Alouettes aux pantes : le Conseil d’État cède encore et on vous explique pourquoi

Anti-chasse
date 25 septembre 2025
author Richard sur Terre

Le Conseil d’État a suspendu l’arrêté ministériel du 28 août 2025 autorisant la capture de près de 100 000 alouettes des champs dans le Sud-Ouest. Une nouvelle victoire judiciaire pour One Voice et la LPO, mais surtout un nouvel épisode d’un harcèlement méthodique qui grignote la chasse couche après couche.

Les pantes : un patrimoine condamné à la répétition judiciaire

Les pantes, ce sont deux filets horizontaux rabattus sur les alouettes attirées par des appelants. Une pratique patrimoniale (et culinaire) du Sud-Ouest, attachée à l’identité locale depuis des générations. Mais juridiquement, elles appartiennent à la catégorie des « moyens non sélectifs » prohibés par la directive Oiseaux, sauf dérogation très encadrée. 

Depuis des années, le scénario est immuable : le gouvernement publie un arrêté, les associations attaquent, le Conseil d’État suspend. 2025 ne fait pas exception.

Le paradoxe : LC à l’échelle mondiale, NT en France

L’alouette des champs n’est pas une espèce menacée globalement. Elle est classée LC (Préoccupation mineure) par l’UICN à l’échelle mondiale et européenne : l’espèce se porte bien. Mais en France, ses populations nicheuses et hivernantes sont en fort déclin et classées NT (Quasi menacée)

Le Conseil d’État raisonne donc non pas sur l’espèce globale, mais sur la fraction française. Problème : un filet ne distingue pas une alouette venue de Scandinavie (populations stables) d’une alouette nicheuse française (populations déclinantes). Résultat : le juge interdit par précaution.

Un prélèvement biologiquement négligeable

C’est là que réside le paradoxe : l’arrêté autorisait la capture de 98 702 alouettes, un chiffre qui peut sembler impressionnant… mais qui reste inférieur à la mortalité naturelle annuelle de l’espèce.
Avec 2 à 3 couvées de 3 à 5 œufs par saison, l’alouette est très prolifique. Chaque année, des millions d’oiseaux meurent naturellement (prédation, climat, famine). 

Rapportés à l’échelle européenne, 100 000 individus représentent une goutte d’eau, biologiquement incapable d’infléchir la dynamique de l’espèce. 

A lire aussi : 100 000 alouettes : un « massacre » ? La manipulation animaliste en chiffres

Mais ce raisonnement biologique n’entre pas en ligne de compte pour le juge. Ce qui compte, c’est la directive : « petites quantités », « sélectivité », « absence d’alternative ». Trois conditions que les pantes ne remplissent pas selon l’appréciation des juges, d’où la suspension.

Pourquoi l’arrêté tombe encore

Dans son ordonnance du 24 septembre, le Conseil d’État rappelle les conditions de la directive européenne :

  1. Pas d’autre solution satisfaisante – la chasse au tir existe déjà.
  2. Petites quantités – près de 100 000 captures sont loin de correspondre à cette notion quand on raisonne sur les nicheurs français.
  3. Sélectivité – les filets ne permettent pas de cibler uniquement les migrateurs étrangers.

Et surtout : le caractère « traditionnel » ne constitue pas un motif autonome. Autrement dit : tant que le gouvernement fondera ses arrêtés sur la préservation d’une tradition, ils seront annulés.

La stratégie de l’oignon

One Voice et la LPO savent parfaitement ce qu’elles font. Leur stratégie est celle de l’oignon : détruire la chasse couche après couche, en attaquant chaque mode traditionnel sur ses points faibles juridiques. Les gluaux, les tenderies, maintenant les pantes : chaque victoire crée une jurisprudence qui affaiblit les suivantes. À terme, l’objectif est clair : éradiquer la chasse en la vidant de ses pratiques.

