Guerre de l’eau en Brière : un agriculteur agressé par des chasseurs ?

Chasse Actu
date 28 août 2026
author Richard sur Terre

Un agriculteur de 70 ans affirme avoir été frappé près de Saint-Malo-de-Guersac, quelques heures après une action de chasseurs contre la gestion de l’eau du marais. Deux récits s’affrontent.

Vendredi 21 août, en fin d’après-midi, un agriculteur de Saint-Joachim rentrait son foin près du pont du canal de Rozé, à Saint-Malo-de-Guersac. La troisième remorque de la journée, selon son propre récit. Un homme lui fait signe de s’arrêter et l’interpelle sur une prétendue surcharge du tracteur. Une première altercation éclate, une femme du groupe s’interpose. L’agriculteur remonte dans sa cabine et avance. C’est à ce moment que cette femme l’accuse d’avoir tenté de rouler dans leur direction, une version qu’il conteste formellement, expliquant n’avoir avancé que « tout doucement ». Il redescend et affirme avoir reçu un coup de poing. Il repart, puis un projectile brise la vitre arrière de son tracteur. Il porte plainte à la gendarmerie. Aucune communication publique des forces de l’ordre n’a pour l’heure arbitré entre ces deux récits.

Le même vendredi, jour d’ouverture de la chasse au gibier d’eau, environ une centaine de chasseurs et de pêcheurs (chiffre que rapporte de façon convergente la presse locale présente sur place, quand des estimations plus basses, autour de cinquante à quatre-vingts, ont aussi circulé) avaient déposé des cadavres de poissons et d’oiseaux devant le Syndicat du bassin versant du Brivet, à Pontchâteau. Ils dénonçaient la gestion des niveaux d’eau du marais, accusée d’aggraver les épisodes de botulisme aviaire qui avaient déjà décimé plus de 8000 oiseaux en Loire-Atlantique l’été précédent. Fin juin, vraisemblablement le 24, l’Union des chasseurs de gibier d’eau de Grande Brière Mottière avait saisi le tribunal administratif de Nantes en référé pour contraindre le syndicat gestionnaire à agir face à la baisse des niveaux d’eau.

A lire aussi : Brière : les chasseurs en colère

Le 25 août, la FNSEA 44, les Jeunes Agriculteurs de Loire-Atlantique, l’ADEBB et LAGRENE ont publié un communiqué commun condamnant l’agression. Elles y écrivent : « Nous tenons à rappeler que ce groupuscule de personnes est une minorité qui ne représente en rien le monde de la chasse. » Le même jour, la Fédération des chasseurs de Loire-Atlantique a publié sa propre réaction. Son président, Dany Rose, y condamne toute violence physique ou dégradation matérielle, quels qu’en soient les auteurs, et appelle à la cessation des tensions entre usagers du marais.

La situation briéronne n’est pas passée inaperçue au Parlement. Le 1er juillet, en pleine discussion sur la gouvernance de l’eau au Sénat, le sénateur de Loire-Atlantique Ronan Dantec avait averti : « Aujourd’hui, en Brière, ce sont les chasseurs et les agriculteurs qui s’opposent très durement. » Sept semaines plus tard, cette mise en garde a pris la forme d’une plainte et d’une vitre brisée.

Reste à savoir laquelle des deux versions de l’altercation du 21 août sera retenue, et si ses auteurs appartenaient au groupe ayant manifesté quelques heures plus tôt à Pontchâteau. Tant que la gendarmerie n’a pas tranché, la Brière reste suspendue entre deux récits et une guerre de l’eau que le Sénat lui-même avait vu venir.

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1 Commentaire :
  1. Jean 2
    29/08/26

    Bonsoir, l’enquête déterminera les faits et les identités,attendons,et c’est bien sûr inacceptable !!mais si l’état avait fait son boulot de protection de la biodiversité depuis plusieurs années, on en serait peut-être pas là, hélas !!

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