Surpopulation de cervidés : l’État condamné

Chasse Actu
date 01 juillet 2025
author Léa Massey

Condamné pour avoir trop peu chassé : dans l’Orne, l’État devra verser 58 000 € à un propriétaire forestier, victime d’un plan de chasse insuffisant face à la surpopulation de cervidés.

Pendant que certains rêvent d’une nature sans fusils, la réalité, elle, coûte cher. La cour administrative d’appel de Nantes vient de condamner l’État à verser 58 000 € à un exploitant forestier de l’Orne, victime de dégâts massifs causés par une surpopulation de cervidés. Une décision qui rappelle une vérité que beaucoup préfèrent oublier : sans chasse, il n’y a pas d’équilibre durable entre la forêt, l’agriculture et la faune sauvage.

Dans le nord-est du département, entre Saint-Evroult-Notre-Dame-du-Bois et Saint-Pierre-des-Loges, 650 hectares de forêt ont vu leurs jeunes pousses méthodiquement ravagées pendant des années. L’expert judiciaire mandaté en 2019 ne fait pas dans la nuance : « La végétation basse est systématiquement et méthodiquement ravagée, ce qui interdit tout renouvellement. » Résultat : 106 000 € de préjudice estimé entre 2012 et 2021.

Et l’État ? Il a réduit les prélèvements autorisés, baissé les bras, et n’a même pas été capable de produire des données justifiant cette décision. Il aura fallu attendre 2024 — soit plus de dix ans après les premières réclamations — pour que le préfet admette enfin la nécessité de rétablir l’équilibre dans ce massif forestier.

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Dans cette affaire, les juges pointent aussi la responsabilité des propriétaires : une stratégie de chasse par tirs isolés, peu efficace, a contribué à fixer le gibier sur place. Un tiers de responsabilité leur est attribué. Mais la cour leur reconnaît aussi le mérite de ne pas avoir opté pour la clôture, solution « contestable » tant pour les blessures infligées à la faune que pour l’entrave à sa libre circulation.

Ce jugement rappelle une chose essentielle : les chasseurs ne sont pas des fonctionnaires armés d’un plan de gestion. Ils chassent d’abord par passion, par attachement à un territoire, à une culture. La régulation est un effet collatéral — mais quel effet ! Elle est irremplaçable. Car l’administration peut bien publier des arrêtés, convoquer des comités, produire des rapports : ce ne sont pas des stylos qui régulent des animaux.

À force de céder aux lubies anti-chasse, de rogner les quotas, de soupçonner par principe ceux qui donnent de leur temps et de leur énergie sur le terrain, l’État devient coupable de son inaction. Coupable, et condamné.

Ce n’est pas une victoire pour les chasseurs : c’est une triste démonstration de ce qui se passe quand on les empêche de remplir, même s’ils ne se sentent pas spécialement investis d’une mission de service public, leur rôle dans l’équilibre de la biodiversité. Et pour ceux qui continuent de prétendre que les chasseurs nuisent à la nature, ce jugement a valeur de leçon. À 58 000 euros.

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1 Commentaire :
  1. Bruckner daniel
    02/07/25

    Souvent nous pouvons vivre l’excès inverse. Une réduction des populations de cervidés qui frise l’éradication. Nous vivons cette situation depuis des années en Alsace.

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