Moratoire migrateurs : la mobilisation a payé

Chasse Actu
date 28 juin 2025
author Richard sur Terre

Face à la menace d’un moratoire injustifié sur neuf espèces chassables, le monde de la chasse a fait bloc. Grâce à une mobilisation sans précédent, le dialogue a été rétabli avec le gouvernement. Et la chasse retrouve son cap.

Il y a des moments où le monde cynégétique montre son vrai visage : solidaire, organisé, responsable. Cette semaine, à la suite d’un bras de fer engagé avec le ministère de la Transition écologique, c’est toute une communauté — chasseurs, fédérations, parlementaires, associations spécialisées — qui a uni ses forces pour défendre une chasse des migrateurs fondée sur la science, et non sur l’idéologie.

Un bras de fer stratégique

Tout a commencé par l’annonce d’un projet de moratoire brutal, porté par les services du ministère, visant neuf espèces d’oiseaux migrateurs. Saisie à la hâte, sans véritable consultation, cette décision s’appuyait sur une lecture biaisée des recommandations européennes.

Refusant de cautionner un simulacre de débat, la Fédération Nationale des Chasseurs a refusé de siéger au Conseil national de la chasse et de la faune sauvage (CNCFS). Objectif : faire sauter le quorum et empêcher toute validation de ces mesures précipitées. Cette stratégie de fermeté, assumée par Willy Schraen, a porté ses fruits. Le CNCFS a été reporté.

La ruralité fait bloc

Au-delà des fédérations, c’est tout l’écosystème rural qui s’est levé. L’ANCGE, LSF, UNACOM, les fédérations départementales, les chasseurs de tout le territoire, mais aussi les représentants du monde agricole, forestier, foncier, ont joué leur rôle. Dans un moment crucial, les querelles de clocher ont été mises de côté. L’union a fait la force.

Le soutien des parlementaires, notamment les présidents des groupes d’étude chasse et pêche de l’Assemblée et du Sénat, a également pesé lourd. Ces élus de terrain ont rappelé que la chasse populaire mérite d’être défendue comme patrimoine culturel, mais aussi comme outil de gestion écologique.

Le retour du dialogue… et de la raison

Ce front uni a permis de rouvrir le dialogue avec la ministre Agnès Pannier-Runacher. Et de faire entendre une autre voix que celle du dogme. Résultat : un nouvel accord a été négocié, sur la base des propositions de la FNC, qui seront examinées lors d’un prochain CNCFS. En attendant, les dates actuelles de chasse sont maintenues, ce qui constitue une victoire claire pour les chasseurs.

A lire aussi : Moratoire sur le gibier d’eau : les parlementaires s’en mêlent

Mais cette victoire n’est pas un point final. Elle marque au contraire le retour à une gestion adaptative, fondée sur la connaissance et la concertation. La FNC propose d’accélérer la mise en œuvre des Prélèvements Maximums Autorisés (PMA) sur les espèces concernées, comme cela se fait depuis 14 ans pour la bécasse. Avec un objectif : passer d’une écologie punitive à une écologie de gestion, souple, efficace, scientifique.

Une alerte utile

« Cette crise résolue doit nous conduire à anticiper », a rappelé Willy Schraen dans un communiqué. Il pointe un constat inquiétant : aucune réactualisation des données migratoires à l’échelle européenne depuis plus de dix ans. Il est temps de relancer un programme scientifique ambitieux, intégrant les chercheurs du monde cynégétique, afin que l’Europe cesse de légiférer à l’aveugle.


Cette séquence restera comme un tournant. Non seulement les chasseurs ont évité une injustice majeure, mais ils ont aussi prouvé leur capacité à peser, à s’unir, à proposer. La leçon est claire : quand la chasse se lève, elle peut gagner. Et elle le fera encore, car elle défend le bon sens, le terrain, et l’équilibre entre nature et culture.

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6 Commentaires :
  1. Marc
    28/06/25

    Maintenant nous savons se qu’il faudra faire en cas de nouvelle attaque , si nous avions agi ainsi il y a quelques mois , les anciens du sud pourraient encore transmettre la chasse à la glue à leurs petits enfants .

    1. Philippe
      29/06/25

      Vous avez raison. Nous devons absolument êtres solidaires. J’habite en Côte d’Or, je suis donc très éloigné géographiquement des chasseurs à la glu, des paloumayres et des sauvaginiers du littoral. Mais si on les attaque, je me sens attaqué.

  2. Jean 2
    28/06/25

    Bonjour, BRAVO!!!la mobilisation à payée, merci à tous les responsables, et à ceux qui ont participé !ainsi qu’aux sénateurs, et une partie des députés. Une autre épreuve arrive fin 2025″l’europe », »ne pas ranger les pancartes et les banderoles trop loin »

  3. François
    28/06/25

    Bon maintenant il faut que cette ministre inutile comprenne que les éoliennes sont des catastrophes écologique et financière… C’est pas gagné!

  4. Arlette Grenier
    01/07/25

    Bravo ! C’est beau les caprices pour tuer toujours plus
    Aucune morale

    1. Richard
      01/07/25

      Arlette, pourquoi tuer plus,non, continuer a chasser,des chasseurs espèces qui l ont toujours êtes.le canard siffleur dont des milliers sont tués en Hollande avec les oies ,nous il faudrait les regarder,beaucoup de zones humides ont été sauvées du remembrement dans les années 80 par les chasseurs avec leur argent.le caprice, c est surtout le votre ,vous qui voulez empêcher de pratiquer une activité légale,sous prétexte que vous n aimez pas.

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