Vous riez quand un chasseur parle de haies ? Pourtant, ce maillage végétal est vital pour la biodiversité. Tandis qu’elles disparaissent à un rythme alarmant, les chasseurs, eux, les replantent.

Oui, vous souriez quand un chasseur vous parle de haies. Mais vous savez à quel point c’est important ? Parce qu’une haie, ce n’est pas juste un décor rural ou une séparation de parcelle. C’est une colonne vertébrale vivante du paysage. Un abri, un garde-manger, un nid, un chemin. C’est le dernier rempart de la biodiversité ordinaire dans nos campagnes.
Chaque mètre de haie abrite un monde. Insectes pollinisateurs, passereaux nicheurs, hérissons, renards, amphibiens, butineurs, batraciens, micro-mammifères, reptiles… Une haie structurée, avec ses strates herbacées, arbustives et arborées, peut accueillir jusqu’à 70 espèces d’oiseaux, 25 de mammifères et des dizaines d’invertébrés. En lisière de champs, elle tempère le climat, freine le vent, ralentit les ruissellements, filtre les polluants, limite l’érosion des sols, protège les cultures des excès du climat. Une haie, c’est un service écosystémique sur pieds.
Mais voilà, on les arrache. Massivement. 23 500 kilomètres de haies et d’arbres alignés détruits chaque année. On les remplace par des champs nus, des monocultures intensives, des linéaires de béton. Et pourtant, tout le vivant — du ver de terre au lièvre, du merle à la perdrix — en dépend.
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C’est dans ce contexte dramatique que les chasseurs ont décidé d’agir. Et pas pour l’image. Pour le fond. Depuis plus de cinq ans, la FNC est en première ligne pour replanter, entretenir, restaurer les haies. Plus de 50 % des techniciens du réseau ont au moins cinq ans d’expérience dans ce domaine, 20 % en ont plus de vingt. L’État finance des dispositifs comme « Plantons des haies », mais sur le terrain, ce sont les fédérations de chasseurs qui prennent la bêche.
Avec des partenaires solides — RTE, SNCF Réseaux, Afac-Agroforesteries — la FNC construit un maillage national d’expertise. On forme (formation en 7 modules sur la gestion durable de la haie, disponible dès juin 2025), on plante (haies faunistiques sous les lignes électriques), on aménage (bords de voies ferrées pour faciliter le passage de la faune), on sensibilise (programme Sensibilis’haie auprès des collectivités locales). Tout ça, sans tambour ni trompette. Mais avec des mains calleuses.
Alors oui, riez encore un peu si ça vous amuse. Mais sachez-le : sans haies, pas de biodiversité. Et encore une fois, ce n’est pas avec un hashtag qu’on change le monde.
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