Une biche et un daguet agonisants, achevés par un lieutenant de louveterie à Fontainebleau, sont devenus sous la plume de 30 Millions d’Amis la preuve d’un abattage arbitraire.
🚨Incohérent ! Le @Prefet77 vient de prendre un arrêté préfectoral missionnant un lieutenant de louveterie pour abattre les animaux gravement blessés près de la commune d’Achères-la-Forêt (77) dans la forêt de Fontainebleau.
— Fondation 30 Millions d'Amis (@30millionsdamis) August 7, 2026
‼️Pendant ce temps, les centres de soins de la faune…
Le 6 août, un lieutenant de louveterie intervient au Grand Parquet, dans le massif de Fontainebleau, sur deux cervidés gravement blessés. L’arrêté préfectoral qui encadre cette intervention vise les animaux « trop sévèrement atteints et condamnés ». Ce dernier mot disparaît du titre choisi par 30 Millions d’Amis : « Un arrêté préfectoral pour abattre des animaux victimes des incendies ». Entre un arrêté qui parle d’euthanasier des bêtes hors de portée de tout soin et un titre qui parle d’abattre des victimes d’incendie en général, il y a exactement la distance qui sépare un geste vétérinaire d’un massacre. L’association le sait, puisqu’elle cite elle-même la formule de l’arrêté trois paragraphes plus bas. Elle choisit pourtant de construire son papier sur du bruit. Etonnant ? Non.
Le terme « abattage arbitraire » revient dans le communiqué de la présidente Reha Hutin. Mais rien, dans le texte, n’établit l’arbitraire. L’article laisse entendre qu’un lieutenant de louveterie, dépourvu de compétence vétérinaire, aurait décidé seul du sort des deux cervidés. Le communiqué publié par la préfecture le 6 août dément ce scénario point par point : l’intervention a eu lieu à la demande de la Direction départementale des territoires, après consultation de l’Office français de la biodiversité, dans un secteur (le Grand Parquet) qui n’avait pas été touché par l’incendie et reste ouvert au public. 30 Millions d’Amis n’en tient aucun compte. Reste une question, elle, toujours sans réponse publique : sur quelle base concrète (examen clinique sur place, avis à distance, simple constat visuel du louvetier) les deux animaux ont-ils été qualifiés d’agonisants ? Ni l’association ni la préfecture n’ont, à ce jour, détaillé ce point.
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L’article se referme sur une demande de moratoire général sur la chasse dans les zones incendiées. Le lien logique entre l’euthanasie de deux cervidés agonisants et une suspension de la chasse sur un territoire entier n’est jamais établi. Pour quoi faire ? La préfecture, de son côté, indique qu’aucune décision sur la chasse dans les secteurs sinistrés n’a été prise, qu’elle sera examinée au cas par cas sous l’autorité des préfets concernés, et que les arrêtés généraux d’ouverture de la chasse n’interviennent qu’en septembre. 30 Millions d’Amis instrumentalise un cas ponctuel pour appuyer une revendication qu’elle porte depuis des années.
La chaîne de décision est désormais connue : DDT, avis de l’OFB, intervention du louvetier. Ce qui manque encore, c’est le contenu de cet avis (ce que l’OFB a concrètement observé ou recommandé avant que la décision d’euthanasier soit prise). Tant que ce point ne sera pas rendu public, le doute profitera à la polémique, pas aux animaux que 30 Millions d’Amis prétend défendre.
Une biche et un daguet brûlés, agonisant dans un massif encore fumant, ce n’est le spectacle rêvé de personne. Voir souffrir un animal ne fait plaisir à aucun observateur, chasseur compris. On peut disserter longtemps sur le protocole, sur la transparence, sur ce que l’OFB a réellement évalué en quelques minutes face à deux bêtes hors d’état d’être sauvées. Mais au terme de cet examen, la décision prise sur le terrain le 6 août reste la bonne : abréger une agonie plutôt que la prolonger au nom d’un principe. 30 Millions d’Amis peut continuer d’ergoter. Le louvetier, lui, a fait ce qu’il fallait faire.
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Dans un cas comme celui la la décision d’euthanasier ou laisser souffrir un animal qui ne se remettra certainement pas de ses blessures est toujours mauvaise. Pourtant il faut trancher et c’est ce que fit le préfet après concertation avec les parties les plus aptes et les plus prêt du terrain. C’est aisé de palabrer dans un bureau sur la souffrance, c’est plus difficile d’affronter des visions d’horreur ou d’aider les pompiers et forces de l’ordre. Laissons les professionnels de terrain agir, personne ne veut regarder un animal souffrir durant des heures, les chasseurs pas plus que les autres.