Solidarité !

La chasse à la Glu, je ne la connais pas.

Je ne connais pas non plus la hutte ou la tonne, et encore moins l’alouette aux pantes, sans parler de la chasse à la tendelle.

Texte : Richard sur Terre

Je suis un ignare, tant la passion qui est la mienne, c’est à dire la traque des ongulés avec mon arc en bois, accapare mon temps et mon esprit.

Cette chasse à la glu est morte dans une langueur qui frise l’indifférence.

Et je le dis sans honte : je bats ma coulpe ! J’ai réagi trop tard. Je ne dis pas que j’aurais pu empêcher l’Europe de quoi que ce soit (ma tête passe encore les portes), mais j’aurais au moins pu dire que j’ai fait ma part en publiant la vidéo que j’ai réalisée sur le sujet quelques semaines plus tôt.

Parce que j’ai eu des dizaines de commentaires, dont je vous livre ici un extrait qui résume bien les choses : « Il y a 8mn27, je croyais que les oiseaux étaient capturés dans ces pièges en papier collant qu’on utilise contre les souris et les rats ».

Combien sont-ils à croire cela ?

Combien sont-ils à croire que sont organisées des chasses à l’épieu dans nos campagnes ? Que les chasseurs affament leurs chiens pour qu’ils soient plus efficaces ? Qu’on hybride des sangliers pour qu’ils soient plus féconds ?

Combien sont-ils à avoir une image révoltante de la passion qui est la nôtre, abreuvés des mensonges d’Hugo Clément, des outrances de Brigitte Bardot ou des délires antispécistes de L214 ?

 

 

Des années de silence !

Des années de silence leur ont laissé toute la place pour instiller cette propagande dans les consciences. Et c’est avec un retard coupable que nous tentons d’inverser la tendance. Jamais les chasseurs n’ont autant communiqué ; jamais ils n’ont été si visibles. Trop tard ?

Je ne le crois pas. Il y a encore tout à expliquer, et chaque graine de vérité plantée dans un esprit ouvert, détient l’espoir d’une forêt luxuriante où le grand public sera informé, et remettra à leur place les idéologues malhonnêtes.

Et pour cela, chaque chasseur doit se sentir investi d’une mission d’information. Chaque chasseur doit avoir conscience, au moment où il ouvre la bouche pour discourir de la passion qui est la sienne, qu’il est, à ce moment précis, tous les chasseurs. Ah oui je sais…c’est une immense responsabilité. Mais c’est un fait. Un touriste, qu’il le veuille ou non, est l’ambassadeur de son pays sur toutes les plages du monde.

Un devoir de solidarité !

Mais au-delà de ce travail d’information indispensable sur ce qui nous fait vibrer, nous, il y a ce qu’on pourrait appeler « un devoir de solidarité ». Cette chasse à la glu, si loin de nous, est un patrimoine qui s’envole dans un coup de tampon administratif. Et la tentation est grande de ne pas s’en offusquer. De ne pas courir vers les gluteurs pour leur signifier notre colère solidaire.

Parce qu’en vrai, tout à fait entre nous…vous la connaissez, vous ? Moi je peux vous le dire : si je n’avais pas fait les recherches nécessaires et indispensables à la réalisation de ma vidéo, j’en serais resté à quelques idées mal rangées, et à une vague représentation bien loin de la vérité.

Il y a mille chasses, trempées dans mille cultures, elles même ancrées dans mille biotopes ; et bien malin celui qui peut dire qu’il les connaît toutes.

Sommes-nous finalement si différents de nos adversaires quand nous condamnons telle ou telle pratique sur les réseaux sociaux ?

J’ai croisé des dizaines de chasseurs totalement ignorants de ma pratique de chasse, et pourtant prompts à partager leurs croyances. Oui, on peut tuer un sanglier avec une flèche, et c’est très efficace (ça c’est dit). Et vous ? N’avez-vous jamais entendu quelqu’un vous expliquer à quel point son mode de chasse était supérieur au vôtre ?

