Un article du journal Le Monde affirme qu’abattre chaque année des millions de renards et de corvidés serait inefficace et économiquement absurde. La réalité scientifique est (comme d’habitude) beaucoup plus nuancée.
"Les limites majeures de la politique actuelle de régulation des « espèces susceptibles d’occasionner des dégâts » :
— Enjeux de l'environnement (@AMDucroux) March 9, 2026
>> Spécifique à la France, cette politique de régulation d’espèces autrefois qualifiées de « nuisibles » n’avait jamais été évaluée" https://t.co/Ek9wUHlPon
Dans un article publié le 9 mars, le journal Le Monde affirme que tuer chaque année des millions de renards, corbeaux et corneilles serait « inefficace et injustifiable économiquement ». La conclusion se veut nette. Elle s’appuie sur une étude scientifique relayée par plusieurs chercheurs proches du Muséum national d’Histoire naturelle.
Deux questions distinctes traitées comme une seule
La plupart des travaux mobilisés dans l’article raisonnent à grande échelle. Ils s’intéressent aux tendances globales des populations de renards ou de corvidés sur de vastes territoires et sur le long terme. À cette échelle, un prélèvement limité ne fait évidemment pas disparaître une espèce. Personne ne prétend le contraire.
Il faut aussi rappeler que le renard n’est pas seulement envisagé à travers la question des dégâts agricoles. C’est un gibier chassé dans plusieurs modes de chasse, qu’il s’agisse de chasse à tir, au chien courant ou au déterrage.
L’étude citée par l’article se place pourtant dans un cadre beaucoup plus étroit : celui de la gestion des dégâts agricoles. C’est uniquement dans ce cadre que ses conclusions peuvent être discutées.
La dynamique d’une espèce à l’échelle nationale et l’effet d’un prélèvement local sur un dommage précis ne relèvent pas du même niveau d’analyse. Les confondre conduit presque mécaniquement à conclure que la régulation « ne fonctionne pas ».
La compensation démographique : un mécanisme réel, mais contextuel
L’argument central avancé repose sur un phénomène bien connu en écologie : la compensation démographique. Lorsqu’une partie d’une population est prélevée, la reproduction peut augmenter et des individus venus d’ailleurs peuvent recoloniser les territoires vacants.
Ce mécanisme existe. Il est documenté depuis longtemps.
Mais son amplitude dépend fortement du contexte écologique, de l’intensité du prélèvement et de la structure sociale de l’espèce concernée. Le renard, par exemple, est un animal territorial. Dans certains cas, la disparition d’un individu dominant peut ralentir temporairement la reproduction locale. Chez les corvidés, les situations varient encore davantage selon que l’on observe des groupes territoriaux ou des populations mobiles.
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Certaines études concluent à une efficacité limitée lorsque la régulation est diffuse ou ponctuelle (Treves & Naughton-Treves, 2005 ; Loveridge et al., 2010). D’autres observent au contraire une réduction des dommages lorsque les prélèvements sont ciblés et continus (Stahl et al., 2001). Transformer cette diversité de résultats en conclusion générale relève davantage d’un choix éditorial que d’un consensus scientifique.
L’argument économique et ses hypothèses
L’étude évoquée affirme également que la régulation coûterait plus cher que les dégâts qu’elle prétend prévenir. Le calcul intègre la valorisation du temps consacré par les chasseurs et les piégeurs bénévoles. Cette approche consiste à attribuer une valeur théorique au temps non rémunéré.
Le problème c’est que ce coût théorique est présenté comme une dépense réelle. Sur le terrain, ces interventions reposent sur du bénévolat. Les chasseurs concernés ne perçoivent pas de rémunération et n’auraient pas nécessairement consacré ce temps à une activité économiquement productive. Selon la manière dont on valorise ce temps, le résultat du calcul peut changer considérablement.
Par ailleurs, certains effets indirects comme la pression sur la petite faune, l’impact sur des espèces nicheuses, les dommages sur des élevages de volailles, restent difficiles à intégrer dans ce type de modèle.
Entre modèles théoriques et réalité du terrain
Le débat scientifique sur la gestion des prédateurs est légitime mais la littérature est loin d’être unanime. Ce qu’elle montre surtout, c’est que l’efficacité de la régulation dépend fortement du contexte : faible lorsqu’elle est diffuse et ponctuelle, plus documentée lorsqu’elle est ciblée, continue et associée à d’autres mesures de protection.
Présenter ce débat complexe comme une conclusion définitive ne rend service à personne. Car sur le terrain, les situations ne se présentent pas sous la forme de modèles abstraits. Dans un élevage où les poules disparaissent la nuit, la question n’est pas de savoir si la population nationale de renards est stable. La question est beaucoup plus simple : qui règle le problème demain matin ?
A voir en vidéo :











Sacrés scientifiques,un exemple,ramier sur tournesol,chaque individu attaque une rangée lorsque la graine germe,puis au bout de dix jours arrête dès que les premières feuilles apparaissent.50 pigeons multiplié par 10 mètres multiplié 10 jours , ça fait 5 kilomètres de semences perdues et c est pareil pour le corbeau,le chouca,la corneille.quant aux renard ,il en faut mais il a un gros impact sur le petit gibier (lièvre,perdrix),vu la raréfaction du lapins,autrefois abondant.
