En censurant Molière plutôt qu’en l’expliquant, l’université révèle une tentation contemporaine : effacer ce qui dérange au lieu de penser le réel. Une logique qui n’est pas sans rappeler le procès moral permanent fait à la chasse.
Dans une récente édition universitaire du Médecin malgré lui, une scène de Molière a été discrètement supprimée : celle où Sganarelle bat sa femme, Martine. Trois lignes et une didascalie ont disparu, non pour des raisons éditoriales ou philologiques, mais pour se conformer à une sensibilité contemporaine jugée incompatible avec la représentation de la violence conjugale. Le geste est révélateur. Plutôt que de contextualiser, d’expliquer, de faire œuvre de pédagogie, on choisit d’effacer. Molière n’est plus lu pour ce qu’il dit du XVIIᵉ siècle et de la nature humaine, mais filtré à l’aune d’une morale actuelle, hors de toute intelligence historique.
Chasse : même morale abstraite, même refus du réel
C’est exactement ce que vivent les chasseurs. La chasse n’est plus interrogée comme une pratique encadrée, ancrée dans les territoires, liée à la gestion du vivant et à une histoire longue comme l’humanité. Elle est jugée à partir d’une morale contemporaine abstraite, émotionnelle, et déconnectée du réel biologique et social.
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Dans les deux cas, la même tentation est à l’œuvre : aseptiser le monde pour se donner bonne conscience. Mais effacer une scène de Molière ne supprime pas la violence humaine. Délégitimer la chasse ne supprime ni la mort, ni la prédation, ni les déséquilibres du vivant. Cela ne fait que produire une illusion morale, confortable, mais fausse. Et c’est précisément contre cette fuite du réel que Molière, comme les chasseurs, continuent de déranger.
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Censurer MOLIÈRE ne fera pas diminuer le nombre de violences faites aux femmes. Mais affectera notre bien commun qui est la langue Française.
Toucher à l’Histoire quand les évènements nous dérangent c’est regarder de travers le présent.
Bonsoir, si on veut faire disparaître ceux qui nous plaît pas dans « l’histoire », il ne restera pas grand chose!pendant qu’on y est,fermons les grottes de la préhistoire, il y a trop de scènes de chasse !.les dictateurs anciens et modernes de ce monde, ne font ils pas la même chose,destruction des livres,des sites archéologiques et j’en passe, pour nous, la pédagogie et la pensée critique devraient suffire à mon avis.