On ne peut pas reprocher des manquements à nos adversaires sans avoir cette ouverture d’esprit indispensable à la compréhension de l’autre.

A priori, je défends toutes les chasses.

Ça peut paraître un peu radical (je vois bien votre moue sceptique), mais je l’assume pleinement. A priori, et sans connaître, je les soutiens toutes. Parce que le reste du monde, lui, ne fera pas cet effort. Le reste du monde veut balayer, supprimer, uniformiser, aseptiser. Et dans le meilleur des cas, il s’en contre balance, trop occupé à se battre pour maintenir le socle de ses croyances, à lui.

Et si je dois émettre des réserves, ce ne sera jamais sans avoir pris le temps de chercher, de sourcer, de participer, de comprendre. C’est bien le minimum que je dois à celui qui se donne, corps et âme, à la passion qui est la sienne. Sinon, je ne suis pas meilleur que les gens contre qui je me bats tous les jours.

Il y a mille chasses, disais-je, et nous devons nous battre pour chacune d’elles comme si c’était la nôtre. Cette solidarité « à priori » me semble indispensable tant l’hostilité est forte à l’égard de TOUTES les chasses.

Ne vous méprenez pas : l’interdiction de la chasse à la glu n’est pas la fin d’une pratique jugée « indigne ». Un cas isolé, un « ajustement ».

C’est le premier coup de pioche donné par celui qui veut en finir avec tout l’édifice. Nous vivons tous dans un monument, qu’on appelle Chasse, chacun à une fenêtre, et nous regardons l’un de nos voisins se faire frapper à mort, sans réagir, et sans comprendre qu’il passera bientôt à la pièce suivante.

Soyons vigilants, tous ensemble. Soyons curieux de l’autre, de ce qui le meut, de ce qui le fait vibrer. Croisons nos modes de chasse, créons des ponts entre nous. Que le paloumayre invite l’archer, que le piqueux invite le huttier, que le piégeur invite le bécassier. Que cette Chasse, si belle et si diverse, s’enrichisse de nos échanges, de notre bienveillance, et de nos découvertes.

C’est à cette condition que nous saurons appartenir à quelque chose de plus grand que nous, et que naîtra l’envie de nous battre tous ensemble pour la sauvegarde de ces valeurs qui nous sont si précieuses.

 

Les Nouveaux Prédateurs

Comment ils menacent les hommes sans protéger les animaux

Un essai engagé qui met en évidence les dérives de l’écologie radicale et des militants antispécistes.
Protéger les animaux, leur assurer des conditions de vie décentes, consommer autrement en respectant notre environnement… Qui serait en désaccord avec ces principes fondamentaux ? Mais, on le sait, l’enfer est souvent pavé de bonnes intentions. Aujourd’hui, les activistes antispécistes et les militants écologistes les plus radicaux détournent ces idées partagées par le plus grand nombre. Animés par une idéologie radicale, convaincus que l’intimidation peut remplacer l’échange démocratique, ils imposent, peu à peu, leur vision du ” meilleur des mondes ” : une société dans laquelle l’homme et l’animal seraient égaux en droits. Cette rupture philosophique ne peut être que dramatique, pour les humains mais aussi et surtout pour les animaux dont l’existence dépend en grande partie de nous.
Avec cet essai passionné, Charles-Henri Bachelier, spécialiste du monde rural et directeur de revues consacrées à la chasse et la nature, veut rétablir le débat et sortir des anathèmes. Argument contre argument, il met en lumière les limites et les dérives de la mouvance animaliste. Au fil des pages, il rappelle que la relation entre l’homme et l’animal est plus complexe qu’une accumulation de bons sentiments ou de slogans menaçants : il s’agit d’un lien fondamental, reposant sur des siècles de compréhension, de savoir-faire… bref, de civilisation. Un héritage que ce livre nous aide à mieux comprendre et à protéger.

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