Le marronnier des 500 canards d’Harchies

Chasse Actu
date 26 août 2026
author Richard sur Terre

Chaque année, l’ouverture de la chasse au gibier d’eau déclenche à Harchies une manifestation franco-belge autour d’un chiffre : 500 oiseaux tués, qui ne mesure rien du tout.

Vendredi 21 août, à la tombée du jour, environ 700 personnes se sont rassemblées à Bernissart, à l’appel de neuf associations belges et françaises, pour marcher jusqu’à la frontière qui sépare les marais d’Harchies du département du Nord. Le matin-même, des centaines de dessins de canards ont été déposés au pied d’une stèle au moment où retentissaient les premiers coups de feu, marquant l’ouverture de la chasse côté français à 6 heures du matin.

Le chiffre repris par la LPO Hauts-de-France dans son communiqué de mobilisation, comme par la plupart des médias belges, provient d’Alain Malengreau, bénévole ornithologue chez Natagora et membre de la LRBPO. Sa méthode consiste à dénombrer les anatidés présents sur le marais la veille de l’ouverture, puis le lendemain : 560 oiseaux comptés le 20 août, 68 le 21, soit un écart de 492 selon lui. Ce différentiel de présence sur un site donné, à deux moments donnés, est présenté comme un nombre d’animaux abattus. Or les oiseaux dérangés par les tirs peuvent aussi bien s’être déplacés que d’avoir été tués : les associations elles-mêmes évoquent des oiseaux « désorientés » qui « s’en vont » sous l’effet du bruit.

Simon Régin, président de la Fédération départementale des chasseurs du Nord, juge ce type de comptage « pas raisonnable » et rappelle qu’une évaluation d’impact suppose de raisonner sur la dynamique globale d’une population migratrice, et non sur un écart de présence relevé en une seule soirée sur un seul site. Cette contradiction n’apparaît dans aucun des communiqués associatifs relayés cette semaine. Quelle surprise.

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Guillaume Denonne, animateur au CRIE d’Harchies, décrit un phénomène qu’il observe chaque année : l’été dernier, en bivouac non loin du marais avec un groupe d’adolescents, il raconte avoir entendu des tirs continus au moment de l’ouverture. Les articles publiés depuis 2025 reprennent, d’une année sur l’autre, le même ordre de grandeur, « plus de 500 oiseaux », sans qu’aucune méthodologie publiée ne vienne étayer la comparaison d’une saison à l’autre. La demande portée par les associations, une zone tampon de 1500 mètres sans chasse autour du marais, reste la même depuis au moins l’an dernier.

Le préfet du Nord a signé l’arrêté d’ouverture de la chasse 2026-2027 sans intégrer cette zone tampon. La chasse au gibier d’eau reste donc autorisée dans les mêmes conditions qu’en 2025, et le prochain comptage d’Alain Malengreau aura lieu au même endroit, dans un an.

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