Bla bla de béotien mal à l’aise.
L’étude est parfaitement documentée, et ses conclusions sont absolument sans appel.
A un moment il va falloir assumer le fait que buter renards, corneilles etc… n’a rien à voir avec la « régulation ».
Le concret vous derange
Parfaitement documentée ? comment le savez-vous ? où avez vous trouvé cette étude ?
L’étude a été publiée dans la revue internationale Biological Conservation. C’est une revue à comité de lecture, ce qui signifie qu’avant d’être publiée, l’étude a été relue de manière anonyme par d’autres scientifiques, indépendants des auteurs, qui ont vérifié son contenu et se sont assurés qu’elle ne contenait pas d’erreurs, avant de donner le feu vert à la publication.
Les données utilisées par les scientifiques sont les chiffres qui ont été fournis par les chasseurs et les piégeurs eux-mêmes, c’est dire s’ils sont inattaquables.
On voit bien que vous n avez jamais mis une graine dans le sol,et si c était votre travail,votre revenu vous vous apercevez que c est tout sauf du bla bla.ex ces scientifiques nous ont expliqué que le frelon asiatique disparaîtrait de lui même ,on voit le résultat aujourd’hui,il ne cesse de s etendre.
Bonjour, je dirai comme tout c’est »l’excès »qui pose problème,et réduire cet excès profite à toute la faune,et à l’agriculture, maintenant le niveau des soi-disant scientifiques est-il à la hauteur ?les niveaux baissent partout et à mon avis chez eux aussi.comme pour le loup,de plus en plus de pays se mettent à les prélevés ,pour défendre l’élevage et la faune,et peut-être un jour prochain l’homme .
L’étude ne nie absolument pas l’existence des dégâts.
Ce qu’elle montre, de manière irréfutable, c’est que la régulation est inefficace. Elle ne réduit pas les dégâts. Et réciproquement, quand on arrête de réguler une espèce dans un département, il n’y a pas davantage de dégâts. La régulation ne sert donc à rien.
Eléonore,nos anciens regulaient bien plus que nous et il me semble que la petite faune se portait très bien.les préfets qui prennent ces décisions ne sont pour la plupart pas chasseurs mais le font pour le bien de la communauté.toutes les nichées(foulques,poules d eau canard)sont anéanties dans le marais a côté de chez moi par les rapaces et corneilles.l agriculteur que je connait abandonne le tournesol a cause des dégâts,en Bretagne c est a cause du chouca ect.ect.quant on piège une reine de frelon asiatique, on a sauvé 10kilos d insectes.ne chassons plus le sanglier quelques mois et vous verrez si les dégâts ne vont pas monter ,tuer quelques spécimens,protéger ne veut pas dire exterminer.
Je ne comprends qu’on évoque un coût pour la destruction d’une partie des populations d’espèces classées ESOD et qu’on veuille en plus la comparer au coût des dégâts. .
Je ne vois pas de système d’indemnisation des agriculteurs pour les dégâts provoqués aux cultures ou aux élevages par ces espèces ESOD.
Seuls les dégâts provoqués par le grand gibier aux cultures font l’objet d’indemnisation aux agriculteurs par les fédérations de chasseurs. Et ça coûte bonbon, malgré les prélèvements importants de grands gibiers.
Il ne faut pas être grand clerc pour comprendre que s’il n’y avait pas du tout de prélèvements ou de destructions dans les populations d’espèces ESOD, les dégâts seraient énormes puisque les grandes cultures occupent une partie importante du territoire national (environ 13 millions d’hectares) et qu’elles pourraient permettre de nourrir une population ESOD considérable.
On peut faire remarquer que l’implication des chasseurs pour les ESOD est gratuite.
Et on rappelle, à ceux qui l’oublie facilement, que les chasseurs paient chaque année des dizaines de millions d’euros aux agriculteurs pour les dégâts causés par le grand gibier.
« Il ne faut pas être grand clerc pour comprendre que s’il n’y avait pas du tout de prélèvements ou de destructions dans les populations d’espèces ESOD, les dégâts seraient énormes »
C’est une idée très répandue, mais ce que montre l’étude des scientifiques, c’est précisément que cette croyance n’est pas fondée. En réalité, quand on arrête de détruire les ESOD, les dégâts n’augmentent pas. Et réciproquement, quand on les détruit, cela ne fait pas diminuer les dégâts, ni le nombre d’animaux. La destruction n’a donc pas d’effets sur les dégâts.
Oui oui oui , logique … sur une petite parcelle de tournesol 3 semaines avant la récolte
10000 pigeons ne mangent pas plus que 1000
comme 100 pigeons ne mangent pas moins que 1000 .
C est certain, dans le premier cas vous êtes en avance , pas besoin de sortir la moissonneuse, c est plier avant l heure et ça c est la réalité.
