Agriculture, chasse : le même combat devant les tribunaux

Chasse Actu
date 17 juin 2026
author Richard sur Terre

Betteraviers et chasseurs n’ont pas grand-chose en commun, sauf un adversaire qui a changé de méthode. Les anathèmes sur les réseaux sociaux laissent place aux requêtes en référé. Le terrain s’est déplacé vers les prétoires.

Le 10 juin, à Charmont-en-Beauce, l’assemblée générale de la CGB Centre-Val de Loire devait parler rendements, traitements, prix du sucre. Elle a aussi reçu Hervé Le Prince, fondateur du cabinet Newsens, spécialisé dans l’analyse des dynamiques d’opinion, et son intervention a déplacé le centre de gravité de la réunion. Pour lui, l’agriculture française traverse une phase de politisation et de judiciarisation croissantes, où les choix de production se discutent de moins en moins dans l’arène publique et de plus en plus devant les tribunaux. Il évoque une radicalisation des oppositions, en partie portée selon lui par des intérêts financés hors d’Europe. Son conseil aux producteurs : être présents, prendre la parole, plutôt que de laisser le silence occuper le terrain.

Mi-mai déjà, le groupe de réflexion Les Z’Homnivores, créé en 2017 par des acteurs bretons, a publié une note signée par la juriste Carole Ernandez-Zakine. Le document décrit un transfert progressif de conflits autrefois réglés par des mécanismes sociaux, politiques ou administratifs vers l’institution judiciaire. Concrètement, des projets d’installation, d’extension d’élevage, de construction de bâtiments agricoles ou de retenues d’eau font désormais l’objet de recours, parfois répétés, devant les juridictions civiles, pénales, administratives ou européennes. La note précise ne pas contester le droit de saisir la justice, mais alerte sur le risque de voir le débat politique se déplacer durablement vers les prétoires.

Ce basculement, le monde de la chasse le voit venir depuis plusieurs mois. En janvier 2026, à titre d’exemple, l’ASPAS publiait une offre d’emploi pour renforcer son pôle juridique : un poste en CDI, à temps plein, consacré à la constitution de dossiers contentieux, à l’introduction de recours pénaux, civils, administratifs et européens, ainsi qu’à la veille jurisprudentielle. On parle d’un pôle structuré et pérenne, pensé comme un outil de combat. Et l’association ne s’en cache pas : son langage public parle de stratégie juridique, de leviers contentieux et de développement d’un réseau d’espaces sans chasse. 

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On le constate d’ailleurs très bien dans les faits : le combat anti-chasse est désormais hautement judiciarisé. Chaque pratique est consciencieusement attaquée. Chaque arrêté préfectoral contesté. Des fois ça passe, d’autres pas. Mais le sujet n’est pas vraiment là.

C’est précisément ce que pointe la note des Z’Homnivores pour l’agriculture : la multiplication des recours ne sert pas seulement à obtenir une décision de justice. Elle alimente aussi une communication qui se nourrit du contentieux lui-même, qu’il soit gagné ou perdu sur le fond. 

Pour les fédérations de chasse comme pour les syndicats agricoles, le calendrier ne se limite plus aux décisions administratives et aux saisons cynégétiques : il inclut désormais les dates d’audience, les ordonnances de référé et les délibérés. Prendre la parole, comme le recommande Le Prince, devient une condition pour exister dans ce calendrier-là.

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6 Commentaires :
  1. Jean 2
    17/06/26

    Bonjour,oui !c’est désespérant, cela devient une maladie française, on ne supporte plus rien,coq,et canards qui chantent,poulailler, vaches, fumier,chat qui fait caca,la chasse ,la pêche, et même récemment certaines fêtes régionales, tracteur,fauche du blé, les arrêtés divers,la construction d’une prison,d’une usine,etc… etc..la faute peut-être aussi à nos politiques anti-tout et qui pondent des lois mal faites quelquefois,ou décident seuls sans l’europe, et un métier toujours d’avenir « avocat »,mais aussi à la justice qui devrait condamné beaucoup plus les abus procéduriers sans fondements .A force tous les patrons et investisseurs partiront ailleurs !!et les français claqueront des dents (de faim et de froid).

    1. Jean 1
      17/06/26

      Complètement d accord,c est deja le cas,en 2025 plus de 800 multimillionnaires ont quitté le pays,les gouvernements successifs n ont fait que taxer le travail.trop de normes,trop d administration,trop d assistés et beaucoup veulent de l écologie a condition qu’elle s installé chez le voisin(, éoliennes ect.ect.)ex.manifestation sur un projet pour un nouveau puit de pétrole mais tous font le plein de leur véhicule chaque semaine car ils ne sont pas venus en vélo.il suffit de prendre l autoroute pour constater le nombre de poids lourds(par endroit ils occupent une voie complete,on produit plus grand chose,on importe.

  2. Drago
    17/06/26

    Agriculteur très proche de la retraite , je me félicite d avoir dissuadé mes enfants de reprendre mon exploitation et c est ce que beaucoup d agriculteurs devraient faire , une trop grande partie du peuple nous crache à la figure avec sous le nez des assiettes pleines . Metier avec trop de contraintes , obligations, interdictions , météo, prix , maladies , parasites, ravageurs, vols , incendies volontaires, plaintes, etc….Une partie des terres ne servira donc plus à produire des céréales et c est sans importance , car les pays étrangers sont capables et prêt à subvenir à nos besoins alimentaire .

    1. Marc
      17/06/26

      Bonjour , votre résumé fait froid dans le dos mais hélas il est réaliste . Quand nos seront nourris avec des cochonneries venues de chine et d’Amériques Latine et que le savoir faire français aura disparu (comme pour le nucléaire), il sera trop tard pour se lamenter .

      1. Marc
        17/06/26

        Nous serons

    2. Jean 1
      17/06/26

      Il suffit de voir les conditions climatiques actuelles pour comprendre que plus rien ne va pousser l’ été sans irrigation hormis les cultures d hiver (colza, blé)et ces imbéciles qui détruisent les bassines,qui sont contre le captage de l eau en hiver.dependre de la nature,voir ses cultures detruites par un orage avant de moissonner son travail,ses revenus anéantis doit etre très difficile a vivre.courage a vous.

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