La chasse selon Babar et Pol Pot

Chasse Actu
date 23 juin 2025
author Richard sur Terre

Les amis, je vous ai dégoté un tissu d’âneries militantes qui forcent le respect. Un tel niveau de crétinerie dogmatique qu’on hésite entre en rire franchement ou envoyer des bougies pour l’âme en détresse qui en est l’auteur.

On croyait avoir tout lu sur la chasse. Les approximations, les exagérations, les procès d’intention… Mais là, on atteint un sommet. Un sommet de bêtise satisfaite, de militantisme déguisé en prof d’histoire défoncé, de diarrhée intellectuelle explosive.

Le principe est simple : faire croire que les chasseurs d’aujourd’hui sont les héritiers directs des seigneurs féodaux, que la vénerie est un complot royaliste, que les ACCA sont une résurgence des privilèges d’Ancien Régime et que la venaison offerte aux EHPAD, c’est un peu comme le droit de cuissage, vous comprenez. On n’est plus dans l’argumentaire, on est dans le délire final. 

Et ça se prétend « historique »… On t’explique sans trembler que la Révolution a supprimé toute tradition. Abracadabra : en 1789, on a brûlé les violons, interdit la soupe aux champignons et remplacé les chiens de chasse par des décrets. On efface tout, on recommence. Comme si les sociétés humaines ne transmettaient rien d’autre que des codes juridiques. Comme si la culture ne pouvait pas vivre sans être momifiée.

Mais le pompon, le génie pur, l’étincelle de génie dans cette mare de sottises, c’est cet argument d’école : les chasseurs osent parler de traditions… sans même réclamer le retour des sanctions médiévales. Pas de jarrets tranchés pour les chiens fautifs, pas de coups de verges pour les braconniers, pas de pendaison en cas de récidive ? Hypocrisie ! Voilà l’idée : si tu te réclames d’une pratique ancienne, tu dois exiger tout le package, tortures comprises. Sinon, tu mens.

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C’est à ce moment précis qu’on comprend qu’on n’a pas affaire à un raisonnement, mais à une inversion mentale totale. Appliquer ce genre de logique à n’importe quel autre domaine serait absurde : on n’accuse pas les professeurs de trahir l’Éducation nationale parce qu’ils n’enseignent plus au fouet ; ni les médecins de trahir Hippocrate parce qu’ils ont troqué les saignées contre les antibiotiques. Et pourtant, pour la chasse, on devrait tout rétablir, même les chiens mutilés et les bannissements à quinze lieues à la ronde, pour être « cohérents ». C’est tellement bête qu’on en reste bouche bée.

Et ça continue : « La chasse moderne trahit les traditions », dit l’auteur, la bouche en cul de poule. Pourquoi ? Parce qu’il y a des talkies-walkies, des voitures et des épieux en inox. Comme si le progrès technique annulait le sens d’un rite, comme si la vénerie devait rester figée au jour de sa découverte.

La vérité, c’est que toutes les pratiques évoluent. La médecine, la justice, la cuisine, l’art, le sport, tout. Et pourtant, personne n’y voit une trahison de l’esprit : on ne demande pas aux chefs étoilés de cuisiner au feu de bois dans une hutte néolithique pour qu’ils aient le droit d’invoquer le mot « tradition ».

La tradition, ce n’est pas l’archéologie. Ce n’est pas un musée. C’est ce qui vit, ce qui se transmet, ce qui s’adapte sans se renier. La chasse, et la vénerie en particulier, restent l’une des rares pratiques où les codes, les usages, les symboles, les hiérarchies sont encore respectés, ritualisés, célébrés. Ce n’est pas la technologie qui trahit la tradition — c’est l’ignorance militante qui la défigure.

Et puisqu’on est en roue libre, on déroule : la faune est « patrimoine commun », donc tout le monde devrait pouvoir décider de tout, sauf les chasseurs, eux, jamais. Les chasseurs seraient juges et parties parce qu’ils participent à l’élaboration des plans de chasse — comme si tous les corps professionnels ne participaient pas aux politiques publiques qui les concernent. Mais non : quand il s’agit de chasseurs, tout devient abus de pouvoir, retour à la monarchie, dictature rurale.

L’auteur pousse le vice jusqu’à faire passer le manifeste de la FNC pour un ordre donné aux maires. Et on enchaîne avec un couplet sur la loi Verdeille, les ACCA, les gros propriétaires, les riches, les puissants, les méchants… tout y passe. Une espèce de catéchèse égalitariste nivelée par le bas, où la connaissance est remplacée par le soupçon permanent et la haine des classes qui osent exister hors du moule urbain éco-révolutionnaire.

Et là, coup de théâtre : le texte part en vrille totale. Les traditions de chasse ? Comme l’esclavage, le viol et le travail des enfants. Rien que ça. On imagine l’auteur écrire ça, le front perlé de sueur, fier d’avoir mis les chasseurs dans le même sac que les bourreaux d’enfants. Le militantisme devenu pulsion.

Et comme toujours avec ces gens-là, ce n’est pas la chasse qu’ils veulent abolir. C’est ce qu’elle représente : la transmission, la liberté, la ruralité, l’effort, le silence, la patience, le lien au vivant. Tout ce que leur monde virtuel, aseptisé, ultra-connecté ne tolère plus.

Alors oui, ce texte est utile. Il faut le lire. Comme un symptôme. Un condensé de la haine bête, boursouflée, prétentieuse, qui frappe dès qu’un habitant des terroirs ose être fier de ce qu’il est.

Il faut le lire parce que tout est ridicule. Chaque paragraphe dégouline d’une haine tellement caricaturale qu’on balance entre sidération et hilarité.

Le plus drôle, c’est que tout ça est sincère. Quelqu’un, quelque part, a vraiment cru que c’était brillant. Qu’on allait lire ça en hochant gravement la tête, les larmes aux yeux, devant la révélation que la chasse à courre, en fait, c’est Louis XIV qui revient, mais en C15. Sidérant.

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1 Commentaire :
  1. serge
    23/06/25

    Dans la même lignée, le droit de cuissage, l’écartèlement devraient être autorisés aux maires, députés sénateurs etc.. Il y a connerie ou pas ?

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