout rien, et surtout, elle prépare la suite.
« Lutter contre la marchandisation de l’animal de compagnie » : Villeneuve-Loubet interdit les salons de vente de chiots et de chatons
— Nice-Matin (@Nice_Matin) June 13, 2026
👉https://t.co/6KNbTa0QvB pic.twitter.com/JpHWMstv4v
Le salon de vente de chiots et chatons s’est bien tenu les 30 et 31 mai au Château de Vaugrenier, à Villeneuve-Loubet. L’association PAZ (Projet Animaux Zoopolis) avait lancé le 20 mai une pétition réclamant que le château renonce à l’accueillir, et recueilli plus de 17 000 signatures en dix jours. Des courriers avaient été adressés à la propriétaire des lieux et à l’élue déléguée à la condition animale de la commune.
Dans un communiqué publié après coup, la mairie de Villeneuve-Loubet a affirmé s’être trouvée « dans l’impossibilité » d’interdire la tenue du salon, celui-ci se déroulant sur un terrain privé, hors de son pouvoir de police. C’est dans ce même communiqué que la commune annonce ne plus vouloir accueillir ce type d’événement à l’avenir.
PAZ s’appuie par ailleurs sur des précédents obtenus ailleurs : Avignon Tourisme, la mairie d’Antibes, la métropole de Toulouse, la mairie de Nogent-sur-Oise ont déjà pris des engagements similaires.
Au Parlement, deux propositions de loi visent à généraliser l’interdiction de la vente de chiens et chats dans les foires et salons, l’une portée par la députée Corinne Vignon, l’autre par le député Ian Boucard. La logique est cohérente : depuis le 1er janvier 2024, la vente de chiens et chats est déjà interdite en animalerie.
On a un peu plus d’un an de recul cette interdiction de 2024. La Fondation 30 Millions d’Amis a publié en mars 2025 une enquête, menée notamment en caméra cachée, montrant que des animaleries continuent de commercialiser des chiens et des chats malgré la loi. Les animaux ne sont plus exposés en vitrine mais « stockés » en arrière-boutique ou en sous-sol, et vendus via une commande en ligne suivie d’un retrait sur place : carrément du click and collect. L’acheteur paie sur Internet, vient récupérer l’animal en magasin, et le délai de réflexion de sept jours, prévu par la loi de 2021 n’est, dans les faits, pas respecté.
Saisie de ces constats, la sénatrice Anne Chain-Larché a mené une mission flash sur l’application de la loi, dont les conclusions ont été rendues le 11 juin 2025. Le rapport confirme les pratiques de contournement et pointe l’absence de sanctions réellement appliquées.
A lire aussi : Chien, enfant ou mec : Hélène Gateau a choisi
Ce précédent dit quelque chose de précis : interdire un canal de vente visible ne supprime pas la demande. Il la déplace vers un canal invisible. Un salon, malgré ses dérives documentées, reste un lieu où l’éleveur a un nom, un stand, et une provenance vérifiable. Le retirer du paysage ne traite pas l’achat impulsif : il le redirige vers une petite annonce sur Leboncoin ou un import resté, selon les mots mêmes de la députée Vignon, « intraçable ».
Reste la question des officines qui portent ces mesures. PAZ dénonce des animaux transformés en « objets de consommation ». One Voice va plus loin et parle de « marchandisation des corps », évoquant des femelles reproductrices réduites à de simples instruments de production.
Le mot « marchandisation » vise le principe même de la cession d’un animal contre rétribution. Sous ce mot, un éleveur qui suit ses portées, identifie ses chiens, accompagne l’acquéreur, tombe dans la même catégorie qu’un revendeur qui empile des chiots importés dans un hangar. La distinction entre élevage suivi et trafic disparaît dans l’accusation.
Une fois ce vocabulaire installé comme grille de lecture légitime, il n’a aucune raison de s’arrêter au salon du week-end. Le même mot s’applique, à l’identique, à l’éleveur familial qui vend une portée par an, puis à l’éleveur de chiens de race de travail (chiens de chasse, chiens de garde, chiens de troupeau). La trajectoire est inscrite dans le mot lui-même.
