Curtis : coupable, mais doit-il forcément mourir ?

Faits-divers
date 11 mars 2026
author Richard sur Terre

Si la responsabilité du chien Curtis dans la mort d’Elisa Pilarski semble aujourd’hui établie, une autre question demeure : faut-il forcément l’euthanasier ? 

Le nom de Curtis est revenu dans l’actualité à la faveur d’une pétition demandant que le chien ne soit pas euthanasié. Immédiatement, le débat s’est crispé. D’un côté, ceux qui rappellent la violence du drame. De l’autre, ceux qui réclament la vie sauve pour l’animal.

Entre les deux, il y a à mon sens un malentendu. Car s’interroger sur l’euthanasie de Curtis ne revient pas à nier ce qui s’est passé. Les expertises ont conclu que les morsures mortelles infligées à Elisa Pilarski provenaient bien de ce chien. Sur ce point, le doute n’est plus vraiment au centre du dossier.

Mais une fois cette réalité admise, la question change de nature. Un chien peut être l’auteur d’une attaque mortelle et rester malgré tout ce qu’il est : un animal façonné par les humains.

Curtis n’a pas choisi sa lignée. Il n’a pas choisi les sélections génétiques qui ont pu privilégier l’agressivité. Il n’a pas choisi non plus les conditions dans lesquelles il a été élevé.

Dans le monde de l’élevage canin, une chose est bien connue : si on sélectionne systématiquement les individus les plus agressifs pour la reproduction, on finit par produire des lignées instables. Ça peut arriver avec n’importe quelle race. Le résultat dépend moins de l’étiquette de la race que des choix humains qui l’ont façonnée.

A lire aussi : Curtis ou l’indignation sélective

Dans ce sens, Curtis est aussi le produit d’une sélection. Dire ça ne change rien à la gravité du drame. Une femme enceinte est morte dans une forêt de l’Aisne. La violence de cette attaque restera attachée à cette affaire.

Mais reconnaître cette réalité n’empêche pas de poser une autre question : que fait-on d’un animal dangereux lorsqu’il est identifié comme tel ?

L’euthanasie est une solution. Elle existe pour protéger la société lorsqu’un animal représente un risque grave. Personne ne peut sérieusement nier cette nécessité dans certains cas.

Mais est-ce la seule réponse possible ? Certains évoquent la possibilité d’un placement définitif dans une structure spécialisée, sans contact avec le public, où l’animal finirait sa vie dans un cadre sécurisé. Cette hypothèse ne repose pas sur l’idée que Curtis serait innocent. Elle repose sur une interrogation plus simple : une fois le danger neutralisé, faut-il forcément tuer l’animal ?

Curtis est un chien dangereux, issu d’une lignée et d’un environnement qui l’ont façonné, placé aujourd’hui au centre d’une décision humaine. Si des personnes proposent de prendre en charge ce chien, dans un cadre sécurisé où il ne représenterait plus aucun danger pour le public, je ne vois pas au nom de quoi on pourrait balayer cette option.

Sa culpabilité ne fait plus vraiment débat. La question qui reste ouverte est une autre. Faut-il forcément répondre à un drame humain par la mort d’un animal qui n’est au fond coupable que d’avoir été élevé par un irresponsable ?

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8 Commentaires :
  1. JC
    11/03/26

    IL devrait être placé dans le centre Esprit Dog! Je suis sûr que Tony Sylvestre est la bonne personne pour cela! Il pourrait même être ensuite proposé à l’adoption.

    1. Marc
      12/03/26

      Bonjour JC , proposer cet animal à l’adoption … sincèrement vous accepteriez un tel chien dans votre foyer ? Moi pas .

    2. Jean1
      12/03/26

      Il a tué sa propriétaire,qui le dorlotait,attaqué plusieurs de ses gardiens depuis, même si c est certainement du a un mauvais accompagnement,jeune,je suis comme marc.

      1. Cazes
        17/03/26

        On pourrait peut être le proposer aux gens organisant des combats de chiens clandestins dans nos banlieues, il y aura toute sa place !
        Et bouffera peut être un des parieurs.

  2. Fitou
    17/03/26

    La sélection génétique de cette race et sa lignée est un choix de propriétaire qui le vénère et l’éduque dans l’intention reconnue de son utilisation et de son but.
    Puisque Curtis a tué la maitresse et que le maître est assez véreux pour le nier, puisque tant de défenseurs veulent continuer à protéger le chien…..tuons le maître. !!!

  3. Cathy
    12/06/26

    Il a bénéficié de 7 ans de sursis du fait de la lenteur de la justice. C est peut-être dur à entendre pour certains mais Elisa et le bébé n ont pas eu cette chance.
    Aussi pleurer sur ce chien depuis, je trouve que c est d une indécence rare. Je suis une passionnée de chiens depuis 30 ans. Je travaille avec eux mais pas de pardon possible pour un tel acte. Je plains les proches, ami(e)s…

    1. Celton Alain
      27/07/26

      Curtis n’a jamais été jugé mais il était déjà coupable ! Par contre les chiens de meute euthanasiés en cachette dans l’équipage de chasse à courre, et enterrés « il ne sais plus où » selon le maître d’équipage ?
      Ne pleurez pas sur n’importe quoi ni n’importe qui.
      Eliza a participé au dressage imbécile de Curtis. Désolé ! Si Curtis est à l’origine de la mort d’Eliza et d’Enzo, ce que je déplorerais du fond du cœur je ne comprends pas les lacunes de l’instruction quant à la disparition des radars de ces chiens de chasse à courre qui étaient sur zone ! Et leur euthanasie fort à propos me parait plus que suspect. Un aveu ! (de culpabilité) pour ces pauvres chiens, et d’innocence pour Curtis.

  4. Celton Alain
    27/07/26

    Messieurs les senseurs, vous occulter à loisir les incohérences concernant l’euthanasie inexpliquée de chiens de la meute du sieur au nom flamand. Pourquoi a t’il fait euthanasier (quel vilain mot pout tout ami d’un chien, d’un chat ou des chevaux etc ). Et comment ne se souvient il pas de l’endroit où il les a enterrés. Ah manneke tah ?!
    Et même si, Curtis serait il coupable de l’enseignement qui lui a été infligé ? Mordre comme un con sans jamais lâcher le morceau à s’arracher le dentier. Tout ça pour faire plaisir aux bipèdes qui lui donnent à bouffer.
    S’il y a un coupable à incriminer, ce n’est pas le chien.
    Vers 1750 un bébé a été mangé à Quimper (aujourd’hui Préfecture du Finistère) par un des porcs qui divaguaient dans la cité en la débarrassant des immondices générés par les habitants. Le dit pen moc’h (en breton dans le texte) a été jugé par le Présidial et condamné. Quesque ça changeait pour lui ? De toutes façons il a fini en saucisses.
    Mais pour Curtis il est encore temps d’éviter l’erreur judiciaire de complaisance.

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