Guillaume Meurice et la blague qui fait rire les copains

Anti-chasse
date 23 septembre 2026
author Richard sur Terre

Guillaume Meurice a fait d’une pétition sur les forêts brûlées une vanne sur les chasseurs tués par d’autres chasseurs. Elle fait rire…bon surtout ceux pour qui elle a été écrite (c’est-à-dire pas nous).

Il y a quelques jours, Guillaume Meurice a partagé un visuel de Reporterre sur Facebook qui relaye la pétition contre la chasse dans les forêts brûlées. Oui elle dépasse les 500 000 signatures. Pour ceux que ça intéresse, j’ai traité ce sujet en vidéo, vous la retrouverez en bas de cet édito. 

En légende, il a écrit : « En attendant l’abolition totale de la chasse (ou sa disparition par régulation des chasseurs par eux-mêmes) ». Je vais lui faire un cadeau d’entrée : oui c’est une blague. Ceux qui crieront à l’appel au meurtre se ridiculiseront. Ceux qui ressortiront la vieille question de savoir si on peut rire de tout perdront leur temps, puisque la réponse est oui. Reste à savoir de quoi on rit, et surtout avec qui. 

La pétition demande l’interdiction de la chasse dans les zones incendiées, un périmètre de protection autour de ces zones et un moratoire de trois ans au minimum. Si vous avez vu la vidéo, vous savez ce que j’en pense, mais dans tous les cas, c’est une proposition. Et une proposition, ça se débat. Mais Meurice préfère la ranger aussitôt dans un autre tiroir. Avec « en attendant l’abolition totale », la mesure devient une marche d’escalier. Faut reconnaître que c’est courageux comme proposition. Ca c’est un humoriste engagé ! 

Ensuite arrive la parenthèse enchantée, celle qui fait se bidonner : la « régulation des chasseurs par eux-mêmes ». Le jeu de mots est lisible même s’il n’a aucune vocation à convaincre qui que ce soit. Certainement pas un chasseur, et guère davantage celui qui hésite encore sur la question. Il s’adresse aux ceusses qui sont déjà d’accord. Aux ceusses qui se tordent de rire face à la mort accidentelle d’un chasseur, parce qu’il est de l’autre bord.

Les psychologues appellent ça l’humour de dénigrement. C’est un truc pompeux pour expliquer simplement qu’on rit aux dépens d’un groupe pour mieux souder le sien. D’un côté ça frappe l’adversaire et de l’autre ça resserre les rangs de ceux qui rient. Le rire devient alors une sorte de mot de passe. T’as ri, t’es des nôtres. T’as pas ri ? bah t’es du mauvais côté mon pote, ou au mieux t’as pas d’humour.

A lire aussi : Élevage et canicule : la mauvaise blague

Meurice aurait pu se payer un mauvais argument de chasseur. Y’a de quoi faire. Mais il a préféré les morts. La vanne évidemment ne tient qu’à condition qu’il existe des chasseurs tués par d’autres chasseurs. Il en existe. Ils sont même devenus depuis quelques années, les seules victimes de la chasse (4 l’année dernière). C’est ça qui sert de ressort comique. 

Encore une fois, c’est bien de l’humour. Noir et agressif certes, mais je n’ai aucune envie de prétendre le contraire. Ces nouveaux censeurs de l’humour me sortent par les trous de nez. Qu’on laisse Meurice faire du Meurice. 

Mais coller l’étiquette « humour » sur une phrase ne la vide pas de son sens pour autant. Une vanne peut être efficace et cruelle en même temps. Sauf qu’on pardonne plus facilement le mépris quand il tombe sur des gens qu’on avait déjà rangés parmi les méprisables.

Alors comprenez-moi bien : rien de tout ça n’est propre à Meurice ni à la chasse. Tous les groupes humains le font, chasseurs compris (je serais mal placé pour dire le contraire, même si je n’ai jamais, ni souhaité ni plaisanté sur la mort de qui que ce soit. Je dois manquer d’humour je suppose). 

Oui les amis, rire de ceux d’en face a un avantage très concret : pendant quelques secondes, on n’a plus à se demander s’ils auraient quelque chose de sensé à dire. Et ça bordel, c’est hyper reposant ! Les algorithmes, eux, ils ont fait leur choix depuis longtemps. Grace aux réseaux sociaux, des communautés entières se soudent désormais autour d’adversaires qui sont devenus des Hommes de paille…des divertissements.

Au départ, il y avait quand-même une vraie question. Que faire de la chasse dans un massif ravagé par le feu ? Ce débat-là aurait pu être passionnant. Mais en deux lignes, on est passé des forêts brûlées aux chasseurs qui se tuent entre eux. Et tout le monde a ri. Enfin pas tout le monde…ce qui était précisément l’objectif.

A voir en vidéo :

Richard sur Terre
Richard sur Terre Vidéaste et rédacteur en chef de Chasses Éternelles, Richard sur Terre travaille sur les questions liées à la chasse, à la ruralité et à la biodiversité.
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3 Commentaires :
  1. Ambroise
    23/09/26

    Meurice avec un M, comme Minable. De toute façon, quelle est la véritable influence de ce LFIste ?

  2. Jean 1
    23/09/26

    Le pire,c est de lui tendre un micro,a quand la disparition de la con…..bof il se croit futé.

  3. Pineau
    23/09/26

    Il serait plus efficace de reprendre la même photo avec un commentaire sur le même format du type « l’interdiction de la chasse dans les forêts brulées dépasse les 40000 ha….sur demande des chasseurs. » Et de la balancer en réponse.

    Pour le reste, la haine notamment, puisqu’on en est là, je crains des évènements avant l’aboutissement du combat culturel/éducatif qui prendra des années. Et à condition de répondre aux attaques avec une puissance de communication supérieure.

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