L’ours a tué : le prix du réensauvagement ?

Chasse Actu
date 11 juin 2025
author Léa Massey

En Grèce, un randonneur est mort poussé dans un ravin par un ours. Derrière le drame, une question cruciale : comment cohabiter durablement avec les grands prédateurs ?

C’est une scène terrible, gravée à jamais dans les rétines et les souvenirs. Lundi 9 juin, dans les montagnes sauvages du massif des Rhodopes, au nord-est de la Grèce, un randonneur grec a trouvé la mort, précipité dans un ravin par un ours sous les yeux de son compagnon de marche. Un fait divers tragique, mais aussi un révélateur brutal de notre époque : celle du grand retour des prédateurs.

Christos Stavrianidis, passionné d’histoire et de nature, explorait avec un ami les sentiers menant à l’épave d’un avion militaire grec écrasé dans les années 1950. Ce jour-là, la randonnée a viré au drame. « J’ai vu brusquement un ours m’attaquer », a confié Dimitris Kioroglou au portail grec NewsIT. « Mon chien l’a retenu quelques secondes. J’ai utilisé un spray au poivre, il s’est alors dirigé vers mon ami et l’a fait tomber dans le vide. »

Si la scène glace le sang, elle n’est pas sans précédent dans les zones où l’ours recolonise des territoires depuis longtemps désertés. Pour Panos Stefanou, porte-parole d’Arktouros, organisation grecque de protection de la faune, l’animal aurait agi de manière défensive : « Il cherchait à repousser ce qu’il percevait comme une menace. »

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Et c’est bien là que le débat s’ouvre, non pas sur la légitimité du retour de l’ours — qui est un fait, souvent encouragé par des politiques publiques ou des dynamiques de conservation naturelles — mais sur notre capacité collective à organiser une coexistence pérenne.

Face au succès du retour (parfois aidé) des grands prédateurs en Europe, il devient urgent de sortir du déni ou du dogme. Les populations d’ours, de loups, de lynx, se redéploient avec une vigueur inattendue. Tant mieux, diront certains. Mais alors, il faudra des règles, de la prévoyance, de l’anticipation, et surtout du courage politique. Une nature réensauvagée ne se gère pas avec des slogans mais avec des stratégies.

Ce drame, survenu loin des projecteurs, rappelle que l’enjeu n’est plus théorique. Il est là, dans les forêts denses de Grèce comme dans les estives des Pyrénées. Ni catastrophisme, ni angélisme : juste un impératif de lucidité.

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6 Commentaires :
  1. Marc
    11/06/25

    Personnellement je me moque de savoir pourquoi cet ours a réagit comme ça , tout ce que je vois c’est qu’une bête sauvage , un grand prédateur a attaqué deux randonneurs et en a tué un . Maintenant il faut se poser les bonnes questions , soit nous leur abandonnons la nature et nous nous cloitrons dans les villes en attendant qu’ils viennent nous y chercher ce qui finira immanquablement par arriver , soit nous régulons sérieusement . Je ne vois pas d »autres solutions n’en déplaise à certains …

  2. Drago
    11/06/25

    Vous avez raison Marc , mais avant de réguler , il serait bien de ce faire escorter par des défenseurs de l ours , histoire d etre en sécurité et de leurs faire mettre en pratique la grande connaissance qu’ ils ont du nounours .
    Le réel, il faut le goutter , la théorie s accompagne toujours d une bonne pratique , et je suis sûr que dans ce cas , ils vous font 1 litre d huile avec une olive entre les deux fesses .

  3. Pierre
    12/06/25

    L’ours a tué.. et il tuera probablement encore.
    Mais combien de fois un chasseur a tué l’un de ses semblables ou des innocents? Combien de nos chiens domestiques ont tué, la plupart du temps des enfants?
    Etc..
    Donc il convient de rester rationnel et pragmatique.

    1. Jean1
      12/06/25

      Pierre,sauf qu ils vont se multiplier et les incidents ,avec.Dans certains pays,lorsqu un ours est dangereux,il est abbatu et les gens trouvent ça normal c est pas pour rien que d autres les chassent et puis si c était arrivé a un de vos proche vous ne tiendrez pas ce langage.

    2. Drago
      14/06/25

      Je ne vous le souhaite pas , mais si un jour vous avez un de vos enfants ou petits enfants défiguré à vie , tout les matins au reveille vous lui expliquerai pourquoi , tout en restant rationnel et pragmatique bien entendu .

  4. Bruckner daniel
    16/06/25

    L’ours a été chassé très longtemps en Roumanie sans que les populations s’effrondrent et personne ne parlait d’accident sur l’humain. Le seul problème concernait les dégats aux cultures et aux bétails. Jusqu’au jour où quelques personnes ont trouvé que chasser l’ours n’était pas bien donc chasse interdite, je répète, la population se portait bien. Voilà le résultat de cette décision, où est le bon sens ? Rouvrir la chasse avec des quotas fixés serait la meilleure solution, à mon sens.

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