Un loup de Normandie atterrit dans les Alpes

Chasse Actu
date 09 juin 2026
author Richard sur Terre

Un loup capturé accidentellement en Seine-Maritime a été relâché le 15 mai dans l’arc alpin par décision préfectorale. Dans les Alpes de Haute-Provence, les Jeunes Agriculteurs ont déposé une plainte pénale contre l’État.

Le 10 mai 2026, un piégeur agréé signale à l’OFB la présence d’une louve vivante dans un piège à renard sur la commune de Saint-Pierre-des-Jonquières, en Seine-Maritime. L’animal est en bonne santé. Il est placé provisoirement au parc animalier de Muchedent, dans le même département, le temps que la préfecture statue. Le 13 mai, celle-ci annonce sa décision : la louve sera relâchée dans l’arc alpin. Le transfert a lieu dans la nuit du 14 au 15 mai.

La Normandie se débarrasse du problème. Les Alpes le reçoivent.

Les Jeunes Agriculteurs des Alpes de Haute-Provence ne décolèrent pas. Dans un communiqué daté du 8 juin 2026, ils rappellent que leur département est, selon eux, le plus prédaté de France depuis plus de trente-cinq ans. Ils avancent le chiffre de 1 450 bêtes perdues chaque année pour 550 attaques (des données qu’ils attribuent à leur propre bilan, distinctes des statistiques officielles de l’OFB).

Le syndicat annonce avoir déposé, conjointement avec l’ensemble des départements de l’arc alpin, une plainte pénale contre l’État le 8 juin 2026 pour mise en danger de la vie d’autrui. Le motif : la décision préfectorale exposerait les animaux d’élevage (et indirectement les éleveurs) à un risque aggravé, sans concertation préalable ni mesures de protection annoncées.

A lire aussi : Loup : le complotisme de L’ASPAS

La louve capturée en Seine-Maritime n’avait, à la date de sa capture, aucune attaque de troupeau documentée à son actif. Elle dispersait (comportement ordinaire d’un loup juvénile quittant sa meute pour coloniser un nouveau territoire). La relâcher en Normandie, à proximité de son lieu de capture, constituait l’option conforme au cadre réglementaire selon plusieurs associations animalistes, dont FNE Normandie, qui ont saisi le tribunal administratif de Rouen en urgence. Celui-ci a rejeté leur demande, la louve ayant déjà été transférée.

L’État a donc déplacé un individu en dispersion naturelle vers la zone de France où la pression sur les troupeaux est déjà la plus forte, et où la conflictualité autour du loup est la plus ancienne. Les JA04 posent la question en termes pénaux. Elle se pose aussi en termes de simple cohérence territoriale.

A voir en vidéo :

Partager cet article
2 Commentaires :
  1. Jean 2
    09/06/26

    Bonjour, que dire ….. incroyable mais vrai!comme disent les agriculteurs « on marche sur la tête « 

  2. Marc
    09/06/26

    Il faut croire qu’ils n’y a pas assez de loups dans les Alpes …

Soumettre un commentaire

Dans la même catégorie

Articles les plus récents