À Strasbourg, moins de 1 % des habitants suffisent pour déclencher un débat municipal. Sujet du jour : imposer le végétal à tout le monde là où c’est possible.
Fait rare à Strasbourg : une pétition atteint le nombre de signatures suffisant pour être discutée en conseil https://t.co/61BLiyNzGe
— Actu Strasbourg (@ActuStrasbourg) July 29, 2025
C’est une révolution douce, un soulèvement chlorophyllé, un grondement populaire… à très basse intensité. À Strasbourg, une pétition vient de franchir le seuil fatidique de 1 400 signatures, permettant son passage devant le conseil municipal. Elle en totalise même plus de 1 600. L’objet de cette mobilisation rare ? Faire signer à la Ville le Plant Based Treaty, une déclaration internationale pour promouvoir l’alimentation végétale, sauver la planète, et accessoirement culpabiliser tous ceux qui aiment encore le munster.
Dans une ville dirigée par une majorité écologiste, on pourrait croire que la cause est déjà entendue. Mais non. Il faut maintenant « interpeller » le conseil pour lui demander… de faire ce qu’il pense déjà très fort. On atteint là des sommets de participation citoyenne circulaire : les militants écologistes déposent une pétition écologiste pour demander à des élus écologistes d’adopter un texte écologiste.
Participation verte et consentie
Ne boudons pas le plaisir démocratique : 1 600 Strasbourgeois sur 290 000, cela représente 0,56 % de la population. Un raz-de-marée, si l’on considère qu’il s’agit d’un sujet aussi consensuel que la betterave bio en circuit court. Le seuil a été franchi, les cases sont cochées, le débat aura donc lieu. Enfin, « débat » est un grand mot : aucun vote n’est prévu, aucune obligation pour la municipalité. On écoute, poliment, et puis on retourne à ses projets de pistes cyclables végétalisées.
L’interpellation comme théâtre d’ombres
Il faut dire que le règlement municipal est bien fait : à partir de 1 400 signatures, une pétition peut être discutée sans passer par un vote. Le citoyen s’exprime, l’élu opine, et chacun repart avec l’impression d’avoir participé à quelque chose. Strasbourg expérimente donc une forme inédite de démocratie thermocompostable : biodégradable, recyclable, sans gluten et parfaitement conforme à l’idéologie en place.
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Écologie : de la protestation à la confirmation
Le plus ironique ? Cette interpellation ne remet rien en cause. Elle ne pousse pas la mairie dans ses retranchements. Elle ne la dérange pas. Au contraire : elle la conforte. Le conseil municipal pourra donc afficher son ouverture d’esprit, son amour de la démocratie locale, et sa capacité d’écoute… sans bouger d’un millimètre. Strasbourg s’est autopétitionnée.
À Strasbourg, même les révolutions sont végétariennes. Pas de colère, pas même une fronde. Juste un petit vent tiède d’approbation mutuelle. Le Plant Based Treaty sera peut-être adopté. Peut-être pas. Mais au fond, ce n’est pas très grave. L’essentiel est sauf : la démocratie locale a respiré un bon coup. Et ça sentait la coriandre.
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Bonjour,bah…les responsables, sont les électeurs, alors qu’ils assument!a quand la choucroute sans viandes ?
Illustration du fait que nous ne sommes pas du même ADN; d’un côté la France qui bosse, qui a autre chose à faire que de signer des pétitions et qui ne cherche pas à imposer tous ses points de vue, puisque globalement elle est déjà majoritaire, de l’autre la France des excités de l’indignation et de la révolution, hyper connectée, harceleuse, toujours fourrée au tribunal ou dans des associations mais c’est ainsi que l’on arrive au règne de la tyrannie des minorités
L’ironie du chasseur : quand protéger la nature devient une blague, sauf quand on a un fusil 🤣
Je viens de lire ce papier sur l’initiative citoyenne à Strasbourg. Au-delà du style, qui se veut piquant mais qui flirte surtout avec le mépris de classe (verte), il y a un fond qui m’interpelle. Vous vous moquez de cette mobilisation pour le Plant Based Treaty, la réduisant à une lubie de mangeurs de graines qui veulent « culpabiliser les amateurs de munster ».
C’est curieux, cette indignation à géométrie variable.
On vit dans un pays où l’on nous répète à longueur d’année, sans rire, que les chasseurs sont les « premiers écologistes de France ». Vous savez, ces amoureux de la nature qui la « régulent » à coups de plomb, qui relâchent des faisans d’élevage pour le simple plaisir de tirer sur des cibles vivantes et qui s’approprient la forêt le week-end au nom de la tradition.
J’ai toujours eu du mal à saisir cette logique :
• Des citoyens demandent pacifiquement à leur ville de s’engager contre l’élevage intensif (responsable d’une part massive des émissions de gaz à effet de serre) ? C’est ridicule, c’est du « théâtre d’ombres », c’est anecdotique.
• Des hommes armés prétendent « sauver la biodiversité » en éliminant la faune locale et en s’opposant souvent férocement à la réintroduction de prédateurs naturels ? Là, c’est du sérieux, c’est le terroir, on ne touche pas.
Si vous aviez pris le temps de creuser le sujet plutôt que de chercher la bonne vanne sur la coriandre, vous auriez vu que le Plant Based Treaty n’est pas une petite pétition de quartier. C’est une initiative calquée sur le Traité de non-prolifération des combustibles fossiles.
Pourquoi ? Parce que la science est formelle (le GIEC, pas des militants hirsutes) : même si on arrêtait demain toutes les voitures et usines à charbon, les émissions liées à notre système alimentaire suffiraient à nous faire rater les objectifs de l’Accord de Paris. Ce traité demande trois choses concrètes :
• Renoncer à l’expansion des terres agricoles pour l’élevage (pour arrêter la déforestation).
• Rediriger les politiques vers une alimentation végétale.
• Restaurer les écosystèmes clés.
C’est drôle, le point 3 (restaurer la nature), c’est exactement ce que les chasseurs prétendent faire. Sauf que le Plant Based Treaty propose de le faire en laissant la forêt tranquille et en reboisant, pas en la transformant en stand de tir.
Vous raillez le chiffre de 1 600 signatures. C’est facile. Mais c’est le principe même de l’interpellation citoyenne : permettre à des sujets émergents d’arriver sur la table. Que la majorité soit écolo ou non, le fait que la ville de Strasbourg rejoigne des villes comme Los Angeles, Édimbourg ou Amsterdam (qui ont signé le traité) enverrait un signal politique fort.
Au lieu de voir de la « participation circulaire », on pourrait y voir de la cohérence. C’est peut-être ennuyeux pour l’éditorialiste en quête de clash, mais face à l’urgence climatique, la cohérence est une vertu, pas une faiblesse.
Alors oui, peut-être que ça « sent la coriandre » comme vous dites. Mais je préfère mille fois cette odeur à celle du déni, portés par ceux qui pensent encore que défendre la nature consiste à l’abattre ou à se moquer de ceux qui essaient de la sauver.
Схема помощи зависит от состояния, стажа употребления, противопоказаний и дальнейших целей лечения.
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