La LFDA découvre le droit administratif

Chasse Actu
date 13 mai 2026
author Richard sur Terre

La LFDA, qui condamne la vénerie « fermement » dès le deuxième paragraphe, vient de se découvrir une vocation inattendue : améliorer l’organisation de la chasse à courre. Le ministère a dit non.

Chasse à courre : le ministère ne souhaite pas renforcer son encadrement Il faut juste savoir que le ministère de la transition écologique est proche du milieu de la chasse ! www.fondation-droit-animal.org/126-chasse-a…

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— Chasse Abolition (@chasseabolition.bsky.social) 11 mai 2026 à 20:41

Il faut saluer la pirouette. On les imaginait mal, jusqu’ici, se soucier de la bonne tenue des équipages, mais que voulez-vous, les temps changent.

La démarche se veut pourtant sérieuse. La LFDA a sollicité un député, qui a posé une question écrite au ministère, lequel a répondu en novembre 2025 que le dispositif existant était suffisant. Mauvaise pioche. Qu’à cela ne tienne : la fondation publie une analyse en règle des lacunes de l’arrêté de 1982, pointe des imprécisions rédactionnelles, déplore l’absence de sanctions spécifiques, et conclut (ô surprise !) qu’il faut renforcer l’encadrement.

On comprend l’idée. Quand on ne peut pas interdire frontalement une pratique légale, on documente des incidents, on cartographie des vides juridiques, on interpelle le législateur, et on obtient un tour de vis. Et on recommence. Chaque nouvelle contrainte réglementaire est une victoire partielle. L’accumulation finit par rendre la pratique ingérable, coûteuse ou juridiquement risquée. 

Le problème, c’est que la LFDA ne s’en cache même pas. « Chasse de loisir particulièrement cruelle que la LFDA condamne fermement » : voilà posée, dès l’entrée, la conclusion qui précède l’analyse. Vous voyez de l’encadrement vous ? Moi non plus. 

A lire aussi : Chasse à courre : Hugo Clément « tombe des nues »

Le ministère, lui, a répondu non. Le dispositif est suffisant, il n’est pas prévu de le renforcer. C’est une information que vous ne lirez à peu près nulle part, tant elle contrarie le récit d’une vénerie hors-la-loi que personne ne surveille. 

Mais ce n’est pas la fin de l’histoire, la LFDA le dit elle-même : elle craint « une multiplication des incidents ». Traduction : la saison prochaine, il y aura de nouveaux cas documentés, une nouvelle question parlementaire, un nouveau rapport. La mécanique est en marche.

Les associations ont compris que tenter d’interdire frontalement ne marche pas. Alors elles règlementent, elles encadrent, elles « sécurisent ». Jusqu’à ce que la pratique s’effondre sous son propre poids juridique. C’est plus présentable que l’abolitionnisme affiché, et tout aussi inefficace. Assez distrayant en revanche.

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