1800 lieutenants de louveterie conduisent battues et régulations nocturnes sur ordre préfectoral, sans couverture garantie, souvent sur leurs deniers. Une proposition de loi veut corriger l’anomalie.
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— Police de la chasse (@Agents_Fdc) May 15, 2026
Proposition de loi portant création d'un statut pour les lieutenants de louveterie, n° 1634, déposée le mardi 24 juin 2025.https://t.co/lg1KTQaZRd
Jean est lieutenant de louveterie dans la Marne depuis dix-huit ans. Il ne s’en plaindra pas, c’est pas le genre de la maison. Mais si vous lui demandez combien lui a coûté sa lunette thermique, il vous répondra sans détour : autour de 3 000 euros, sortis de sa poche. Son collègue de la préfecture voisine, lui, a été équipé par l’État. Même mission, même risque, traitement différent selon que le préfet du coin a ou non inscrit la ligne au budget.
Ce déséquilibre est au cœur de la proposition de loi déposée le 24 juin par Sophie Pantel et Jean-François Rousset, cosignée par plus d’une centaine de parlementaires allant de François Hollande à Antoine Armand. La France compte 1 800 lieutenants de louveterie bénévoles nommés par le préfet. Ils n’ont aujourd’hui pour tout cadre légal qu’un article du code de l’environnement.
Ce que le texte change
Le modèle retenu est celui des pompiers volontaires : bénévolat maintenu, mais couverture assurantielle garantie par l’État, protection juridique dans l’exercice des fonctions, droit à l’absence professionnelle sans risque de sanction disciplinaire. À la nomination, chaque louvetier recevrait une dotation obligatoire (carabine, jumelles de vision nocturne, tenues homologuées) renouvelée tous les cinq ans. Les frais de mission (kilométrage, repas, vétérinaire pour les chiens blessés en service) seraient remboursés sur base réglementaire, non laissés à la discrétion locale.
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Une réunion annuelle départementale, sous l’autorité du préfet, réunirait louvetiers, fédérations de chasseurs, représentants agricoles et associations de protection de la nature. Aujourd’hui, cette coordination n’existe pas formellement.
Pourquoi maintenant
La France comptait 2,2 millions de chasseurs en 1975. Elle en compte aujourd’hui moins d’un million. Cette érosion s’est opérée alors même que les nouvelles densités d’animaux nous confrontent à de nouveaux défis. Elle a concentré la pression sur ceux qui restent, louvetiers en tête. L’Office français de la biodiversité le confirme dans son rapport d’activité : les sollicitations des lieutenants par les services de l’État sont en hausse constante.
Le financement prévu (une taxe additionnelle sur le tabac) est un aveu budgétaire autant qu’une solution. Mais la vraie question que pose ce texte est plus simple : quand l’État mandate des citoyens pour accomplir une mission en son nom, à quel moment est-il décent de les laisser payer leur propre équipement ?
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