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Chasse Actu
date 08 septembre 2026
author Richard sur Terre

Le grand tétras et le lagopède alpin sont devenus des espèces protégées. Reste à savoir qui montera entretenir leurs milieux, maintenant que la victoire est revendiquée.

Deux textes sont parus au Journal officiel mardi 8 septembre. Le premier sort le tétras urogalle et le lagopède alpin de l’arrêté du 26 juin 1987, celui qui fixe la liste des espèces de gibier dont la chasse est autorisée, où ils figuraient encore la semaine dernière. Le second les ajoute à l’article 3 de l’arrêté du 29 octobre 2009, la liste des oiseaux protégés, qui n’avait accueilli aucune espèce nouvelle depuis dix-sept ans.

La différence avec la situation antérieure tient en un mot. Le grand tétras n’était plus chassé depuis la décision du Conseil d’État du 1er juin 2022, qui avait suspendu sa chasse pour cinq ans, avec une échéance en 2027. Le lagopède alpin suivait le même régime depuis mars dernier. Ces suspensions avaient un terme et une clause de retour : observer, mesurer, décider ensuite. Le terme vient de disparaître. Il faudra désormais un nouvel arrêté ministériel, contre un régime de protection stricte, pour revenir sur ce statut.

L’article 3 va plus loin que l’interdiction de tirer. Il protège les œufs, les nids, les sites de reproduction et les aires de repos, qui ne peuvent plus être détruits ni dégradés. Le sujet se déplace donc vers l’habitat, ce qui correspond enfin à ce qui fait décliner ces oiseaux : le réchauffement, la fermeture des milieux, le dérangement hivernal, les collisions.

Fin septembre 2025, la fédération des chasseurs de Haute-Garonne est intervenue sur la commune d’Oô pour restaurer plus de deux hectares de milieux, soit près de dix kilomètres linéaires de couverts favorables à la reproduction du grand tétras. Le chantier s’inscrit dans le projet AVESPYR, qui couvre aussi la visualisation des clôtures agricoles et forestières et le balisage des câbles de remontées mécaniques.

A lire aussi : Grand Tétras et Lagopède alpin : la FNC dénonce une décision « idéologique »  

Trois ans après le début du moratoire. Sans un oiseau à ramener, sans un jour de chasse à espérer au bout. Le travail a été fait parce qu’il y avait un habitat à ouvrir et des câbles à rendre visibles, et pour rien d’autre.

Dans son message publié mardi matin, One Voice annonce que quatre autres galliformes de montagne restent chassables en France et promet de se battre pour eux. Rien sur les câbles. Rien sur le dérangement hivernal. Rien sur les zones de quiétude ni sur l’artificialisation des versants, alors que l’arrêté célébré vient précisément d’ouvrir une prise juridique sur ces sujets. L’obsession ne se cache même pas.

Une question reste ouverte pour tout le monde : le classement ne crée aucune obligation d’entretien des milieux et n’attribue aucun budget. Il ne dit pas qui commandera les plaquettes l’an prochain, qui négociera avec les exploitants de remontées mécaniques, qui montera compter les mâles au chant en avril. Il ne le dit pas davantage pour les fédérations, dont l’engagement s’inscrivait jusqu’ici dans un cadre de gestion adaptative qui vient de disparaître, que pour les associations qui célèbrent aujourd’hui et n’ont annoncé ni chantier ni financement.

Un télésiège ne se combat ni en une capture d’écran ni en un référé. Il faut une convention avec un exploitant, un inventaire de tronçons, des plaquettes commandées, des équipes qui montent quand la neige libère les crêtes.

Le plan de protection sur dix ans annoncé par Monique Barbut reste à écrire, avec les financements européens qu’elle dit désormais plus accessibles. Trois choses seront vérifiables dans les mois qui viennent : la liste des signataires de ce plan, le montant qu’y met chaque partie, et les noms présents au premier chantier de visualisation de juin. On sera là pour les compter.

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3 Commentaires :
  1. Jean 2
    08/09/26

    Bonsoir,hi hi ! Et oui !vous l’avez dit !article 3 ne protégera pas! ,pour ça , il faut des hommes, pour éviter que les œufs soit mangés,les nids détruits, pour ça il faut piéger !!!diminuer les prédateurs, et en vérité tous! mêmes ceux protégés.Pour les espaces, c’est pas gagné, le bisness touristique rentrera dans le jeu comme partout ailleurs et ce ministère n’y pourra rien!.Regardons les de loin et dans quelques années, nous ferons les commentaires adéquats,j’ai bien peur de les connaître déjà.

    1. Jean 1
      09/09/26

      Complètement d accord,dans les Vosges TOUS les grands tetras lâchés,qui ont été retrouvés morts,l ont été a la suite de prédation (publié par un scientifique qui suit le processus).que ces oiseaux ne soient plus chasses vu leur population ,c est normal mais les classer espèce protégée il sera compliqué de changer ce statut même,ce qui est a souhaiter leur état redevient satisfaisant.

  2. georges sigrist
    10/09/26

    La cata bien sur; protégés c’est à dire dérangés par les photographes, prolifération des prédateurs qui ne laissent que peu de chances à une population relictuelle. Qui va surveiller entretenir ? Ce n’est pas le film sur cet animal qui va le sauver ainsi que les lagopèdes.

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