Courlis, barge : le vote ignoré

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date 05 août 2026
author Richard sur Terre

Le ministère a prolongé jusqu’en 2027 le moratoire sur le courlis cendré et la barge à queue noire, malgré un avis défavorable du Conseil national de la chasse.

Le 23 juin 2026, le Conseil national de la chasse et de la faune sauvage examine le projet d’arrêté. Et pour couper court à toute tentative de sacrasme, Le CNCFS n’est pas un organe de chasseurs : il réunit trois collèges, représentants de l’État, représentants des chasseurs, et scientifiques ou associations de protection de la nature. Le vote donne 12 voix contre, 7 pour. Le rejet dépasse donc le seul collège cynégétique. Un mois plus tard, le texte est soumis à la consultation publique sans modification. L’arrêté publié le 29 juillet vise « l’avis du Conseil national de la chasse et de la faune sauvage en date du 23 juin 2026 », sans préciser son sens. L’an dernier, l’arrêté du 30 juillet 2025 mentionnait explicitement un avis favorable, rendu le 16 juillet 2025. La formulation change avec le résultat.

Le moratoire sur le courlis cendré remonte à 2019. Le Conseil d’État annule cette année-là un arrêté qui autorisait le prélèvement de 6 000 individus. Depuis, la chasse de l’espèce est suspendue chaque saison, sans interruption. Le texte de 2026 reprend l’argument des versions précédentes : l’ouverture reste conditionnée à la mise en place d’un plan international de gestion adaptative des prélèvements, prévu par le plan d’action adopté en 2015 dans le cadre de l’accord AEWA. Onze ans après, ce plan adaptatif n’est toujours pas opérationnel. Aucune date n’est fixée pour sa finalisation, ni dans l’arrêté ni dans les documents de consultation.

A lire aussi : 3 courlis cendrés tués à l’ouverture du DPM

Pour la barge à queue noire, le mécanisme diffère. Le plan AEWA adopté en 2008 a été renouvelé en décembre 2018 pour dix ans et interdit la chasse dans l’ensemble des pays signataires. L’échéance, elle, existe : 2028.

Pendant la consultation publique, ouverte du 3 au 24 juillet, plusieurs fédérations départementales relaient l’appel à mobilisation. La fédération de Vendée met en avant son travail de gestion agro-hydraulique en faveur de la barge à queue noire : pâturage extensif, maintien de l’eau dans les prairies au printemps. Les contributions déposées restent partagées entre associations de protection de la nature, favorables au texte, et monde cynégétique, qui conteste son fondement scientifique.

Le désaccord ne change rien à l’issue. Le moratoire est reconduit jusqu’au 1er juillet 2027, et la chasse du courlis cendré comme de la barge à queue noire reste suspendue sur l’ensemble du territoire métropolitain pour une septième saison consécutive.

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2 Commentaires :
  1. Pineau
    05/08/26

    Ce qu’il y de fascinant dans notre pays, c’est le concours permanent de la mesurette qui n’a rien à voir avec l’enjeu ou la cause principale du sujet à traiter.
    Ça permet à tout un tas de gens d’exister, tout en masquant leur incompétence, lâcheté… à entreprendre des actions complexes et difficiles mais qui sont pourtant les seules efficaces.

  2. Jean 2
    05/08/26

    Bonjour, à quoi sert le vote du cncfs,puisqu’il faut un plan international de gestion adaptatif, qui ne veut pas venir,on nous prend pour des » gogos »

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