Indemnisation des dégâts de gibier : un système à bout de souffle

Chasse Actu
date 03 septembre 2025
author Léa Massey

Alors que la facture atteint près de 90 millions d’euros par an, la Fédération nationale des chasseurs (FNC) appelle à une réforme de fond du système d’indemnisation des dégâts de gibier, qu’elle juge injuste et financièrement insoutenable.

Depuis plus de cinquante ans, les chasseurs assument seuls le financement des indemnisations agricoles liées aux dégâts de grand gibier, en particulier les sangliers. Ce mécanisme unique en Europe, issu d’un compromis historique, repose sur les cotisations des chasseurs et des sociétés locales. Mais l’équilibre s’effondre : les indemnisations ont doublé entre 2010 et 2022, atteignant en moyenne 90 millions d’euros par an ces quatre dernières années.

Un déséquilibre croissant

Le système pèse sur un nombre de chasseurs en constante diminution : 25 000 pratiquants en moins l’an dernier. En parallèle, les populations de sangliers explosent, responsables de près de 90 % des dégâts. Résultat : un dispositif de plus en plus coûteux, que l’État n’a soutenu qu’exceptionnellement en 2022 via un plan d’urgence post-Ukraine.

Des accords mais pas de solution durable

En mars 2023, la FNC a signé avec l’État et le monde agricole des accords visant à réduire de 20 à 30 % les surfaces agricoles détruites. Une « boîte à outils » de mesures a été déployée : extension de la chasse de printemps dans 58 départements, recours à la chevrotine dans 30 départements, piégeage dans 29 autres… Un soutien financier de 60 M€ a également été prévu par l’État sur trois ans. Mais les fédérations alertent : la baisse des crédits en 2024 et 2025 fragilise déjà la viabilité du dispositif.

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La colère monte

Au congrès de la FNC, en mars 2025, les présidents ont voté à l’unanimité la « motion des petits dossiers » : à partir de la saison 2025-2026, les dégâts mineurs ne seront plus indemnisés. Une décision lourde de sens, qui traduit l’exaspération d’un monde cynégétique lassé de porter seul la charge financière.

Des pistes sur la table

Plusieurs propositions circulent : participation obligatoire de l’État, contribution des agriculteurs modulée selon les efforts de prévention, responsabilisation des territoires fermés à la chasse. Des parlementaires, au Sénat comme à l’Assemblée, ont déposé des textes allant dans ce sens. Mais pour la FNC, l’urgence est claire : sans réforme, le système s’écroulera, au détriment des chasseurs comme des agriculteurs.

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5 Commentaires :
  1. Marc
    04/09/25

    Nos responsables aurait-ils pris les habitudes des politiciens , beaucoup de discours et peu d’actes ? Faut-il attendre d’être au bord du gouffre pour agir ? Ce problème ne date pas d’hier et avec le vieillissement de la population de chasseurs , il va empirer et beaucoup d’acca mettront la clef sous la porte . A chaque saisons nous entendons : si ça continu il faudra que ça cesse !

  2. Yenamare
    04/09/25

    Tous les territoires gèrés par les chasseurs on paye. Tous les autres c est au propriétaire d’assumer.

  3. Michel
    07/09/25

    Boycotons la chasse pendant déjà une saison personne ne paye la validation de son permis.
    Si plus d’argent nous verons comment ils vont réagir nos représentants et notre gouvernement.
    Il est temps de se mettre autour de la table et de poser nos conditions.
    Nous ne sommes pas responsables des dégâts cause par le gibier.

  4. Bianchi
    07/09/25

    Je suis sur une commune où il m’est interdit d’agrainer, mettre des pierres à sel, et du goudron. A part payer ma location et ma redevance à la fédération. Comment puis-je voir des sangliers à l’affût. Système à revoir. Dans certains départements les chasseurs tirent sur des points d’agrainage.

  5. Japiot
    10/09/25

    Laisser les chasseur faire des a grains pour faire des tir à l affût le soir

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