Le gouvernement dans l’impasse

Chaque année, la ministre signe des arrêtés quasi identiques, chaque année ils sont suspendus, et chaque année l’État paie les associations : 3 000 € pour One Voice, 3 000 € pour la LPO en 2025. Résultat : les chasseurs perdent leur patrimoine, les associations renforcent leur stratégie, et l’État alimente la mécanique.

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12 Commentaires :
  1. StanS
    25/09/25

    D’après les données oiseaux rapportées à l’UE par la France récemment, la population nicheuse d’Alouettes des champs en France est en déclin, mais avec une estimation de population de 1.5 millions d’individus quand même. En revanche, la population hivernante est, elle, en augmentation. Cette situation se retouve pour d’autres espèces migratrices à l’échelle européenne, ce qui montre un problème général de perte d’habitats pour les oiseaux nicheurs, et non un problème lié à la chasse.

  2. Jojo
    25/09/25

    L’état n’a qu’à arrêter de subventionner ces assos qui le plume. Mais bon faut pas rêver, ils perdraient quelques électeurs

    1. JC
      25/09/25

      Je ne pense pas qu’il perdrait beaucoup de monde voir quasi personne, car les gens qui soutiennent ces assos ne votent pas pour eux mais pour la gauche, les écolos et LFI

  3. JC
    25/09/25

    Il faudrait dire que les filets sont sélectifs et permettent de relâcher les espèces non ciblés. A ce moment ils peuvent aussi interdire toute forme de pêche à la ligne car n’importe quelle espèce peut mordre à un hameçon où est escher un ver de terre ou un asticot…. Je ne comprends pas cette logique de dire que les filets ne sont pas sélectifs….

  4. Denis
    25/09/25

    Bel article et beau résumé…

    1. Jean1
      25/09/25

      Perso,je ne chasse pas les oiseaux,mais je défends toutes les chasses ,ces chasses souvent pratiquées par des gens âgés,peu destructrices et sélectives a cent pour cent car non létales.le premier jour de passage je vais me positionner dans une prairie et en tirer le maximum et j enverrai la photo a one voice en disant que sans eux elles seraient toujours vivantes.il est plus difficile et passionnant d essayer de faire poser , alouettes voir palombes au sol que de les tirer.

  5. Philippe
    25/09/25

    La LPO utilise bien des filets pour faire des bagages.

    1. Annie
      09/03/26

      La LPO utilise les mêmes filets pour les comptages d’oiseaux et chaque année une partie meurt. Elle ne s’en vante pas!!!

  6. 25/09/25

    Haha, quelle stratégie de loignon ! One Voice et la LPO bricoent des arrêtés comme des petits pains, et lÉtat paie sans arrêt comme si cétait son café du matin. Les chasseurs perdent leur patrimoine, les associations renforcent leur stratégie, et lÉtat alimente la mécanique, cest clair comme de leau de roche… ou peut-être pas si clair avec ces filets qui ne distinguent pas les vacanciers scandinaves des résidents de bon cœur ! Bon, au moins, les alouettes sont tellement prolifiques quune capture de 98 702 individus ne fait quune goutte deau dans leur océan de vieillards (deux ans, hein !). La prochaine fois, on interdit les piques-niques en forêt ? La logique, cest ça !

  7. Houlotte
    25/09/25

    Et si l’état, le ministère, ne jouaient pas les faux culs. Ils accordent en s’assurant que cela sera cassé comme toujours. Je trouve qu’ils mettent bien peu d’énergie pour défendre leurs arrêtés.

  8. Thierry
    26/09/25

    Si les chasseurs étaient près à engager le bras de fer pour cette chasse et les autres, c’est assez simple: grève de la chasse.
    Tant que les chasses traditionnelles ne sont pas autorisées définitivement, et autres revendications, pas 1 sanglier de tué ni autre grand gibier….ils tiennent combien de temps à votre avis?

  9. user-559136
    04/10/25

    awesome

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