Après les propos de Sandrine Rousseau, le président de la FNC alerte sur une montée des tensions et appelle les chasseurs à ne pas répondre aux provocations.
Willy Schraen a publié hier soir un long texte qui mérite qu’on s’y arrête, parce qu’il témoigne d’un niveau de tension assez inhabituel. Le président de la Fédération nationale des chasseurs explique avoir reçu plusieurs signalements de chasseurs confrontés, ces derniers jours, à des propos violents et à des appels à la confrontation physique. Il annonce également que la FNC va retourner devant les tribunaux après les déclarations de Sandrine Rousseau à l’UniREVcité.
Vous connaissez ces déclarations puisque je leur ai consacré une vidéo la semaine dernière. Sandrine Rousseau y expliquait notamment qu’il fallait être capable de se tenir « debout » face aux chasseurs, y compris physiquement.
On peut vouloir interdire la chasse le dimanche, réduire le nombre de jours de chasse ou même souhaiter à terme la disparition de cette pratique. Je ne suis évidemment pas d’accord, mais c’est un débat politique parfaitement légitime. À partir du moment où l’on commence à expliquer publiquement qu’il faut s’opposer « physiquement » à une catégorie de citoyens, on change tout de même assez nettement de registre. Et ce principe doit fonctionner dans les deux sens. Si demain un responsable cynégétique expliquait qu’il faut aller confronter physiquement les militants de l’ASPAS ou de L214, je trouverais ça tout aussi irresponsable.
Schraen évoque ensuite les commentaires publiés après la mort de l’ancien président de la fédération des chasseurs des Côtes-d’Armor, dont il était proche. Il explique avoir commencé par les supprimer avant de décider de les faire constater par huissier. La haine en ligne finira-t-elle par être prise au sérieux par la justice ? Rien de moins sûr.
Willy Schraen demande pourtant aux chasseurs de ne surtout pas répondre à la violence ou à la provocation. Et là, au-delà de toute considération morale, c’est simplement une question d’intelligence.
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La saison commence. Il y aura des chasseurs, des promeneurs, des militants, des téléphones portables et probablement quelques personnes qui auront très envie de provoquer une altercation. Il suffira qu’un seul chasseur perde son sang-froid, pousse quelqu’un ou balance une énormité devant une caméra pour que la séquence tourne partout pendant trois jours. Peu importe alors ce qui s’est passé dans les cinq minutes précédentes : l’image restante sera celle d’un chasseur agressif. Il n’y a donc absolument rien à gagner à entrer dans ce jeu.
Et puis il y a quelque chose d’autre que je voulais mettre en regard de ce texte : c’est ce qui s’est passé avec ma vidéo.
Elle vient de dépasser les 125 000 vues en cinq jours. Sur une chaîne qui vient tout juste de franchir les 100 000 abonnés, c’est pas rien. Je précise évidemment que 125 000 vues ne constituent ni un sondage ni une démonstration scientifique de quoi que ce soit. Une vidéo peut fonctionner pour beaucoup de raisons. Mais lorsqu’un sujet dépasse aussi largement l’audience habituelle, il serait tout aussi absurde de prétendre que ça ne raconte absolument rien.
Je pense que cette vidéo a rencontré quelque chose qui dépasse largement Sandrine Rousseau elle-même. Ce que je lis dans une bonne partie des réactions, c’est moins une indignation ponctuelle qu’une forme de lassitude. Beaucoup de chasseurs ont le sentiment qu’on peut employer à leur endroit des mots ou des généralisations qui provoqueraient immédiatement un tollé s’ils étaient employés contre d’autres catégories de la population. Ils ont aussi parfois le sentiment qu’ils doivent encaisser ça en silence sous peine d’être immédiatement accusés de victimisation ou d’agressivité.
Ce n’est évidemment pas une raison pour basculer dans l’excès inverse. La chasse a ses problèmes, ses comportements condamnables et ses responsabilités, et je continuerai à en parler exactement comme avant. Mais le débat ne peut fonctionner correctement que si les exigences sont symétriques. On ne peut pas demander aux chasseurs de mesurer chacun de leurs mots tout en considérant que leurs opposants peuvent, eux, employer à peu près n’importe quel registre au nom de la bonne cause.
C’est peut-être finalement ce que le succès de cette vidéo et le texte de Willy Schraen ont en commun. Ils montrent qu’une partie du monde de la chasse n’a plus très envie de laisser passer certaines choses comme si elles étaient normales. Ça peut être une bonne évolution, à une condition : que cette fermeté reste précisément ce qu’elle doit être, c’est-à-dire politique, juridique et argumentée. Parce que le pire service que les chasseurs pourraient rendre aujourd’hui à leurs adversaires serait de leur donner raison sur le terrain.
A voir en vidéo :










S’il y a un apaisement possible il dépendra de la justice. Car si la Rousseau n’est pas un tant soit peu inquiétée suite à son appel c’est open bar pour les opposants à la chasse et sans limites de méthode.
Richard,
Si vous pouviez mettre une photo meilleure de Willy, ne serait-ce qu’en mettant celle de Facebook.
Deux fois la même photo c’est moins gênant que la première photo.