Le retour de la rage ?

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date 24 juin 2026
author Léa Massey

Une étude de l’Anses documente le retour de la rage en Europe centrale depuis 2021. Variants, frontières, vaccination interrompue : on fait le point.

La rage avait disparu des radars en Europe de l’Ouest depuis des décennies. L’Anses, laboratoire de référence de l’Union européenne pour cette maladie, vient de publier les résultats d’une étude parue dans Emerging Infectious Diseases qui documente sa réapparition à l’Est depuis 2021.

En Pologne, alors que moins d’une dizaine d’animaux étaient infectés chaque année, 113 cas ont été dénombrés en 2021, dont 103 parmi la faune sauvage, principalement chez des renards, et 10 chez des animaux domestiques. Une seconde augmentation majeure a touché la Roumanie, la Hongrie et la Slovaquie en 2022, alors que ces deux derniers pays n’avaient détecté aucun cas depuis plusieurs années. Depuis, le virus continue de circuler, avec jusqu’à 109 cas identifiés en Roumanie en 2025. 

Le séquençage génétique a permis de remonter à l’origine de cette résurgence. Le groupe C de la rage, variant habituellement présent dans le sud de la Russie, près du Kazakhstan, et dans l’est de la Turquie, a été détecté en 2024 en Pologne et en Roumanie, alors qu’il n’avait pas été observé sur le territoire de l’Union européenne depuis une dizaine d’années. Il s’ajoute au variant NEE, présent en Europe centrale depuis les années 1990. 

La guerre coupable

L’Anses ne tourne pas autour du pot sur ce point. Emmanuelle Robardet, directrice du laboratoire de référence, souligne que la recrudescence de la rage en Europe illustre l’impact des conflits armés sur la santé et la faune sauvage. Le virus circulait en Ukraine avant la guerre, mais le nombre de cas a augmenté depuis, et les moyens de surveillance et de contrôle ont vraisemblablement été fortement perturbés. La vaccination de la faune sauvage, qui se fait normalement par largage aérien, a été interrompue ou doit être réalisée manuellement, ce qui la rend beaucoup plus difficile à mettre en œuvre. 

L’Agence va même plus loin sur le terrain écologique. La destruction des habitats et des ressources alimentaires par le conflit pourrait entraîner une dispersion de la faune sauvage, et donc du virus. Oui évidemment, un conflit armé de cette ampleur bouleverse les équilibres naturels.

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Malgré tout, la circulation du virus semble désormais sous contrôle en Pologne, en Hongrie et en Slovaquie, grâce à la vaccination des renards roux. La Roumanie, en revanche, a interrompu son programme de vaccination, et c’est précisément le pays qui affiche aujourd’hui le plus grand nombre de cas. La corrélation n’a rien de mystérieux. 

Evelyne Picard-Meyer, chargée de projet en virologie moléculaire au Laboratoire de la rage et de la faune sauvage, rappelle que sans vaccination, le virus risque de continuer à se propager chez le renard roux, augmentant le risque d’infection des populations. La réponse est connue depuis le Valais en 1978 : la vaccination orale par appâts a fonctionné partout où elle a été appliquée durablement, et la maladie revient partout où elle s’arrête. 

En 2025, un homme est mort de la rage en Roumanie après avoir été mordu par un chien errant, premier décès humain par transmission terrestre de la rage dans l’Union européenne depuis 2012. Chez l’être humain, l’issue est inéluctable une fois les premiers signes cliniques apparus : la vaccination dès l’exposition reste le seul recours. 

La France reste indemne depuis 2001, et le front se trouve à plus de mille kilomètres. Mais cette étude de l’ANSES nous rappelle que la gestion active de la faune sauvage (vaccination, surveillance, intervention humaine organisée) est la seule solution pérenne face à la rage. Dès que cette gestion s’arrête, pour des raisons géopolitiques ou idéologiques, le résultat est prévisible.


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4 Commentaires :
  1. Jean 2
    24/06/26

    Bonjour, tiens,tiens, et la rage du loup?pour bientôt ?c’est sûr.

  2. gilles FONTAINE-GARAND
    24/06/26

    Peut-etre un mal pour un bien!!!!!

  3. gilles FONTAINE-GARAND
    24/06/26

    Peut-etre un mal pour un bien !!!!

    1. herve
      24/06/26

      Pas sûr qu’ il y ait un bien la dedans !!

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