Le grand mensonge des « subventions aux chasseurs »

Anti-chasse
date 27 avril 2026
author Richard sur Terre

En 2022, nous avions démontré que ces chiffres ne voulaient rien dire. Ils circulent toujours. « Cent fois sur le métier remettez votre ouvrage »

Sous #emmanuelmacron Voilà ce qu'on fait de l' #argentPublic en #France .. Les #subventions aux chasseurs sont passées de 27.000 à 6,3 millions d'euros en moins de cinq ans www.bfmtv.com/politique/le…

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— Chasse Abolition (@chasseabolition.bsky.social) 26 avril 2026 à 19:53

En août 2022, un chiffre a tourné en boucle sur les plateaux et dans les fils d’actu : les subventions accordées à la Fédération nationale des chasseurs auraient bondi de 27 000 euros à 6,3 millions en cinq ans, soit une hausse de 23 000 %. Certains ont même calculé 42 000 %, en intégrant l’exercice suivant. Nicolas Thierry, député écologiste, avait conclu, l’œil brillant : « On se doutait que les chasseurs étaient assis sur un tas d’or. » BFM TV a relayé. Les rédactions ont suivi. Personne n’a vérifié.

Commençons par ce que la ligne comptable « concours publics et subventions d’exploitation » contient réellement. Elle regroupe trois choses distinctes : des subventions classiques d’organismes publics et privés, l’écocontribution instaurée par la loi de 2019, et surtout (c’est là que tout se joue) les compensations financières liées au transfert de missions de service public.

La loi du 24 juillet 2019 a en effet transféré aux fédérations départementales des compétences jusqu’alors exercées par les préfets : la gestion des associations communales de chasse agréées et l’attribution des plans de chasse individuels. Ce transfert est compensé à hauteur de 9 millions d’euros par an. C’est la loi. C’est la règle ordinaire de toute décentralisation administrative. Quand l’État confie une mission à un autre organisme, il paie pour cette mission.

Quant à l’écocontribution, voici la mécanique : 5 euros versés par chaque chasseur à la validation de son permis, abondés de 10 euros par l’État, fléchés vers des projets de protection de la biodiversité validés par l’Office français de la biodiversité. Là encore, aucun « cadeau ». C’est un cofinancement sous contrôle institutionnel, dont les chasseurs eux-mêmes sont contributeurs.

Reste la question que personne ne pose : combien l’État perçoit-il du monde de la chasse ?

 Via la redevance cynégétique nationale, les chasseurs contribuent chaque année à hauteur de 40 à 45 millions d’euros au seul budget de l’OFB l’organisme censé les contrôler (et qui finance par ailleurs des associations qui les combattent). À cela s’ajoutent 40 millions de recettes annuelles pour l’ONF. Le bilan net dépasse 80 millions versés à l’État. Contre 40 millions reçus.

A lire aussi : L’OFB, entre mission publique et influence associative : qui finance qui ?

À cela s’ajoute la charge des dégâts de grand gibier. Le régime d’indemnisation trouve son origine dans la loi de 1968, puis la charge directe a été transférée aux fédérations de chasseurs par la loi du 26 juillet 2000. Aujourd’hui, ces fédérations financent l’indemnisation des agriculteurs, la prévention et la gestion administrative du dispositif : selon les années, la charge totale avoisine 70 à 80 millions d’euros, dont une quarantaine de millions versés directement aux exploitants. Si l’on additionne ces sommes aux redevances cynégétiques et aux autres recettes publiques issues de la chasse, le monde cynégétique apparaît comme un contributeur net significatif.

Le point de départ à 27 000 euros mérite lui aussi une explication que les articles militants ont soigneusement évitée. Avant la loi de 2019, la FNC n’avait aucune mission de service public transférée à compenser, et n’était légalement pas tenue de publier ses comptes en-deçà d’un seuil de 153 000 euros de subventions publiques. Comparer ce chiffre résiduel à celui d’après le transfert de compétences, c’est mesurer la taille d’une mairie avant et après qu’on lui ait confié la gestion des routes départementales. Le résultat est spectaculaire pour ceux qui ne connaissant pas le dossier.

La Cour des comptes, dans son rapport de 2023, formule des critiques légitimes sur le contrôle insuffisant de l’État sur l’usage de ces fonds. Ces critiques méritent débat. Mais elles portent sur la gouvernance, pas sur la légitimité du principe. Cette nuance a disparu dans l’opération de communication qu’a constituée la polémique de l’été 2022.

Ce qu’on a regardé pendant ces semaines d’été, c’est un journalisme qui prend un opposant politique pour une source d’analyse, une ligne comptable agrégée pour un aveu, et une réforme administrative pour un scandale. Un journalisme qui n’a pas appelé la FNC, n’a pas lu la loi de 2019, n’a pas vérifié les flux inverses, et a traité la propagande anti-chasse comme une évidence.

Le résultat, c’est un million de chasseurs présentés comme des assistés de la République. Des gens qui paient leurs permis, indemnisent les agriculteurs sur leurs propres cotisations, et contribuent chaque année au budget de l’État bien au-delà de ce qu’ils en reçoivent. Le tout résumé en un pourcentage à cinq chiffres, calculé sur une variation entre une année creuse et une année de réforme structurelle. On appelle ça de l’information.

Un retour sur ce dossier en vidéo :

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2 Commentaires :
  1. Jean 2
    27/04/26

    Bonjour, de toute façon cet argent est pour les français, et « c’est que dalle » à côté de se que l’on donne à plusieurs pays hors europe(des centaines de millions d’euros voire plus,qu’on informe correctement les français messieurs, dames, les journalistes !!)

  2. gilbert
    27/04/26

    Rien que les dégâts aux cultures payés par les chasseurs justifient ces sommes. Que diraient les contribuables si sur la feuilles d’impôts 2026 la ligne  » Contribution sur les dégâts agricoles » apparaissait ?
    Il faut certainement flécher un peu plus les divers versements mais regarder en miroir ce que fait vivre la chasse. C’est souvent un « budget loisir » très élevé…

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