Le Sénat italien a validé fin juin l’extension des zones, des périodes et des espèces chassables. Le texte doit encore passer devant la Chambre des députés, sous la menace d’un contentieux avec Bruxelles.
Italie : la droite veut assouplir les règles sur la chasse https://t.co/yvkBw2sNVx
— l'Opinion (@lopinion_fr) July 1, 2026
Le 23 juin 2026, le Sénat italien a adopté le disegno di legge 1552, dit « ddl Malan », par 80 voix contre 56 et deux abstentions. Le texte porte le nom de Lucio Malan, président du groupe Fratelli d’Italia à la chambre haute, mais c’est le ministre de l’Agriculture Francesco Lollobrigida qui en a fait une priorité gouvernementale. Devant l’entrée du Sénat, les associations ENPA, LAC, LAV, Legambiente, LIPU-BirdLife et WWF Italia avaient organisé un sit-in avec prise de parole libre. À l’intérieur, plus de neuf cents amendements avaient été déposés, la majorité par l’opposition, et les débats avaient été suspendus à deux reprises faute de quorum.
Le texte révise la loi 157 de 1992, qui encadrait jusqu’ici la protection de la faune et l’exercice de la chasse en Italie. Il introduit la notion de « gestion » de la faune sauvage et transfère aux régions une part croissante des décisions sur les zones, les calendriers et les horaires de chasse.
Le texte autorise la chasse sur certaines portions du domaine public, y compris certaines plages en dehors de la saison balnéaire, et permet aux régions d’étendre les périodes de chasse au-delà des limites actuelles, sous réserve des interdictions liées aux périodes de migration et de reproduction fixées par le droit européen. Il élargit aussi l’usage technique de la chasse, avec l’autorisation de viseurs nocturnes optiques et thermiques non militaires pour la chasse de sélection aux ongulés, un assouplissement des règles sur les appelants, et la possibilité de battues au sanglier sur neige dans certaines conditions.
Côté espèces, l’oie sauvage, le pigeon ramier et le pigeon des villes rejoignent la liste des animaux chassables. Un amendement sénatorial a également rouvert le débat sur le bouquetin des Alpes, une espèce jusqu’ici hors de portée des chasseurs, ce qui a immédiatement suscité l’opposition de plusieurs associations naturalistes. Le statut du loup évolue lui aussi, passant d’espèce « particulièrement protégée » à « protégée », sans pour autant devenir une espèce chassable.
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La Commission européenne suit le dossier de près. Une partie des dispositions du texte pourrait entrer en tension avec la directive Habitat et la directive Oiseaux, deux textes qui encadrent la protection de la biodiversité dans l’Union. Plusieurs associations affirment que la Commission aurait adressé dès décembre 2025 une lettre critique au gouvernement italien, restée sans suite publique jusqu’à ce qu’elles la rendent elles-mêmes publiques.
Face à ces critiques, la Cabina di Regia du monde de la chasse, qui regroupe Federcaccia, Enalcaccia, Arcicaccia et plusieurs autres fédérations, a publié une réponse point par point. Elle rappelle que la chasse sur le littoral est déjà autorisée aujourd’hui pendant la saison de chasse, et que ce sont les plans régionaux qui fixent concrètement les zones ouvertes, pas la loi nationale. Pour ces organisations, la réforme met à jour un cadre vieux de plus de trente ans plutôt qu’elle ne supprime des protections.
Le texte doit maintenant être examiné par la Chambre des députés, où il peut encore être modifié. Plusieurs associations évoquent une volonté de la majorité de boucler l’adoption avant la fin de l’été. Si le calendrier se confirme, la procédure d’infraction européenne, elle, ne dépendra plus des débats italiens.
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