Affaire Pilarski : les anti-chasse s’interrogent

Anti-chasse
date 03 juin 2024
author Léa Massey

L’avocat de Christophe Ellul, compagnon d’Élisa Pilarski, remet en cause les conclusions de l’enquête sur la mort de la jeune femme. Suivi de près par les anti-chasse.

Quatre années d’investigation viennent de s’achever sur un réquisitoire définitif dans l’affaire de la mort tragique d’Élisa Pilarski. Julien Morino-Ros, procureur de la République de Soissons, a requis le renvoi de Christophe Ellul, compagnon de la victime, devant le tribunal correctionnel pour « homicide involontaire par agression d’un chien ». Élisa Pilarski, âgée de 29 ans et enceinte, avait été retrouvée morte dans une forêt à Saint-Pierre-Aigle, dans l’Aisne, le 16 novembre 2019, victime de morsures de chien.

Le parquet conclut à « l’existence de charges suffisantes à l’encontre de Christophe Ellul », propriétaire du pitbull Curtis, supposé responsable de l’attaque mortelle. Toutefois, Me Alexandre Novion, avocat du mis en examen, conteste vivement cette décision, pointant de nombreux « manquements » dans l’enquête. « On s’y attendait mais dans cette affaire, il y a encore trop de choses troublantes », déclare Me Novion. Il critique les vétérinaires, affirmant qu’ils ont outrepassé leur mission et que l’origine de l’attaque de Curtis sur Élisa reste inexpliquée.

A lire aussi : Affaire Pilarski : procès pour Christophe Ellul 

Le réquisitoire, que « Sud Ouest » a pu consulter, est particulièrement détaillé. Le procureur souligne que Curtis, un pitbull importé illégalement des Pays-Bas et dressé au mordant, présentait un comportement incontrôlable en phase de morsure, selon les experts vétérinaires. Ce conditionnement extrême du chien ne connaissait pas de signal d’arrêt autre que la force physique ou l’épuisement.

Pour le ministère public, ces éléments démontrent que Curtis est « le seul animal à l’origine des blessures ayant causé la mort de la victime », écartant ainsi l’hypothèse d’une attaque par les chiens de chasse présents ce jour-là. L’expertise sur les chiens de chasse du Rallye de la Passion, présents dans la forêt, révèle que les morsures sur le corps d’Élisa ne correspondent pas à celles causées par ces chiens, mais bien aux caractéristiques physiques de Curtis.

Me Novion remet en question ces conclusions, critiquant notamment les méthodes d’odontologie utilisées. « On aurait dû employer d’autres moyens comme un scanner avec images en 3D », suggère-t-il, dénonçant une « sélection d’indices ».

L’avocat de Christophe Ellul semble oublier les conclusion ADN qui ont fini d’innocenter les chiens de chasse.

Soulignons également qu’aucune trace de lutte ni de pattes de chiens n’a été relevée sur les lieux par les enquêteurs, rendant très improbable la présence d’une meute à cet endroit.

Bien entendu, la meute anti-chasse, bien réelle celle-ci, est aux aguets pour relayer la thèse de l’avocat de l’accusé.

Le juge d’instruction dispose désormais de trois mois pour permettre aux parties de présenter leurs observations. Il décidera ensuite de suivre le réquisitoire et de saisir le tribunal correctionnel ou bien de prononcer un non-lieu.

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7 Commentaires :
  1. Lucien Jocteur Monrozier
    03/06/24

    Déni de réalité. Quand les conclusions d’une enquête sont remises en cause sans fondement valable. J’espère que le procès aura bien lieu pour cette pauvre femme et son bébé.

  2. OLGA
    03/06/24

    C’est minable, c’est minable !

    D’abord cette affaire lamentable, où est défendu l’indéfendable, devrait s’appeler l’affaire ELLUL, du nom du propriétaire du chien qui a tué Elisa PILARSKI.

    Ce minus vient encore contester les conclusions de l’enquête qui a coûté une fortune à la Justice. L’enquête a démontré que c’est Curtis le chien qui a tué Elisa, cette jeune femme enceinte. « L’ADN du chien Curtis est présent sur les blessures et sous les ongles d’Elisa PILARSKI ». « L’ADN des chiens de chasse ne figure nulle part ».

    On se demande s’il n’y a pas eu, dans cette affaire, effacement de traces ou indices sur une scène de crime pour tromper la Justice.
    Un chien de cette catégorie doit obligatoirement porter une muselière dans l’espace public. Encore une faute grave du propriétaire du chien.

    Bref, je suis écœurée quand je lis la défense retenue encore aujourd’hui par Christophe ELLUL et son avocat.

  3. Bruckner daniel
    03/06/24

    Donc, si je comprends bien l’avocat met en doute les conclusions des deux vétérinaires, les méthodes d’otonlogie, les analyses ADN et les constatations sur le terrain. Toute l’évidence est balayée. Un moment il faut arrêter, l’affaire en soi est déjà assez dure et malheureuse. Je crois que l’avocat devrait relir la signification du mot déontologie et ils devraient penser tous les deux à la famille d’Elisa Pilarski. Mais l’égoîsme de ce monsieur n’a aucune limite. Vivement qu’il se ramasse et bien.

  4. Philippe
    03/06/24

    Ellul donne l’impression d’essayer de se défausser, de fuir ses responsabilités alors que sa compagne et son enfant sont morts certainement de sa faute. La justice le dira. C’est un pauvre type.

  5. jacques
    04/06/24

    Normal le baveux doit mériter sa pitance !!!

  6. Alain
    09/06/24

    C’est le travail d’un avocat de la défense : rechercher toutes les failles, voire en « créer » pour provoquer le doute, et le doute doit profiter à l’accusé.
    Donc on peut le lui reprocher, mais dans tous les cas c’est à lui désormais de prouver l’existence et la consistance de ces failles. Et d’après ce que l’on sait déjà de l’enquête et du procès, c’est bien mal engagé.
    Mais par pitié, ne crachons pas sur le fait qu’un avocat de la défense soit obligatoire dans tout procès, et qu’il aie liberté de faire son travail.

    1. Bruckner daniel
      15/06/24

      Sur ce point vous avez raison. Mais même un avocat devrait voir les limites dans une affaire. Il fait du mal à la famille et ne peut que se ramasser. Sur un autre ton, il engorge les tribunaux et dépense l’argent public pour rien.
      N’empêche, une question qui me tourne dans la tête, qui va payer l’avocat car je suppose que le triste sire n’a pas d’argent.

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