Mélenchon et les arriérés des campagnes

Les plumes de Richard
date 09 juin 2026
author Richard sur Terre

Mélenchon a trouvé pourquoi les campagnes ne votent pas pour lui : elles vivent entre cousins, entre voisins, entre abrutis du même avis. Clientélisme ou sociologie de comptoir ? les deux, mon général.

Jean-Luc Mélenchon a une grande nouvelle pour les ruraux : il ne leur en veut pas. Ouf. Des millions de gens qui votent mal depuis des décennies, qui s’enferment entre consanguins pour discourir de la dernière thèse raciste à la mode, et qui refusent obstinément de comprendre ce qui est bon pour eux. Et lui, Mélenchon, il leur reproche pas leurs idées. Le saint homme.

À ses adversaires qui lui opposent de ne pas faire le travail en zone rurale, il répond : « allez-y ! Le champ est libre. Vous avez enfin un espace ! »

Traduction : ces électeurs-là j’en veux pas. C’est la première fois depuis longtemps qu’un tribun du peuple règle la question du peuple avec autant de netteté.

Après on comprend la logique. En ville, les gens se mélangent, s’ouvrent, évoluent (le frottement urbain produit la conscience politique). En campagne, on s’enferme entre soi, entre cousins, entre arriérés. 

Avant, le tribun allait chercher le peuple. Il montait sur une caisse, il parlait devant l’usine, il se faisait engueuler au marché mais il recommençait. Mélenchon, lui, a modernisé la méthode. Il constate que les campagnes ne l’aiment pas, décrète qu’elles vivent entre elles, puis rend les clés. C’est plus écologique évidemment. Moins de déplacements c’est moins de CO2.

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Il faut dire que le rural est ingrat. On lui explique la vie depuis la ville où l’on pense si bien entre gens très ouverts, et lui continue à se demander comment il va payer son plein, trouver un médecin, garder son école, éviter que son village devienne un dortoir pour retraités ou une réserve à résidences secondaires. Franchement, quelle fermeture d’esprit !

La vérité, c’est que Mélenchon vient de rendre un fier service aux campagnes : il les a officiellement dispensées de Mélenchon. Plus besoin de faire semblant. 

La gauche qui prétendait arracher le peuple à la domination a donc fini par écarter une partie du peuple qui lui déplait de son équation. Il reste « les bons quartiers populaires », les bons étudiants, les bons militants, les bonnes colères, et les « bonnes minorités ».

Pour les autres, les mal peignés de la départementale, les cousins du dimanche, les ouvriers du bourg, le tribun a tranché : allez voir ailleurs si j’y suis. Dont actes.

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4 Commentaires :
  1. Jean 2
    09/06/26

    Bonjour, dernière étude, les ruraux sont 33% de la population française sur 88%de la superficie du pays,(il le sait)mais pour être président, il faut être président de tous les français, grave erreur monsieur mélenchon !il vous manquera un pourcentage même petit pour l’être. Les ruraux n’oublierons pas !!

  2. gilbert
    09/06/26

    Vivre et travailler à la campagne ou dans « un territoire » comme disent beaucoup de parleurs de politique a toujours été mon idée et à 60 ans je ne regrette pas d’avoir élevé mes filles dans un village calme loin des banlieues et des villes qui sont bien plus intelligentes que les bourgs. Quel bonheur de déposer les enfants à l’école le matin sur le chemin du bureau de les récupérer à 18 h au « périsco » et de les laisser jouer avec des copains sur le terrain de foot à coté de nos maisons. C’est surement mieux que de les surveiller de la fenêtre du 4e étage sur un parking au milieu des voitures. M Melenchon je vous laisse juge de vos propos.

  3. Marc
    09/06/26

    Très bien , qu’il aille cracher son venin des les grandes villes .

  4. Pineau
    09/06/26

    Le projet est pire que ce que vous décrivez. Ça va bien au delà du mépris, il remet un coup de hache pour organiser la partition du pays mais surtout il conforte son électorat dans une perspective de remplacement des populations de souche et rurales.
    Mélenchon est un des rares politiques à avoir un projet de long terme, construit, donc terrifiant parce que clairement réalisable et ce même si LFI ne prend pas le pouvoir.

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