Grand tétras : personne ne paie l’habitat

Chasse Actu
date 09 septembre 2026
author Richard sur Terre

Le grand tétras et le lagopède alpin sont protégés depuis mardi. La FNC saisit le Conseil d’État, l’État renonce aux lâchers vosgiens, et la restauration des milieux attend son budget.

Le flash info de la Fédération nationale des chasseurs est parti d’Issy-les-Moulineaux le 9 septembre. Avec les fédérations des Alpes et des Pyrénées, elle demandera au Conseil d’État l’annulation des deux arrêtés signés par Monique Barbut et Annie Genevard, et à la place des moratoires suspendant la chasse du lagopède alpin et du grand tétras. 

Elle est cohérente. Ces oiseaux n’étaient plus tirés, l’un depuis la décision du Conseil d’État du 1er juin 2022, l’autre depuis mars. Le recours ne vise pas le droit de prélever, il vise le cadre. Un moratoire garde une échéance, des comptages à produire et une place autour de la table. Le classement referme toutes les portes.

Le communiqué du ministère, publié le 7 septembre, attribue le déclin du grand tétras à la fragmentation de ses habitats, aux perturbations et au changement climatique. Il ajoute une phrase que le flash info ne mentionne pas : dans l’est de la France, la chasse a cessé depuis des décennies. L’argument vosgien de la FNC avait reçu sa réponse avant d’être écrit.

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Le même texte abandonne la réintroduction. Trois campagnes depuis 2024, trente-trois oiseaux capturés en Norvège et relâchés sous balise par le Parc naturel régional des Ballons des Vosges, autour de 230 000 euros par an selon l’AFP. La quasi-totalité est morte. Une poule introduite en 2024 a mené quatre poussins cet été, après plusieurs nichées prédatées. Sept cent mille euros environ, dans un massif dont les habitats n’avaient pas été rouverts.

Le ministère annonce désormais concentrer l’effort sur la restauration des habitats. Le classement interdit de détruire les nids, les sites de reproduction et les aires de repos. Il n’oblige personne à rouvrir une clairière, à commander des plaquettes de visualisation, à faire équiper un câble meurtrier, à monter compter les coqs au chant en avril. Aucun montant n’accompagne le communiqué.

C’est ce vide que désigne la question de la FNC : qui s’en occupera si nous ne le faisons pas ? Elle appelle plus large que sa réponse : ce travail est porté depuis trente ans par les quarante-quatre membres de l’Observatoire des galliformes de montagne, avec des financements de DREAL. Les Vosges montrent ce que produisent un statut et sept cent mille euros quand la forêt reste inhabitable.

Les fédérations ont jusqu’au 8 novembre pour déposer leur recours. Le comité de pilotage vosgien tire le bilan des lâchers fin septembre ou début octobre. Le plan de protection sur dix ans reste à écrire.

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1 Commentaire :
  1. Pineau
    09/09/26

    Ces arrêtés sont des condamnations à mort de ces espèces, dans l’indifférence générale. La bienpensance a gagné sans quitter bureaux climatisés et tribunaux, sans même voir un seul oiseau, c’est tellement intelligent, il suffisait de déclarer les espèces protégées pour enrayer le déclin.
    Et ils réfléchissent déjà avec leurs avocats aux prochaines actions, procès, recours….un bon business qui rémunère dirigeants d’associations, avocats spécialisés sans jamais salir une chaussure sur le terrain

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