Moratoire sur le gibier d’eau : les parlementaires s’en mêlent

Chasse Actu
date 25 juin 2025
author Léa Massey

Alors que le gouvernement prépare un moratoire sur neuf espèces chassables, des élus montent au créneau pour défendre une chasse durable et dénoncent une décision brutale et unilatérale.

Le ton monte entre le gouvernement et les défenseurs de la chasse au gibier d’eau. L’annonce d’un projet de moratoire sur neuf espèces migratrices, dont certaines très emblématiques comme la sarcelle d’hiver ou le canard siffleur, a suscité une levée de boucliers dans le monde cynégétique. À l’initiative d’élus, une lettre ouverte a été adressée le 24 juin à la ministre de la Transition écologique, Agnès Pannier-Runacher. Objectif : dénoncer ce qu’ils qualifient de « brutalité inouïe » et exiger le retrait d’un texte perçu comme injustifié.

Une décision sans concertation

Selon les signataires, le gouvernement prévoit l’interdiction totale de la chasse jusqu’en 2028 pour quatre espèces (le courlis cendré, la barge à queue noire, le fuligule milouin et le lagopède alpin) et la suspension à partir du 15 janvier pour cinq autres : la grive mauvis, la caille des blés, la sarcelle d’hiver, le canard pilet, le canard siffleur et le canard souchet. Ces mesures toucheraient, selon eux, « 70 à 80 % des espèces d’oiseaux d’eau traditionnellement chassées en France ».

Ce moratoire, présenté comme une obligation européenne, est en réalité bien plus sévère que les recommandations émises par les experts de la Task Force européenne sur la chasse (TFRB). En avril dernier, seuls trois oiseaux étaient considérés comme devant faire l’objet d’un plan de gestion adaptative : le fuligule milouin, la caille des blés et le canard siffleur. Les États membres avaient majoritairement rejeté une interdiction stricte et immédiate.

Une chasse durable sacrifiée

Dans leur lettre, les parlementaires insistent sur la durabilité de la chasse française, soulignant le rôle des chasseurs dans la préservation des zones humides (13 000 hectares entretenus chaque année) et la contribution scientifique des fédérations via des protocoles de comptage. Ils dénoncent une « politique de tableur », déconnectée du terrain, qui ferait fi du savoir-faire des territoires et du rôle des chasseurs comme acteurs de la biodiversité.

A lire aussi : Un moratoire plus vert que la science

Un appel à « cesser d’ignorer les chasseurs » a été lancé, accompagné d’un avertissement : une telle mesure risque d’aggraver la fracture entre le monde rural et un pouvoir central accusé de mépris. Le lendemain, une seconde tribune réunissant 42 élus, dont des eurodéputés et des élus régionaux, est venue renforcer la pression sur l’exécutif.

Quand l’écologie devient punitive

Pour de nombreux élus, cette affaire illustre un tournant idéologique : la chasse ne serait plus évaluée à l’aune de sa durabilité ou de son impact réel, mais à travers une grille dogmatique où toute atteinte à la nature est par principe suspecte. Le moratoire en discussion serait ainsi moins une réponse à une urgence écologique qu’un signal politique adressé à une frange militante radicalisée.

Cette logique est d’autant plus mal comprise que, dans le même temps, les atteintes à l’avifaune causées par d’autres activités — à commencer par les éoliennes — ne suscitent ni la même vigilance, ni les mêmes restrictions. Une écologie à géométrie variable qui interroge sur les priorités du gouvernement.

Si le texte est maintenu en l’état, le risque est grand de voir se durcir les positions. Loin de protéger la nature, ce moratoire pourrait précipiter une rupture entre un monde rural déjà fragilisé et un pouvoir technocratique sourd à ses alertes. Le dialogue est encore possible, mais il doit s’ouvrir sans tarder.

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11 Commentaires :
  1. Richard
    25/06/25

    Déjà,bravo a ces députés de prendre position,de nous soutenir,en espérant que cette action aura un effet.il faudrait connaître le nom de ces personnes ainsi que leur appartenance politique.

    1. Peyre Andre
      26/06/25

      Prenez votre permis et ne chassez aucun nuisibles,juste 4 coups de fusil dans la saison.La réponse sera vite vue.

      1. Fraudin bernard
        28/06/25

        Les nuisibles augmentant les espèces sensibles disparaissent et avec tout ça les imbéciles envahissent les cabinets ministériel pour nous inventer des conneries grosses comme eux il faut réagir avant de laisser tous ces couillons faire n’ importe quoi.

  2. Jean 2
    26/06/25

    Bonjour, merci à eux,il y a encore des politiques de tout bords courageux !

  3. Jm
    26/06/25

    En tant que chasseur j’aimerais connaître le nom des députés qui vont nous soutenir.
    Car on n’attend rien de cette pourriture d’escrolos mais attention les nerfs sont a vif et il se pourrait bien que apprait tout pourquoi pas faire comme les trafiquants de drogue

    1. Laulan
      27/06/25

      Vous avez raison…. Ils défendent surtout leurs sièges et se foutent totalement des chasseurs

  4. Jacques cardis
    26/06/25

    Peyre André, les nuisibles ça n’existe pas dans la nature peut être a part l’homme

    1. Richard
      26/06/25

      Jacques,bien sûr,la grenouille taureau qui décimé les nôtres,le frelon asiatique qui décimé les abeilles,la Jussie avec les écrevisses de Louisiane,il n y a plus que ça dans le marais pour nourrir herons,cigognes ,loups qui tuent ovins,bovins, équins ect.ect.pour une cohexistance possible,car nous sommes là ,il faut bien réguler ce qu a toujours fait l homme,bien sûr sans exterminer .

    2. Delobelle daniel
      26/06/25

      On préfère limite la chasse et on laisse les oies et canard de faire gazé en Hollande elle est où la tradition

  5. LEGENTIL Thierry
    26/06/25

    Ils deviennent ridicules ces politiques bobo-escrolos, il y a même un rapport scientifique qui vient de sortir qui stipule que la chasse n’a pas d’incidence sur les migrateurs,

  6. Boisgontier
    27/06/25

    Quelle dinde

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