Sacrés scientifiques
L’étude ne porte pas sur le pigeon. Elle concerne le renard, les mustélidés, les corvidés et l’étourneau. Elle montre que les destructions n’affectent pas les populations: celles-ci restent stables. D’ailleurs, quand une espèce n’est plus détruite, comme c’est le cas pour le putois, la belette ou la martre dans la plupart des départements, on ne constate pas de hausse des populations de ces animaux, ni des dégâts qu’ils causeraient.
Continuez de rêver,c est pareil pour la corneille (souvent avec les pigeons),le renard(citer plus haut ,la Suisse)si vous considérez que la population de pigeons de plus en plus sedentaires reste stable ,c est que vous ne mettez pas souvent des bottes.idem pour les étourneaux,les arboriculteurs sont obligés de recouvrir leur verger s,ils veulent récolter (j ai deux cerisiers,si je m en occupe pas je ne ramasse rien) autrefois migrateurs, aujourd’hui ils nichent partout.Quant aux dégâts ils ne peuvent nier car c est évident et ils coûtent aux chasseurs 80 millions d euros par an.
C est le même problème avec les corvidés sur un semis de maïs jusqu au stade 4 feuilles , plus il y a d individus et plus il y a des dégâts , il ne faut pas sortir des grandes écoles pour le comprendre . Agriculteur depuis quarante ans en polyculture , blé , maïs , tournesol , pomme de terre , carotte et elevage bovins et ovins , en fin de carrière j ai passé l age d être naïf .
Comme le dit Jean 1 , vous êtes une rêveuse .
Jusque après la guerre dans toute les maisons l’on piègé le renard la Fouine car l’on ne pouvait se permettre de perdre une poule de plus la fourrure des renards , Fouine était acheté par le « peillerot » qui les payé quelques francs aujourd’hui plus personne ne piègé et les renards pullule sur notre. Commune le piégeur a pris plus de 50 renards, quant aux battue elle ne sont pas tres efficace tant goupil excelle dans l’art de passer ou il n’y a personne.
Un exemple ,une preuve concrète,canton de Genève la chasse y est interdite depuis 1974,chats harret et renards ont proliféré,d ailleurs ils sont tirés aujourd’hui par des gardes,la perdrix a totalement disparue malgré plusieurs essais de réintroduction.
En réalité, c’est l’inverse: la perdrix a complètement disparu de Suisse, mais c’est dans le canton de Genève, où elle n’était pas chassée, qu’elle a survécu le plus longtemps.
Les gardes tirent des sangliers, en revanche ils n’ont pas besoin d’intervenir sur les renards, qui se régulent tout seuls. Globalement, la faune sauvage se porte très bien depuis l’arrêt de la chasse et la petite faune de plaine (lièvre, faisan, pigeon) est en bien meilleur état à Genève que dans les autres cantons.
Renseignez vous ,au lieu de rêver comme dit ailleurs,j ai fait un reportage avec les gardes et tout se passe la nuit a l abris des regards mais chut !
Réglementation chasse en Suisse. La chasse de nuit est interdite depuis le premier février sauf pour les prédateurs de petits gibiers, raton laveur, blaireau,RENARD
Cela concerne bien évidemment les cantons où la chasse est autorisée, mais non le canton de Genève où elle est interdite depuis 1974.
Je ne peux vous fournir de preuve,car systématiquement des l animal aperçu on me demandait d éteindre la caméra .c est consternant,ce manque b objectivité,de toute façon le résultat ou la chasse est interdite est le même.vous voyez bien que partout on régule les prédateurs.
Sans vous parler du coût , indemnisation des dégâts, matériel de protection,salaire des gardes ect.les suisses peuvent se le permettre nous peut être moins.
Moi ce que j’aimerais savoir c’est qui sont ces scientifiques « proches » du Muséum d’histoires naturelles (!!!) Ne serait-ce pas simplement des scientifiques animalistes ? ça doit bien exister non ? ;o)) J’utilise souvent cet argument quand on me parle de la seule étude (de 2017) qui tendait à prouver que la présence du renard aurait une incidence positive sur la maladie de Lyme en limitant les populations de tiques (!) : En général les scientifiques pour valider une thèse ne retiennent pas une seule étude mais des dizaines, des centaines, voire des milliers (méta-analyses) pour éviter les biais qui dans les cas qui nous intéressent pourraient être tout simplement que les chercheurs à l’initiative de ces études soit pro-renards par exemple…
Ce ne sont pas des chercheurs « proches » du Muséum, mais des chercheurs du Muséum, tout simplement. Ils ont analysé les données officielles fournies par l’administration et par les chasseurs. Ces données montrent qu’il n’y a pas de lien entre l’intensité des destructions et le montant des dégâts: détruire les ESOD ne fait pas diminuer les dégâts. De plus, la réduction et même l’arrêt des destructions n’augmente pas les dommages. Et pour couronner le tout, les destructions n’ont pas d’impact sur les populations d’animaux, autrement dit, elles ne régulent pas.
Cela pose quand même question sur l’intérêt de ces destructions: si elles n’atteignent pas leur but, à quoi bon continuer?