Le Conseil d’État a rejeté les recours de One Voice et de la LPO contre les arrêtés encadrant la chasse aux pantes de l’alouette des champs.
La décision rendue par le Conseil d’État sur la chasse aux pantes des alouettes vient sérieusement fissurer la belle mécanique anti-chasse.
La Haute juridiction a rejeté les recours dirigés contre les arrêtés encadrant cette pratique en Gironde, dans les Landes, le Lot-et-Garonne et les Pyrénées-Atlantiques. Et elle valide précisément les trois points sur lesquels les chasses traditionnelles sont attaquées depuis des années : la sélectivité, les faibles quantités prélevées et l’absence d’autre solution satisfaisante.
Autrement dit, non : le droit européen n’interdit pas les chasses traditionnelles par principe. Il impose seulement de les justifier.
Sur la sélectivité, le dossier a été considérablement renforcé. Expérimentations, contrôle des captures, formation obligatoire, surveillance des installations : il fallait démontrer tout ça.
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Même logique sur les prélèvements. Pour la campagne 2025-2026, le plafond avait été fixé à 98 702 alouettes. La FNC rappelle que ce chiffre représente moins de 1 % de la mortalité annuelle moyenne estimée d’une population européenne de 106 millions d’oiseaux. L’alouette des champs reste par ailleurs classée en « préoccupation mineure » à l’échelle européenne.
Mais le point le plus intéressant concerne cette « solution alternative » qui a longtemps servi de couperet juridique.
Le raisonnement était simple : puisqu’on peut tuer une alouette au fusil, pourquoi continuer à la capturer avec des filets ? Parce que la chasse aux pantes, ce sont des installations, des appelants, une connaissance des oiseaux, des gestes transmis, une manière particulière de pratiquer et d’observer. Une culture quoi. La réduire au seul fait de tuer une alouette revenait à vider la pratique de tout ce qui la constitue.
La chasse à tir n’est donc pas automatiquement une alternative équivalente. Ca c’est le fait nouveau et le plus important.
Pendant trop longtemps, le monde de la chasse a parfois cru que l’ancienneté d’une pratique suffisait à la légitimer. En face, les anti-chasse ont cru qu’il suffisait qu’une chasse soit traditionnelle pour la condamner.
Les deux raisonnements sont paresseux, mais cette fois, les chasseurs ont fait le travail.
Après les décisions défavorables intervenues depuis 2021, les textes ont été retravaillés, les justifications renforcées, des expérimentations ont été conduites et les pratiques davantage encadrées. La FNC, les fédérations départementales concernées et les services du ministère ont construit un dossier capable de passer l’épreuve du droit européen.
Et il a tenu.
C’est pourquoi cette décision dépasse largement quelques milliers d’alouettes et quelques filets tendus dans le Sud-Ouest.
Elle montre qu’une stratégie existe pour défendre nos chasses traditionnelles : arrêter de demander qu’on les préserve uniquement parce qu’elles sont anciennes et démontrer qu’elles sont compatibles avec la conservation des espèces. C’est moins romantique qu’un grand discours sur les cultures rurales c’est sûr. Mais devant un juge, bizarrement, les données fonctionnent mieux que les violons.
A voir en vidéo :










Oui mais les antitouts on quand même gagné. Car avec tout les tracas les autorisations annulées quelques jours plus tard il y a beaucoup de panteieres qui on abandonné et ne remonteront pas les filets .