Munitions de grande chasse sans plomb

Grand gibier
date 28 décembre 2023
author Perro Salchicha

Le chasseur vit dans son époque, mais bien ancré dans son histoire ; il est tout aussi soucieux des enjeux environnementaux et sanitaires actuels, que du respect de l’éthique cynégétique que lui ont transmis ses aïeux !

Partant de ce constat je me suis dit qu’un petit article sur les munitions de grande chasse dites sans plombs serait le bienvenu !

Deux écoles : le double noyau en étain ou autres matières sans plomb et les monolithiques.

Pour la première catégorie, la première balle à double noyau en étain d’une grande marque connu apparait en 2013, ceci pour répondre à la demande de certains chasseurs très attachés à l’architecture à double noyau en plomb. Si l’efficacité à l’impact de ces ogives est analogue à celle des projectiles monolithiques (ou monométalliques), la densité des matériaux étant plus faible que ses dernières, elle accroît la difficulté à préserver la vitesse à longue portée, et en conséquence la tension de trajectoire.

Je m’astreindrai aujourd’hui a développé plus particulièrement la deuxième catégorie qui représente la majorité des « nouveautés ».

Ces « balles » que l’on retrouve sous différentes appellations, « sans plomb », « monométallique », « monolithiques », ou bien encore « à expansion pythagorienne », sont une nouveauté, voilà ce que l’on peut entendre fréquemment revenir dans les discussions.

Un petit retour en arrière !

C’est l’Américain Fred C. Barnes, qui le premier ouvre la voie au début des années 1930 (pas si nouveau que ça le concept quand même).

Cependant il faudra attendre les années 80 pour voir apparaitre une petite révolution dans le domaine. En effet Randy Brooks, propriétaire du nom de marque « Barnes », conçoit la X-Bullet nommée ainsi en référence à ses « pétales » en forme de X. Ogive d’un concept novateur, la X-Bullet popularise véritablement ce nouveau type de « balles ».

Et le « vieux continent alors » ?

Bien que le balisticien yougoslave Francé AVCIN ait développé le concept depuis 1965, c’est en 2004 avec l’« ABC » née de la collaboration entre Avcin et le manufacturier Hirtenberger, que pour la 1ere fois ce principe novateur émerge industriellement en Europe.

Mais comme pour sa descendante spirituelle la Grom, elle n’était pas totalement « écologique ». En cause le recouvrement partiel de sa canule par du plomb.

Problématique réglée avec la Z-Grom et son étain de qualité alimentaire qui recouvre cette fameuse canule.

D’autres marque européennes suivrons le mouvement de l’ogive à corps monolithiques, notamment en France.

La canule ?  Mais quèsaco !

Faite d’une seule pièce de métal pour son corps principal (cuivre ou alliage sans plomb), l’expansion de ce projectile est provoquée par une forte montée en pression d’un corps liquide dans sa canule centrale.

La canule centrale c’est le petit « trou » dont sont dotées les ogives monolithiques. « Trou » qui peut être recouvert par un élément protecteur, un élément aidant à l’expansion ou bien encore améliorant le coefficient balistique. Tout dépend de l’usage auquel est destiné l’ogive.

De fait, un corps solide (os, bois, poils) ne cause aucune expansion contrairement au ogives de conception traditionnel à base de matériaux chemisés.

La rétention de la masse de ce type d’ogive avoisine les 100 %. Cependant, certaines, de par leur conception, perdent leurs pétales. C’est le cas d’une munition française connue (peut être devrais-je en parlé dans un article dédié ?).

A quoi servent les cannelures que l’on trouve quasi systématiquement sur ce type d’ogive ?

Historiquement les cannelures (ou gorges) avaient un intérêt de « décrassage » du canon.

Sans entrer dans les détails, elles garantissent aujourd’hui un coefficient de frottement moins important dans les canons en minimisant les surfaces en contacts, autorisant au passage de grandes vitesses et une usure moindre des canons. Sur les munitions monolithiques, elles assurent aussi un « stockage » des éventuels dépôt de matière et une régulation des pressions tout en participant au contrôle de l’expansion.

En résumé les ogives monolithiques présentent de gros avantages, et au-delà des préjugés ont tout pour plaire.

Une expansion régulière tant que la vitesse est assez importante pour provoquer la montée en pression par le corps liquide.

Une expansion facilitée dans tout type de tissu, programmée et contrôlée sans déformation anarchique, et un bon coefficient balistique. Seul bémol, leur masse inférieur à volume équivalent comparée au ogives plomb chemisé, ce qui ne représente pas un inconvénient majeur techniquement, mais plutôt un frein psychologique de l’utilisateur habitué à une échelle de valeur de poids d’ogives par rapport à un calibre donné.

