NatureScot vient d’attribuer 9,2 millions de livres à 44 projets de restauration de la nature, dont un chantier de forêt pluviale à Appin qui suppose de réduire la population de cerfs.
The Durrell Wildlife Conservation Trust has finally ended pay-to-shoot deer stalking on its Dalnacardoch Estate after sustained pressure from animal rights campaigners. A huge win for wildlife, but killing deer in the name of “management” isn’t rewilding either. It’s time for… pic.twitter.com/PABWj5DoR6
— Protect the Wild (@ProtectTheWild_) November 4, 2025
L’agence publique écossaise a annoncé le 31 juillet l’attribution de 9,2 millions de livres à travers son « Nature Restoration Fund », lancé en 2021 et qui a déjà soutenu plus de 300 projets. Parmi les 44 lauréats de cette nouvelle vague, Appin Forest Services CIC reçoit un peu plus d’un million de livres pour régénérer les vestiges de forêt pluviale atlantique de la région d’Appin, sur la côte ouest écossaise. Le programme prévoit la formation d’une équipe locale chargée d’arracher le rhododendron et la renouée du Japon, deux espèces envahissantes qui étouffent le sous-bois. Mais le communiqué de NatureScot pose une deuxième condition : travailler avec les propriétaires fonciers pour réduire l’impact du broutage des cerfs, faute de quoi la forêt ne peut pas se régénérer naturellement.
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Réduire une population de cerfs pour laisser un écosystème respirer, c’est exactement la logique d’un plan de chasse. Et c’est exactement ce que des associations de protection animale combattent lorsque cette même logique s’incarne dans un fusil, y compris quand le fusil est tenu par des organisations de conservation elles-mêmes. En 2025, le Durrell Wildlife Conservation Trust a mis fin, sous la pression de ses propres soutiens et d’une campagne animaliste, au tir payant de cerfs sur son domaine de Dalnacardoch, dans les Cairngorms, où le Trust mène un projet de rewilding. Le Scottish Wildlife Trust a de son côté acheté le domaine d’Inverbroom, près d’Ullapool, avec l’intention explicite d’y arrêter la chasse au cerf et au tétras, alors même que le projet de rewilding qu’il y prévoit repose sur les mêmes équilibres écologiques que ceux qu’Appin cherche à restaurer plus au sud.
Ces deux cas ne concernent pas des chasseurs face à des animalistes, mais des organisations de conservation elles-mêmes contraintes de revoir leurs méthodes de régulation sous la pression du même radicalisme. Le paradoxe rejoint directement Appin : la forêt pluviale que NatureScot finance à hauteur d’un million de livres ne repoussera pas sans une baisse de la pression des cerfs, qu’elle vienne d’un tir de régulation classique ou d’un plan porté par une association de conservation.
Si cette régulation venait à être remise en cause sur le même terrain, par les mêmes pressions qui ont eu raison du tir à Dalnacardoch, l’argent public versé pour la régénération n’aurait plus grand-chose à régénérer.
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« Il y a près de 250 ans, le loup disparaissait d’Écosse, exterminé par l’Homme. Son absence aura entraîné un déséquilibre écologique majeur. Sans ce prédateur naturel, les populations de cerfs ont en effet explosé, atteignant aujourd’hui environ 400 000 individus. Cette surabondance a un impact direct sur l’environnement : en broutant de manière excessive les jeunes pousses, les cerfs empêchent la régénération naturelle des forêts.
Des chercheurs de l’Université de Leeds ont étudié l’impact que la réintroduction de loups pourrait avoir sur quatre grandes zones de nature sauvage écossaise : les Cairngorms, les Hautes Terres du Sud-Ouest, les Hautes Terres centrales et les Hautes Terres du Nord-Ouest. Leur modèle prédateur-proie montre qu’une population d’environ 167 loups suffirait à réguler les cerfs et à permettre aux arbres de repousser naturellement, avec une capacité d’absorption d’environ un million de tonnes de CO₂ par an. Ce chiffre représente 5 % de l’objectif de séquestration carbone fixé pour les forêts britanniques dans le cadre du plan de neutralité carbone d’ici 2050.
Chaque loup aurait ainsi une valeur carbone estimée à 154 000 £ en tenant compte du coût du carbone sur le marché. Loin d’être une simple mesure de conservation, cette réintroduction pourrait donc jouer un rôle crucial dans les stratégies de lutte contre le réchauffement climatique.
La diminution des populations de cerfs pourrait également avoir un effet bénéfique sur la sécurité routière. En Écosse, les collisions entre voitures et cerfs sont en effet fréquentes, causant non seulement des dégâts matériels, mais aussi des accidents parfois graves. Avec une population de cervidés mieux contrôlée par la prédation naturelle des loups, le nombre de ces incidents pourrait être réduit, diminuant ainsi les coûts de réparation pour les automobilistes et le risque de blessures pour les conducteurs.
Un autre impact positif concerne la santé publique, notamment la lutte contre la maladie de Lyme. Cette maladie, transmise par les tiques qui parasitent les cerfs, est en progression dans plusieurs régions d’Europe, y compris au Royaume-Uni. En régulant les populations de cervidés, les loups pourraient indirectement contribuer à limiter la prolifération des tiques, et donc réduire les risques de contamination pour les humains. Cette conséquence, bien que moins évidente à première vue, illustre comment un équilibre écologique restauré peut aussi bénéficier à la santé humaine. »
Bonjour toujours la même chanson , tué par l’homme c’est mal et cruel , tué par le loup c’est bien.
Eléonore,un seul petit oubli,croyez vous sincèrement que les loups vont dépenser beaucoup d énergie a. courir derrière les cervidés alors que partout paissent tranquillement des ovins.les Ecossais en majorité n en veulent pas,.vous parlez de coût,chez nous chaque loup coûte aux contribuables 60000 euros.toute votre prose n est valable que sans nous.
Ok tout ça c’est de la théorie, le loup comme tous les prédateurs doit dépenser le moins d’énergie possible pour se.nourrir, donc des moutons c’est plus facile, regardez ce qu’il se passe en France.