En Isère, un commissaire-enquêteur vient de déclencher la première procédure de lanceur d’alerte jamais utilisée en France pour dénoncer la mortalité d’espèces protégées imputée à trois parcs éoliens.
Éoliennes : un lanceur d’alerte dénonce une hécatombe d’oiseaux et de chauves-souris – par @lamoureuxnath https://t.co/iwLLILKmZV
— Géraldine Woessner (@GeWoessner) April 28, 2026
via @LePoint
Le code de l’environnement est catégorique : détruire des espèces protégées est un délit. Sauf à obtenir une dérogation préfectorale, encadrée, et motivée. Gabriel Ullmann, docteur ingénieur et commissaire-enquêteur, a pris cette règle au mot. Il a saisi les préfets de l’Isère, de la Drôme et de la région Auvergne-Rhône-Alpes, l’Inspection générale de l’environnement, et le procureur de la République de Grenoble pour « délit de destruction d’espèces protégées avec négligence grave ». Première en France : il a eu recours pour ce faire à la procédure réservée aux lanceurs d’alerte.
Tout part d’un dossier ordinaire. Ullmann préside la commission d’enquête relative au projet de parc éolien des Chambarans, en Isère. En examinant les impacts cumulés avec les installations voisines déjà en service (Montrigaud, Thivolet, Terres Blanches) il demande à la Dreal les suivis de mortalité imposés aux exploitants. Ce qu’il découvre débouche sur une expertise indépendante ordonnée par le tribunal administratif de Grenoble, confiée au chercheur Christian Kerbiriou, du Muséum national d’histoire naturelle. Résultat : entre 2018 et 2021, en moyenne 40 Noctules communes et 227 Noctules de Leisler tuées chaque année sur les trois parcs. Pour la seule année 2018, sur le parc de Montrigaud, l’expert estime à 348 le nombre d’individus appartenant aux espèces de haut vol. En 2023, malgré un plan de bridage, la mortalité corrigée atteignait encore 29 individus sur deux des trois parcs.
Ces chiffres sont parlants. L’expertise établit que pour une population de 900 individus, une mortalité annuelle de 15 chauves-souris (soit 1,5 %) peut suffire à fragiliser son état de conservation. Pour la Noctule de Leisler, le seuil critique descend à 0,4 individu par an pour une population locale de 25 individus. Et la mortalité hivernale, période où les suivis réglementaires ne sont pas réalisés, reste entièrement inconnue, alors que le réchauffement climatique prolonge l’activité des chiroptères bien au-delà des fenêtres de bridage.
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Le vice juridique est net. Aucun des trois parcs ne dispose de la dérogation à l’interdiction de destruction d’espèces protégées pourtant exigée par le code de l’environnement. Or le Conseil d’État a confirmé qu’une telle dérogation peut être réclamée même pour une installation déjà définitivement autorisée. « Des parcs sont exploités de façon illégale, des espèces protégées sont détruites chaque année, et l’exploitant comme l’administration s’en accommodent », résume Ullmann dans Le Point.
Il va plus loin. Selon lui, ce cas n’est pas isolé : les trois quarts des parcs éoliens français existants n’auraient jamais déposé la moindre demande de dérogation. Si l’exploitant ne demande pas la dérogation, l’administration ne la réclame pas d’elle-même. La procédure est lourde, coûteuse, et personne n’a intérêt à ouvrir le dossier.
Un précédent judiciaire commence pourtant à modifier l’équilibre. Le 16 avril dernier, la Cour administrative d’appel de Toulouse a ordonné l’arrêt diurne saisonnier des éoliennes du parc du Causse-d’Aumelas, dans l’Hérault, exploité par EDF Power Solutions sans dérogation espèces protégées, malgré une mortalité documentée du Faucon crécerellette. Cette décision s’inscrit dans une série contentieuse rare : condamnation civile en 2021, confirmée en cassation en 2022, puis pénale en 2025.
Ullmann espère deux décisions des préfets : un arrêté complémentaire durcissant les conditions d’exploitation, et une mise en demeure imposant le dépôt d’une demande de dérogation dans les six mois. « Je suis moyennement confiant », reconnaît-il. Il a lancé l’alerte quand même.
A voir en vidéo :











Ceux qui se sont battus pour les éoliennes ne pourront pas se battre contre maintenant. Alors qu’est ce qu’on fait on ?
Bonjour,
Ce n’est qu’un point de vue, il faut rester ouvert (il y a de multiples types d’éoliennes non polluantes et non létales), mais je répète ce qui a souvent été dit :
L’éolienne telle que celle sur la photo pollue le paysage, pollue par le fait qu’elle fait beaucoup de bruit et pollue indirectement parce qu’elle a besoin d’énergies de substitution en cas d’absence de vent.
Bref, choisissons des éoliennes plates, sur les toits des immeubles et maisons qui ne tueront presque aucun oiseau ou insecte ou papillon. Qui ne pollueront pas le paysage et qui seront bien meilleur marché.
C’est facile à dire. Oui. C’est aussi facile à faire.
Thierry
Voilà le résultat obtenu sous la pression d’une bande d’escrologistes bas du front, incompétents et totalement englués dans une idéologie stupide et ridicule alors qu’il existait en France la filière électro-nucléaire qui évitait ces nuisances en étant bien plus efficace en termes de production et en procurant une énergie à un coût bien inférieur. Filière qui contrairement à celle des éoliennes est bien plus sévèrement contrôlée et se DOIT d’avoir TOUTES les autorisations pour son exploitation.
a mon avis la seule solution est de les enterrées
Bonjour,
Belle article sur le soit disant respect de la biodiversité par des soit disant écolos qui n’y connaissent absolument rien.
Une élise d’éolienne tourne à plus de 200k/h comment voulez vous que des oiseaux, chauve souris et autres animaux volants puissent les éviter.
Les relevés réalisés en Rhone Alpes ne sont qu’une infime partie de la vérité, combien de volatiles meurent par les éoliennes installées aux large de côte, manche et atlantique ?
A bon entendeurs…!
Bonjour,
Belle article sur le soit disant respect de la biodiversité par des soit disant écolos qui n’y connaissent absolument rien.
Une élise d’éolienne tourne à plus de 200k/h comment voulez vous que des oiseaux, chauve souris et autres animaux volants puissent les éviter.
Les relevés réalisés en Rhone Alpes ne sont qu’une infime partie de la vérité, combien de volatiles meurent par les éoliennes installées aux large de côte, manche et atlantique ?
A bon entendeurs…!