Entre concurrence étrangère jugée déloyale, normes étouffantes et promesses politiques non tenues, les syndicats agricoles annoncent une mobilisation d’ampleur vendredi.
Après les syndicats le 18 septembre et le collectif « Bloquons tout » le 10, c’est au tour du monde agricole de descendre dans la rue. Vendredi 26 septembre, la FNSEA et les Jeunes Agriculteurs appellent à une « grande journée d’action » nationale. Si la Coordination rurale n’a pas officiellement signé l’appel, ses antennes locales préparent aussi des actions. Seule la Confédération paysanne se tient à l’écart, jugeant la démarche trop liée à la ligne de la FNSEA.
Les motifs de la colère
Dans le viseur : les œufs ukrainiens vendus en France sans respecter les normes imposées aux producteurs hexagonaux, l’accord UE-Mercosur qui ouvrirait la porte à la viande, au riz, au sucre ou encore au soja sud-américains, et les taxes américaines imposées sur certains produits agricoles. Autant de dossiers qui, selon les syndicats, mettent en péril l’équilibre déjà fragile de nombreuses filières.
« Nous attendons une date de rendez-vous avec Sébastien Lecornu dans les prochains jours », a rappelé Arnaud Rousseau, président de la FNSEA, déterminé à placer l’agriculture « au cœur des politiques publiques et de la PAC ».
Des actions à géométrie variable
Blocages de routes, descentes dans les supermarchés pour « vérifier les provenances », rassemblements devant les préfectures… Les actions seront décidées localement. En Haute-Garonne, une manifestation d’ampleur est déjà annoncée, avec des regroupements cantonaux. Dans la Manche, les agriculteurs comptent cibler la grande distribution.
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Arnaud Rousseau prévient : « À chacun sa façon d’exprimer sa colère. Dans un premier temps, nous voulons interpeller les décideurs et l’opinion. Mais ce n’est qu’une première étape. »
Un mouvement qui dure
Depuis janvier 2024, le monde agricole a montré sa capacité de nuisance : blocages d’axes routiers, opérations péages gratuits, déversements de lisier sur des bâtiments officiels… Si la colère avait semblé retomber après les annonces gouvernementales de février 2024, elle a rapidement repris de plus belle, notamment lors de l’« acte 2 » contre le traité Mercosur à l’automne. En 2025, le feu couvait toujours, alimenté par l’attente de la loi Duplomb et par la pression de la concurrence internationale.
Vendredi, les agriculteurs comptent bien rappeler au gouvernement Lecornu qu’ils sont encore debout — et qu’ils disposent de moyens de pression redoutables.
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