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11 Commentaires :
  1. 0761068443
    29/12/23

    Bonjour norma avec la PPC n’était pas le premier je veux dire avant 2004 ? Cdt Didier Bonnefoy

    1. Perro SALCHICHA
      29/12/23

      Bonjour Didier.
      La PPC (Protected Point Cavity), Vulkan de son patronyme commercial est une munitions chemisée au plomb. Elle a en effet une chemise à épaisseur progressive de l’avant vers l’arrière avec un « rebord » sur ça pointe, tout cela permet effectivement de contrôlé la vitesse d’ expansion et de maîtriser la résistance à l’impact, mais aussi éviter la séparation du noyau et de la chemise.
      Mais elle fait figure d’exception dans les ogives dites de construction simple, alors que les monométallique fonctionne quasi toutes sur le principe d’expension contrôlée.

  2. GUILLAUME MARKUS
    29/12/23

    Merci pour cet article expliquant le fonctionnement des cartouches mono métalliques sans plomb.

    Il est temps que nous nous débarrassions des balles à base plomb, y compris celles plus sophistiquées comme les balles chemisées qui laissent aussi du plomb dans la venaison.

    Les fabricants de munitions proposent maintenant toute une gamme de balles mono métalliques, souvent en cuivre ou en alliage cuivre, bien conçues qui répondent aux différents besoins.

    En fonction de la taille du gibier et de la distance de tir (un chevreuil n’a pas du tout la même épaisseur qu’un sanglier de 80kg) nous devrions choisir telle ou telle balle.

    Une balle qui expanse de suite ou une balle qui expanse aussi mais traverse le sanglier en libérant le maximum d’énergie dans le corps traversé.

    Exemples, une Hornady VMAX pour le chevreuil et une Barnes TSX pour le sanglier.

  3. Gaspard THOMAS
    29/12/23

    Superbe article qui fait tomber toutes les barrières psychologiques. Dommage qu’il ne soit pas fait mention de TPM qui propose des projectiles et balles monométallique de qualité.

    1. GUILLAUME MARKUS
      29/12/23

      Oui BALLE-TPM est un exceptionnel fabricant de balles et de cartouches de chasse de grande qualité.

      Il est proposé par ce fabricant français TPM des cartouches et des balles mono métalliques dans quelques calibres utilisés fréquemment pour la chasse.

      Ce fabricant est surtout réputé pour ses balles pour le TLD fabriquées avec des tolérances les plus faibles possibles et disposant de coefficients balistiques formidables.

  4. Albaterre
    06/01/24

    Bon article, mais truffé de fautes de grammaire. Que la rédaction offre u Bescherelle à l’auteur.

  5. MadMas
    06/01/24

    Que le plomb soit interdit sur les zones humides à cause de la solubilité du plomb dans l’eau, c’est une très bonne chose, surtout pour les cartouches à grenaille. Mais pour le gros gibier, avec aucune étude épidémiologique sérieuse sur le saturnisme dans les populations de chasseurs (vous en connaissez autour de vous?), franchement, c’est absurde ! Quant au cuivre, je suis viticulteur, je connais bien le problème, il finira comme le plomb à être interdit. C’est la fin de la chasse à moyen terme, sans douleur et avec la complaisance de certains chasseurs. Demandez aux militaires s’ils ont aboli le plomb dans leurs munitions ?

    1. Lecouplier
      06/01/24

      Tout a fait d accord,c est aussi une affaire d argent,la grenaille sans plomb les balles sans plomb,nos responsables ne se rendent pas compte de l impact financier,nous ne sommes pas tous des privilegiés…et nombreux sont ceux qui raccrochent le fusil.

  6. Mickaël
    07/01/24

    Bonjour, alors le tout premier inventeur de la balle monometallique était français !! C’est le capitaine Desaleux avec la balle modèle D du Lebel dans les années 1900 certe elle ne servait pas pour la chasse mais c’était la première ogive monobloc. Il aurait juste suffit de lui faire une pointe creuse pour la chasse.
    Cordialement

  7. ossola
    15/01/24

    madmas a raison et je m étonne de l accompagnement de ces théories dans l air du temps( qui consistent a interdire le plomb si dangereux parait il ) par des gens qui devraient faire preuve d ‘un minimum de méfiance envers ce genre de manipulation…. il est vrai que suite a la perte de souveraineté de la france envers l europe voulu par de nombreux politiques – dont celui qui d après schraen est « un bon président pour les chasseurs »les lois nous viennent de bruxelles qui comme chacun le sait est très opposée a la chasse en général

  8. JOE-zé
    19/04/24

    L’interdiction est une fumisterie dixit un technicien de la FDC60, ou il y beaucoup de marais, « en 40ans de carrière nous n’avons jamais eu un cas de botulisme ». C’est une disposition de nos adversaires pour entraver notre passion. Mais quand dans un édito de fx alloneau parte du plomb comme une munition polluante et nocif la messe était dite !

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