Pomme : la louve abattue

Chasse Actu
date 21 juillet 2026
author Richard sur Terre

Une louve relâchée en mai dans les Alpes après sa capture en Normandie a été abattue le 17 juillet par un lieutenant de louveterie, dans des circonstances contestées. On fait le point.


Le 10 mai, une louve est capturée accidentellement dans une cage à renard à Saint-Pierre-des-Jonquières, en Seine-Maritime. L’espèce étant protégée, sa capture relevait de l’exception. Après un passage par le parc de Muchedent, elle est transférée dans les Alpes et relâchée, une décision de l’État contestée à l’époque par plusieurs associations qui plaidaient pour un maintien en Normandie. Deux mois plus tard, dans la nuit du 16 au 17 juillet, elle est abattue à La Bréole, dans les Alpes-de-Haute-Provence, par un lieutenant de louveterie. Selon l’OFB, cité par La Provence, l’animal avait parcouru plus de 500 kilomètres à travers quatre départements avant de commencer à se sédentariser au sud du lac de Serre-Ponçon.

Le tir est présenté comme un tir de défense légal. Benjamin Ferrand, président des Jeunes Agriculteurs des Alpes-de-Haute-Provence, affirme à France 3 que la louve a été prélevée en flagrant délit d’attaque sur un troupeau. À l’inverse, plusieurs associations de protection animale, dont One Voice et la Fondation Brigitte Bardot, avancent que les données du collier GPS de l’animal contrediraient cette version et écarteraient sa responsabilité dans le dommage à l’origine du tir. Aucune des deux versions n’a, à ce stade, été confirmée par une expertise indépendante rendue publique. Les Jeunes Agriculteurs du département reprochent par ailleurs à l’État un manque de transparence sur le relâcher de l’animal sur leur territoire, et devaient rencontrer les services préfectoraux dans la semaine.

Depuis février 2026, le loup n’est plus classé comme espèce strictement protégée en France, un changement de statut qui redéfinit les conditions dans lesquelles un tir de défense peut être déclenché. C’est dans ce cadre modifié que s’inscrit l’abattage de l’animal, et c’est ce cadre, plus que le cas individuel, qui déterminera la suite : la réponse que l’État apportera cette semaine aux Jeunes Agriculteurs du 04 vaudra pour tous les prochains loups relâchés dans le massif.

Pomme : la fabrique d’un symbole

Dans le même temps, le récit diffusé par les associations animalistes autour de la mort de la louve repose sur des techniques de communication précises, distinctes des faits eux-mêmes.

Le prénom vient en premier. Dans le communiqué de One Voice, la formule est explicite : l’association revendique avoir choisi ce nom pour que ne soit « jamais oubliée » l’origine normande de l’animal. Un loup sauvage devient ainsi un individu identifiable, doté d’une histoire personnelle, ce qui change la nature de l’attachement qu’il suscite chez le lecteur. La Fondation Brigitte Bardot reprend le même prénom dans son propre communiqué, sans le remettre en question ni le recontextualiser : le nom, une fois posé par la première association, circule ensuite comme un fait acquis.

A lire aussi : Loup : la dramatisation animaliste 

Le texte de One Voice cite le prénom Pomme à quatorze reprises sur un article de quelques centaines de mots. Cette répétition fonctionne comme un ancrage mnémonique, le même mécanisme que celui utilisé dans les campagnes de dons pour des causes individualisées. Le sort d’un animal précis, nommé, suivi kilomètre par kilomètre grâce à son collier GPS, se prête davantage à l’indignation qu’une statistique de population lupine.

La bascule s’opère dans la citation de la présidente de One Voice, Muriel Arnal, qui affirme que Pomme « n’est pas un cas isolé » et représente « tous ces loups désignés comme coupables ». Le cas individuel, dont les circonstances exactes restent disputées entre l’association et les représentants agricoles du département, sert alors de point d’appui à un discours plus large sur la politique de gestion du loup en France. C’est cette bascule, du fait divers au symbole médiatisé, qui prépare le terrain de la prochaine étape annoncée par l’association : une action organisée sur le lieu même de l’abattage, dont la date reste à venir.

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2 Commentaires :
  1. Fred
    22/07/26

    A chaque fois c’est le même problème, les tirs par les lieutenants de louveterie devraient être fait en toute discrétion, que ce soit pour Pomme , poire ou scoubidou, qui a intérêt à trop parler à chaque fois et remettre de l’huile sur le feu?

  2. Fred
    22/07/26

    A chaque fois c’est le même problème, les tirs par les lieutenants de louveterie devraient être fait en toute discrétion, que ce soit pour Pomme , poire ou scoubidou, qui a intérêt à trop parler à chaque fois et remettre de l’huile sur le feu?

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