Six véhicules de chasseurs ont été dégradés lors d’une battue dans le Beaujolais. Vitres brisées, cartouches et colliers GPS volés : la gendarmerie enquête, tandis que les victimes redoutent un acte délibéré.
Des véhicules « reconnaissables »
Les faits se sont produits samedi 11 octobre, entre Vaux-en-Beaujolais et Saint-Cyr-le-Chatoux, dans les monts du Beaujolais. À la fin d’une battue, plusieurs chasseurs découvrent leurs véhicules vandalisés. Vitres cassées, portières forcées, matériel disparu : six voitures ont été touchées, dont cinq avec effraction.
Les voleurs ont emporté des colliers GPS, des cartouches, des vêtements, parfois même des documents personnels. Une enquête a été ouverte par la gendarmerie de Villefranche-sur-Saône.
Selon Le Progrès, les véhicules portaient des signes distinctifs laissant deviner leur appartenance à des chasseurs : gilets, autocollants, caisses de chiens visibles dans les coffres. Ce qui amène plusieurs d’entre eux à penser qu’ils n’ont pas été visés par hasard — sans qu’aucun élément matériel ne le prouve à ce stade.
Entre sentiment de ciblage et prudence des autorités
Antoine Herrmann, président de la Fédération des chasseurs du Rhône, souligne :
« Les chasseurs sont clairement ciblés. Ceux qui ont fait ça savaient qu’il y avait un rendez-vous de chasse ». Le responsable rappelle qu’il ne s’agit pas d’un phénomène massif, mais reconnaît que ces incidents entretiennent un climat d’inquiétude.
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Un malaise grandissant
Qu’il s’agisse d’un repérage organisé ou d’un vol opportuniste, l’effet reste le même : un sentiment d’insécurité s’installe parmi les chasseurs.
Ces dégradations viennent s’ajouter à d’autres formes de tensions rurales — insultes en bordure de bois, sabotages de miradors, pancartes hostiles. Rien ne dit que ces faits soient liés, mais leur accumulation alimente l’idée d’un fossé grandissant entre deux mondes : celui de la campagne active et celui des militants pour qui la chasse est devenue un symbole à abattre.
Aucune preuve ne permet encore d’affirmer que les chasseurs du Beaujolais ont été délibérément visés. Mais la coïncidence, elle, commence à peser lourd. Et dans cette France rurale trop souvent caricaturée, même le doute finit par laisser des traces — sur la tôle comme sur la confiance.
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