Sous des airs de main tendue, la lettre ouverte des Écologistes aux agriculteurs ressemble moins à une tentative de dialogue qu’à une leçon bienveillante. Polie, idéologique et hors-sol, elle a peu de chances de franchir le mur de défiance du monde agricole.
Il y a des textes qui se veulent des mains tendues, mais qui ressemblent plus à des doigts pointés. La « lettre ouverte aux agriculteurs » publiée par Les Écologistes appartient à cette catégorie. Le ton est doux, les mots choisis, l’intention affichée pacifique. Et pourtant, la réception est glaciale. Pourquoi ? Parce qu’on ne séduit pas un monde en colère en lui expliquant, même poliment, qu’il s’est trompé.
Tout est là. Le diagnostic est posé d’emblée : le modèle agricole serait structurellement fautif, productiviste, dépassé. Les agriculteurs souffrent, certes, mais parce qu’ils auraient suivi une mauvaise voie. C’est une manière très particulière de « dialoguer » : partir du principe que l’autre doit d’abord reconnaître ses erreurs avant de pouvoir être écouté. Dans n’importe quelle relation humaine, ce n’est pas un dialogue, mais une remontrance.
Le texte parle de systèmes quand le monde agricole parle de survie. De trajectoires historiques quand il vit au rythme des échéances bancaires. De transitions souhaitables quand il affronte des normes changeantes, une administration tatillonne et des marges qui s’effondrent. Ce décalage est central. Il fait que la lettre sonne comme un discours hors-sol, écrit sur les agriculteurs mais rarement avec eux.
À cela s’ajoute un problème de crédibilité politique. Qu’on le veuille ou non, le message est lu à l’aune des positions passées : restrictions, normes, oppositions à certaines infrastructures, discours pour le moins ambigu sur l’élevage. Même lorsque la lettre évite soigneusement les sujets qui fâchent, l’historique parle à sa place. Le messager arrive lesté d’un contentieux. Et dans ces conditions, la plus belle déclaration d’intention devient suspecte.
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Bien sûr, le texte trouvera un écho. Chez une fraction déjà convaincue, proche de l’agroécologie militante ou de la Confédération paysanne. Mais il s’agit là d’un public acquis, qui n’avait pas besoin d’être séduit. Le cœur du monde agricole, celui qui manifeste, qui bloque, qui doute, reste à distance.
Car ce qui manque le plus, c’est la reconnaissance. La reconnaissance des choix contraints, faits sous pression économique et politique. La reconnaissance d’une responsabilité partagée, où les décideurs publics — écologistes compris — ont aussi façonné les impasses actuelles. Sans ce préalable, aucune séduction n’est possible. On ne bâtit pas la confiance sur un implicite accusatoire.
La vérité est simple : cette lettre rassure moralement ceux qui l’ont écrite et ceux qui y adhèrent déjà. Elle ne traverse aucun mur de défiance. Pour toucher réellement les agriculteurs, il aurait fallu commencer par désarmer, par admettre une part d’erreur, par dire clairement : nous avons parfois contribué à votre impasse. Sans cela, la « drague » reste ce qu’elle est : polie, bien écrite… et parfaitement inefficace.
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Il y a fort à parier qu’ils vont être accueillis à bras ouverts au salon de l’agriculture, ces braves gens. Le goudron et les plumes pour ces hypocrites.
Je pensais que les agriculteurs étaient des pollueurs qui mal traitaient les animaux qui s’accaparaient l’eau etc. et maintenant ils sont dragués par les écolos. J’ai loupé un épisode c’est certain. On a le droit de se tromper mais il faut reconnaitre ses erreurs et rester honnête. Nous sommes en campagne électorale pour 2 échéances il faut donc ratisser large même si on fait le contraire de ce qu’on dit.
Draguer les agriculteurs avec en main la corde qui déclenche le couperet de la guillotine sur leur profession … ils osent donc tout….
Draguer des gens qui ont les pieds sur terre au propre comme au figuré. Que les ecolo ne s’ilusionnent pas sur le resultat.