Pierre Rigaux à Orléans : le téléphone et le tribunal 

Anti-chasse
date 17 juin 2026
author Richard sur Terre

Une altercation en forêt d’Orléans conduit trois chasseurs devant le tribunal correctionnel. Derrière le dossier judiciaire, la méthode Rigaux : provoquer, filmer, exploiter.

Le 19 juin, le tribunal correctionnel d’Orléans doit examiner une affaire née en forêt d’Orléans, le 23 novembre 2024, lors d’une confrontation entre Pierre Rigaux et des suiveurs d’une chasse à courre.

La Société de Vènerie, dans un communiqué publié le 16 juin, rappelle les faits tels qu’ils se présentent aujourd’hui devant la justice : trois chasseurs sont renvoyés pour « tentative de vol en réunion » après avoir, selon l’accusation, tenté de s’emparer du téléphone portable avec lequel Pierre Rigaux les filmait.

Selon l’expression consacrée, les trois hommes bénéficient de la présomption d’innocence, et le tribunal dira si l’infraction est constituée. 

La Société de Vènerie rappelle aussi avoir exprimé dès le départ sa désapprobation de « toute brutalité » envers ses opposants. Mais ceci posé, il faut regarder l’autre moitié du dossier. 

Pierre Rigaux ne tombe pas par hasard sur une chasse à courre. Il vient sur place pour filmer et fabriquer une séquence. Et il sait exactement ce qu’il est venu chercher : une tension, un geste d’agacement, et dans le meilleur des cas, une colère qui déborde.

Son travail militant repose sur cette mécanique. La caméra ne sert pas à documenter mais à pousser le veneur dans son biais de cadrage. 

La Société de Vènerie parle d’un téléphone utilisé pour « traquer, harceler et finalement filmer » les veneurs. La formule est sèche, mais elle définit assez fidèlement les choses. L’objectif n’est pas d’expliquer la chasse. L’objectif est de produire un récit contre elle.

Le procédé est toujours le même : il arrive sur une action de chasse. Il filme les visages. Il colle aux mouvements. Il attend l’agacement. Le lendemain, le public ne verra ni le début, ni la durée, ni la pression accumulée. Il verra l’extrait. Il verra la séquence utile.

C’est ainsi qu’un téléphone devient l’arme de propagande de l’activiste.

L’autre aspect de cette affaire est plus logistique. La France connaît l’encombrement judiciaire. Les magistrats croulent sous les dossiers. Des victimes attendent des mois, parfois des années, pour des affaires lourdes. Et dans ce contexte, une bousculade autour du téléphone d’un activiste venu précisément chercher de la confrontation arrive devant le tribunal correctionnel sous l’étiquette impressionnante de « tentative de vol en réunion ».

A lire aussi : Pierre Rigaux : le troll de Rambouillet

La formule évoque une agression organisée, une scène de délinquance collective. Dans les faits rapportés, il s’agit d’un téléphone qu’un militant tenait pour filmer des chasseurs qu’il était venu suivre.

On peut évidemment juger ce geste. On peut même le condamner s’il est établi. Mais on peut aussi refuser l’aveuglement confortable qui consiste à isoler la main tendue vers le téléphone de tout ce qui l’a précédée. 

La seule consigne : ne jamais toucher

Face à un activiste venu filmer, on ne touche pas. Ni le téléphone, ni la caméra, ni l’épaule, ni le bras.

On filme en retour. On garde la distance. On appelle les forces de l’ordre si la situation l’exige. On note les faits. On dépose plainte si les limites sont franchies. On laisse l’autre parler tout seul devant son objectif.

C’est une discipline. La chasse française doit l’apprendre parce que ses adversaires, eux, ont parfaitement compris la puissance de l’image.

La Société de Vènerie a raison de rappeler que la vènerie ne se résume pas aux scènes que Pierre Rigaux prétend produire contre elle. Chaque saison, des milliers de journées se déroulent sans incident, dans un cadre légal, avec des hommes, des femmes, des chiens, des chevaux, des usages et des territoires. Mais bien sûr, rient de tout ça n’intéresse le militantisme de séquence.

Lui cherche la rupture. Il cherche le geste qui salit tout le reste. Alors il faut lui refuser ce geste. Le tribunal d’Orléans dira le droit dans cette affaire précise. Aux chasseurs de retenir la leçon politique : face à la caméra hostile, la victoire est dans l’activiste qui repart les mains vides.

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5 Commentaires :
  1. Jean 2
    17/06/26

    Bonjour, il est venu dans mon secteur, les gendarmes l’ont mis en garde à vue ,maintenant il a un dossier, son but,chercher l’embrouille, à mon avis il faut faire appel systématiquement à la gendarmerie, et déposer plainte voir main courante, son dossier gonflera,et peut-être, je dis bien peut-être, la justice s’occupera de lui sérieusement.

  2. AJH
    17/06/26

    Je n’ai jamais été confronté au triste site. Si c’était le cas peut peut-être passerai je avec mon téléphone un morceau d’un chanteur en vue . Ainsi il ne pourrait sur les réseaux dits sociaux pas exploiter le son du direct sous peine d’avoir des droits à payer. A voir ce qu’il serait possible d’afficher pour lui rendre impossible l’exploitation des images.

  3. Pineau
    17/06/26

    Grève de la chasse tant que l’on obtient pas la mise en place d’un délit d’entrave/harcèlement de la chasse avec des milliers d’euros d’amende et peine de prison.
    Aux US ceci n’arriverait pas parce qu’il faudrait 2 ans de cagnotte à ce type pour rembourser sa condamnation.

  4. GUILLAUME
    18/06/26

    Il est temps que la chasse se protège en utilisant les mêmes méthodes que Pierre RIGAUX.

    Il faudrait, du côté des chasseurs, que certains se dévouent – deux ou trois – pour systématiquement suivre et enregistrer Pierre RIGAUX tout au long de sa présence au milieu de la chasse.

    Ensuite, il sera assez facile de montrer les provocations et la recherche par Pierre RIGAUX de réactions, d’énervements, voire de débordements qu’il faut éviter.

    Il faudrait le faire systématiquement car, si je comprends, Pierre RIGAUX est présent à chaque week-end de chasse quelque part. C’est d’ailleurs son boulot, ce qui le fait vivre.

  5. Eléonore
    30/06/26

    Les chasseurs ont été condamnés chacun à 500 euros d’amende et 100 euros de dommages et intérêt. Espérons que ce genre d’incident ne se reproduira plus.

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