Rejeté par 84 voix contre 14, l’amendement Rousseau taxait la viande transformée et épargnait le bio. La venaison industrielle, que le droit européen exclut du label, restait taxable.
🚨🥩 NEWS I Sandrine Rousseau a proposé de taxer certains produits industriels contenant de la viande transformée, notamment pour des raisons sanitaires et environnementales. L’Assemblée nationale a rejeté son amendement par 84 voix contre 14. https://t.co/vSfpy8cCqs
— LITTLE BIG THINGS (@lbtofficiel) October 23, 2026
Jeudi soir 22 octobre, Sandrine Rousseau présente dans l’hémicycle l’amendement n° 2030 au projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2027. Elle l’introduit comme un texte qui « va sans doute beaucoup plaire au camp d’en face », puisqu’il instaure une taxe sur la viande. Les bancs du RN et de l’UDR s’agitent. La députée écologiste enchaîne : « Voilà : tous les chasseurs de mammouths sortent de leurs cavernes. »
Le dispositif crée une contribution de 10 centimes pour 100 grammes de viande contenue dans les produits transformés, due par l’entreprise qui réalise la première livraison en France. Deux familles de produits en sortent : ceux que des artisans fabriquent et vendent directement au consommateur, et ceux issus de la production biologique au sens du règlement européen 2018/848.
Devant les députés, Sandrine Rousseau a décrit sa cible : les transformateurs qui ajoutent à la viande « tout un tas de produits », en laissant de côté les producteurs et les éleveurs qui vendent en direct. Elle s’appuie sur le classement de la viande transformée comme cancérogène pour le côlon, établi en 2015 par le Centre international de recherche sur le cancer.
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Le gibier, hors du bio par définition
Le règlement européen sur la production biologique contient une ligne que l’amendement passe sous silence : les produits de la chasse d’animaux sauvages sont exclus du bio. Le label certifie un mode d’élevage, de l’alimentation aux soins vétérinaires. Un chevreuil tiré à l’affût vit en dehors de tout cahier des charges.
Appliqué tel quel, le texte aurait taxé la terrine de sanglier ou le saucisson de cerf fabriqués par un industriel et vendus en grande surface, au prorata de leur teneur en viande. Une terrine de 200 grammes composée pour moitié de viande aurait supporté dix centimes. Le pâté de porc labellisé AB, dans le même rayon, sortait du champ de la contribution.
Pour la venaison, la seule sortie passait par l’exemption artisanale : le charcutier ou le traiteur qui prépare lui-même sa terrine de chevreuil et la vend à son comptoir. Le chasseur qui fait la sienne dans sa cuisine restait hors du mécanisme, assis sur les livraisons commerciales.
Rejeté, puis emporté avec tout le budget
Laurent Jacobelli (RN) a jugé l’amendement « risible » et « stupide ». Sandrine Rousseau a rassuré « les bancs d’en face » : leur « virilité » n’était « pas en cause ». Le vote a suivi : 84 voix contre, 14 pour.
Le lendemain, vendredi 23 octobre, l’Assemblée a rejeté la partie recettes du PLFSS. Faute de recettes adoptées, les dépenses ne peuvent être examinées et l’ensemble du texte est considéré comme rejeté en première lecture. Le projet initial du gouvernement visait les produits sucrés transformés et laissait la viande de côté.
Pour revenir, la contribution devra être redéposée par amendement, au Sénat ou en nouvelle lecture. Si elle revient avec la même liste d’exemptions, une terrine de chevreuil paiera là où une rillette de porc bio passera sans frais.
A voir en vidéo :










C’est une escroquerie cet amendement !
Dans l’exposé des motifs expliquant l’amendement, il est fait état de risques de diabète, de maladies cardiovasculaires, d’insuffisance rénale liés à la consommation de VIANDE TRANSFORMÉE qui serait classée cancérogène certain pour le cancer colorectal. Ensuite, il est écrit « ces cas » représentent un coût élevé de plus de 50 milliards d’euros en 2021. Première escroquerie présentant un coût de 50 milliards d’euros pour les effets de la consommation de viande transformée
La deuxième escroquerie est dans le texte qui veut taxer « les produits préemballés CONTENANT DE LA VIANDE ».
N’EST PAS ÉCRIT « VIANDE TRANSFORMÉE ».
Si je comprends bien, serait taxé les plats du type blanquette de veau, coq au vin ou basquaise, bœuf bourguignon, etc…
Et le poisson ? Est-ce que le poisson est visé par cet amendement ?