L’antispécisme ne vise pas le salon du chiot en particulier. Il vise le principe qu’un animal puisse être possédé, élevé, vendu, chassé, monté, tondu ou mangé. Donc il procède étape par étape.
Et la liste des étapes suivantes est déjà publique. Les mêmes associations qui ciblent aujourd’hui les salons demandent, dans d’autres pétitions et d’autres communiqués, l’interdiction de l’élevage sous toutes ses formes.
Villeneuve-Loubet n’est pas une fin. C’est un dossier de plus dans une liste qui s’allonge méthodiquement, une cible à la fois.
A voir en vidéo :











Vu ce que nous savons aujourd’hui de l’état de la détention des animaux de compagnie par les français, abandons, maltraitance etc…la priorité devrait être donnée à ce que la détention d’un animal soit désormais soumise à un permis.
Ça aurait au moins le mérite de garantir une démarche consciente et éclairée et la suppression définitive du droit au moindre cas de maltraitance, abandon.
Dès lors que l’on héberge au même endroit plus de 9 chiens adultes (>4 mois), l’installation est à minima soumise à déclaration avec des règles et un suivi par les services du Préfet du département. S’ils veulent vivre de leur métier, tous les éleveurs entrent tous dans cette réglementation.
Mais si on veut des éleveurs professionnels à qui on peut imposer des règles (surface mini, hygiène, tracabilité,…), il faut aussi des débouchés (s’ils ne vendent pas de chiots, il ne gagnent pas leur vie donc exit le caractère professionnel).
En interdisant (ou en limitant les possibilités de vente légales), on pousse le marché vers le noir (pas déclaré) ou le gris (particulier qui fait une portée « de temps en temps » mais potentiellement tous les ans avec la même chienne). Et là aucune règle, aucun suivi…
De la part de PAZ, rien d’étonnant, c’est dans la logique d’interdire les animaux de compagnie mais de la part des autorités publiques c’est un manque de discernement. Plutôt que de tirer vers le haut, de faciliter la vide des acteurs professionnels, formés, suivis…on pousse le truc vers le bas.
Et accessoirement, les professionnels génèrent de l’emploi, des cotisations.
Reste que l’adoption (achat) d’un animal c’est pour la vie et que cela se réfléchit. Mais il y a bien d’autres solutions qu’interdire !
Jamais plus de 35 000 signatures (ou très rarement) pour les pétitions animalistes… sur 68,6 millions de français en 2025, le ratio paraît extrêmement bas.
L’hypothèse que chacune de ces pétitions puissent être souvent signées par les 35 000 mêmes personnes ne parait pas ridicule (en partant du principe d’une parfaite honnêteté, sans comptes multiples détenus par un même signataire…).
Savez-vous si une étude sérieuse à été menée sur les signataires réels de ces pétitions ? Sont-ils tous issus du bassin géographique du site visé ?
Finalement un évènement ou un magasin proposant des produits ou des animations non-animaliste-compatibles perdraient réellement combien de visiteurs ou de clients ???
Sur un plan économique, quelle valeur donner à un signataire qui se trouverait à plus de 50Km du point de vente ou de l’évènement visé ?
Est-il si intelligent de vexer sa base locale (électorale ou commerciale) pour contenter qlq milliers de militants dispersés (soupoudrés?) à travers le territoire national ?
Parce que vous imaginez que l’attestation de chenil tout le monde la possède…😂 rien que ça déjà. La ddpp n’a déjà pas assez de personnel dans les bureaux alors se déplacer pour vérifier si les détenteurs de chiens ont en plus de 9 , j’en connais plus d’un et ??? Bah rien où si peu ..la maltraitance sur les chevaux pareil le fameux certificat de détenteur d’équidés..les contrôles ifce …des directives inapplicables pour donner l’illusion et un semblant de cadre sérieux…
Justement ! Ces salons sont des vitrines il est donc facile de vérifier que ceux qui exposent des chiots sont dans le cadre légal et cela exclut tous ceux qui sont hors cadre.
Je maintiens donc mon propos, en facilitant la commercialisation des chiots, vous mettez la lumière sur une filière professionnelle que vous tirez vers le haut. A l’inverse, en interdisant, vous poussez vers la vente officieuse avec des « élevages » impossible à suivre et vous nivelez par le bas.