La REV et la violence

Antispécisme
date 24 juin 2026
author Richard sur Terre

Une étude relayée par la REV établit un lien réel entre violences conjugales et maltraitance animale. Mais le glissement implicite opéré ensuite vers la chasse et la consommation d’animaux est une escroquerie intellectuelle. Décryptage.

L’enquête citée par la REV établit ceci : 48 et 71 % des femmes victimes de violences conjugales rapportent également des violences sur l’animal du foyer. Les refuges qui accueillent désormais les animaux des femmes en fuite l’ont fait précisément parce que le conjoint violent frappe le chien pour intimider sa femme, menace de tuer le chat si elle part, isole la victime en s’attaquant à ce qu’elle aime.

Mais il y a une lecture plus simple encore, que l’étude confirme implicitement : la violence n’est pas un comportement qui se déclenche selon la cible. C’est un trait de la personne qui raconte son rapport au pouvoir, au contrôle, à la frustration. Un homme capable de frapper sa femme ou ses enfants n’a aucune raison de s’arrêter à la porte de la niche. L’animal n’est pas choisi parce qu’il est un animal. Il est choisi parce qu’il est disponible, sans défense, incapable de témoigner etc. La même pulsion de violence s’exprime sur tout l’entourage, qu’il soit humain ou animal.

C’est ça que mesure l’étude : deux expressions d’une même violence, chez le même individu.

La REV conclut que « les droits des animaux sont un enjeu de droits humains » et que la lutte doit être « globale et radicale ». Le tour est joué : une fois la violence définie par son seul résultat (l’animal a souffert, l’animal est mort), n’importe quel rapport entre l’homme et l’animal devient une variante du même crime. La mort d’un sanglier à la chasse ou l’abattage d’un poulet pour la consommation humaine deviennent structurellement identiques au chat balancé par la fenêtre par un conjoint en rage.

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Amalgamer ces deux réalités est une escroquerie antispéciste récurrente. 

Mais la question se pose : ces structures savent-elles ce qu’elles font ? Il serait commode de répondre par le mensonge délibéré. Mais je pense que la réalité est plus inquiétante : des organisations comme la REV, L214 ou le Parti Animaliste emploient des personnes qui connaissent parfaitement la différence entre un acte de domination et un acte de chasse ou de consommation. Ce n’est donc pas, à l’échelle individuelle, un mensonge construit « sur le moment ». J’y vois plutôt la grille de lecture antispéciste qui a déjà aplati la distinction dans son logiciel même. 

Et ce logiciel sert une fonction précise : faire glisser, étude après étude, l’opinion publique vers l’idée que toute mise à mort animale relève du même registre moral que la cruauté domestique. Une étude sérieuse sur la corrélation entre violences conjugales et maltraitance animale devient ainsi, en quelques lignes, un argument contre le permis de chasser et la consommation de viande. 

Reste à parier sur l’intelligence collective pour ne pas tomber dans les pièges tendus par des officines de propagande qui, on le sait, ne s’arrêteront pas.


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