Être chasseur en 2022

Être chasseur en 2022, ça veut dire quoi ?

Vaste question qui ne saurait trouver sa réponse dans une chronique aussi courte. Chiche ?

Texte : Richard sur Terre

Au milieu du bruit et de la fureur des réseaux sociaux, se tient le chasseur moderne ; remis en question dans sa pratique, en permanence victime des mensonges et de la calomnie, il garde le menton haut. Et il faut lui tirer notre chapeau. Oui, c’est une sorte d’auto-tirage de chapeau. Mieux ne vaut pas compter sur les autres pour ça après tout. Entre les 5% de français anti-chasse et les 75% qui n’en ont rien à cirer, le chasseur français se tortille comme il peut pour exister malgré tout.

Et mes amis, c’est beau à voir ! Il marche sous les insultes, on remet en cause ses qualités de parent, de maître pour ses chiens. On va même jusqu’à lui coller des étiquettes indignes de tueur de femmes ou je ne sais quelle joyeuseté qui tourne dans le champ lexical de ce qui se fait de pire chez les humains.

 Et croyez-vous qu’il s’arrête, le chasseur ? Croyez-vous qu’il décide finalement de raccrocher le fusil pour se consacrer au macramé ? Que néni ! Et tout au contraire ! Le nombre d’inscrits au permis de chasser repart à la hausse !

 

Alors, maso le chasseur ?

Non. Ce qui le pousse à chasser malgré tout, au-delà de la passion qui est la sienne, c’est l’esprit de résistance. Et j’ose croire que c’est ce même esprit très français qui amène le non-chasseur à franchir le pas.

Parce qu’il y a une chose qu’il déteste, le français, c’est être pris pour un benêt d’église. Quand il se rend compte que c’est le cas, il brandit haut son impertinence légendaire, et trouve un moyen de résister.

Et chasser, c’est résister au dogme, à la bien-pensance ; c’est porter l’héritage de nos ancêtres et ouvrir les bras aux enfants de partout. C’est manger sa forêt et repousser les géants de l’industrie agroalimentaire qui nous préparent de la viande cellulaire. C’est ramasser trois cèpes au passage et s’en faire une poêlée. C’est sortir sous la pluie malgré le sketch « tellement drôle » d’un chroniqueur sur France Inter. C’est refuser d’abandonner un des derniers bastions de liberté.

Gardez le cap, mes amis !

Vous le voyez, qu’il faut une bonne dose de courage et d’engagement pour ne pas céder aux sirènes du camps du bien ! Pour ne pas devenir un « chasseur repenti », heureux d’exhiber sa nouvelle auréole en carton ; de recevoir ainsi les honneurs du converti !

 

Gardez le cap, mes amis. Car l’année qui s’annonce apportera son lot d’épreuves. Notre liberté de chasser sera encore attaquée. Dans les médias ou dans les hémicycles, nous serons encore salis.

Mais que celui qui marche sous le crachat des ineptes se rassure, et se dise que c’est la triste récompense des derniers gardiens du bon sens.

Qui se fera convaincre par des gens qui suivent les Jadot, les Rousseaux, les Clément, les Rigaux et les Thouy ?

 Prions Saint-Hubert pour que nos adversaires ne cessent de se vautrer dans la médiocrité intellectuelle. Elle ne mène nulle part. Et elle finit de convaincre les indécis qui n’ont pas envie de se voir enfermés dans leurs délires « rive gauche ».

 Ce chasseur moderne, celui qui met encore ses bottes pour aller battre la campagne (même quand le temps est moche ! Oui…j’ai remarqué qu’il y avait beaucoup moins de soucis de cohabitation avec le lanceur de baballes quand le vent du nord fait craquer la campagne !), ce chasseur-là, qui se grandit quand la chienne lui saute tout autour en attendant que la porte du coffre ne se lève enfin, qui vit pour sa famille, ses animaux, sa chasse…ce chasseur-là est dans le vrai. Il vit la modernité la plus absolue. Il est un « circuit court » à lui tout seul, un consommateur raisonné de la nature, et une vigie parfaite, qui prévient les autres, là-bas, quand un déséquilibre se présente.

Adishatz !

Il y a quelques mois, je m’entretenais avec un vieux landais. Vous savez, celui avec le C15 et la maïs aux bec. Il ne me connaissait pas évidemment. Je l’ai croisé au milieu des bois. Je vous retranscris la conversation, après qu’il m’ait demandé ce que je fabriquais dans le village, et que je lui aie répondu que mon métier c’était de défendre la chasse sur les réseaux sociaux.

– C’est des conneries tout ça…beup ! M’a-t-il dit, un brin agacé. Tu devrais chasser au lieu de t’occuper des cons.

– Bah euh…ouais. Mais il veulent plus qu’on chasse, voyez.

– Et qu’est-ce qu’ils vont faire hein ? Ca fait trente ans que la chasse doit s’arrêter et pis quoi ? On est là, non ?

– Oui mais là c’est un peu chaud quand-même…ils votent des lois pour vous empêcher d’aller à la palombière par exemple!

Et là, il a éclaté de rire. D’un vrai rire qui dévoilait trois dents (oui, j’ai eu le temps de compter). Son pointer hors d’âge a penché la tête d’un air interrogatif. Il a fini par dire :

– Nan mais t’es pas un peu fou nan ? La palombière elle est dans la famille depuis au moins cinq générations ! Tu dis n’importe quoi mon drôle…

Et il s’est éloigné en clopinant non sans m’avoir envoyé un “Adishatz !” tonitruant qui a résonné longtemps dans les grands pins.

C’est pour lui que je me bats. Pour que jamais il ne réalise qu’il a failli perdre sa cabane.

Nous sommes tous des gardiens. Des gardiens de la nature, des gardiens du savoir, des traditions, des langues et du bonheur d’être ensemble. Des gardiens qui se battent, qui se défendent, avec honneur et force, sans jamais tomber dans les travers des idiots.

Ce sera ça, être chasseur dorénavant. Jusqu’à ce que les langues mauvaises tombent d’elles-même dans l’indifférence promise aux fous.

 

Les Nouveaux Prédateurs

Comment ils menacent les hommes sans protéger les animaux

Un essai engagé qui met en évidence les dérives de l’écologie radicale et des militants antispécistes.
Protéger les animaux, leur assurer des conditions de vie décentes, consommer autrement en respectant notre environnement… Qui serait en désaccord avec ces principes fondamentaux ? Mais, on le sait, l’enfer est souvent pavé de bonnes intentions. Aujourd’hui, les activistes antispécistes et les militants écologistes les plus radicaux détournent ces idées partagées par le plus grand nombre. Animés par une idéologie radicale, convaincus que l’intimidation peut remplacer l’échange démocratique, ils imposent, peu à peu, leur vision du ” meilleur des mondes ” : une société dans laquelle l’homme et l’animal seraient égaux en droits. Cette rupture philosophique ne peut être que dramatique, pour les humains mais aussi et surtout pour les animaux dont l’existence dépend en grande partie de nous.
Avec cet essai passionné, Charles-Henri Bachelier, spécialiste du monde rural et directeur de revues consacrées à la chasse et la nature, veut rétablir le débat et sortir des anathèmes. Argument contre argument, il met en lumière les limites et les dérives de la mouvance animaliste. Au fil des pages, il rappelle que la relation entre l’homme et l’animal est plus complexe qu’une accumulation de bons sentiments ou de slogans menaçants : il s’agit d’un lien fondamental, reposant sur des siècles de compréhension, de savoir-faire… bref, de civilisation. Un héritage que ce livre nous aide à mieux comprendre et à protéger.

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