Dans l’Hérault, la surpopulation de lapins offre à l’ASPAS une occasion inédite de plaider pour la protection du renard. Un argument gestionnaire de plus dans un arsenal qui n’a qu’un seul objectif.
Hérault : faut-il arrêter de tirer les renards pour lutter contre l’explosion des populations de lapins ?
— Stop Chasse de loisir (@Stop_chasse) May 26, 2026
L’Association pour la protection des #animaux sauvages plaide pour une interdiction élargie du tir du goupil.#chassehttps://t.co/EdFoJaxX0u
Le Pays de l’Or et l’ouest Biterrois suffoquent sous les lapins. La préfète de l’Hérault Chantal Mauchet a elle-même appelé, fin mars, l’ensemble des acteurs à se mobiliser dans le cadre d’un plan multi-outils. C’est dans ce contexte que l’ASPAS 34 s’est engouffrée avec une proposition simple : arrêter de tirer les renards permettrait d’augmenter la prédation naturelle sur les lapins. Christian Perrenot, codélégué héraultais de l’association, demande une interdiction de tir toute l’année dans toutes les zones touchées, et invite les sympathisants à répondre en ce sens à la consultation publique de la préfecture.
Solution miracle ?
Max Alliès, président de la fédération départementale des chasseurs de l’Hérault, rappelle un fait que l’ASPAS ne conteste pas : dans ces secteurs, des lâchers de renards ont déjà été réalisés sans aucun impact mesurable sur les populations de lapins. Le renard consomme des lapins, mais il prélève à la marge d’une population dont la dynamique reproductive dépasse structurellement ce qu’un prédateur généraliste peut absorber. La prédation naturelle fonctionne comme régulateur dans des populations équilibrées. Face à une explosion démographique de cette ampleur, elle ne mord pas sur le stock reproducteur central.
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Tirer sur chaque fil qui dépasse
Ce qui se joue dans l’Hérault dépasse de loin la gestion locale du lapin. L’ASPAS et One Voice (entre autres) défendent la protection du renard depuis des années en changeant régulièrement de registre selon l’actualité : auxiliaire agronomique contre les campagnols, acteur de la lutte contre la maladie de Lyme, espèce autorégulatrice rendant les prélèvements inutiles, victime d’une persécution arbitraire des chasseurs. Aujourd’hui, le renard devient gestionnaire des surpopulations de lapins. La cohérence interne de ces arguments importe peu (on ne peut pas simultanément soutenir que le renard s’autorégule naturellement et qu’il va proliférer suffisamment pour réduire les lapins si on le protège). Ce qui compte, dans cette stratégie, c’est l’accumulation : empiler les justifications jusqu’à rendre la protection politiquement inattaquable, quel que soit le contexte.
L’invitation de l’ASPAS à abonder la consultation préfectorale transforme un outil de concertation technique en levier de mobilisation militante, en espérant peser sur une décision administrative par le volume des contributions. C’est une méthode qui n’a pas grand-chose à voir avec la gestion faunistique, et tout à voir avec la conquête progressive d’interdictions réglementaires, terrain par terrain, espèce par espèce.
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